Refinancement du rail : sur une mauvaise voie, la Vivaldi doit revoir sa copie

Georges Gilkinet, ministre Ecolo de la Mobilité, annonce triomphalement un refinancement record du chemin de fer belge de 3 milliards d'euros. Pourtant, depuis cette annonce, les messages de mécontentement de la part des cheminots, syndicats et usagers du rail se multiplient. Même les CEO d’Infrabel et SNCB ne semblent pas satisfaits. Comment expliquer ces réactions ? Décryptage.

Good Move et la mobilité à Bruxelles : quelle alternative ?

Le plan Good Move du gouvernement bruxellois est massivement contesté par les habitants des quartiers concernés dans les communes d’Anderlecht, Schaerbeek ou encore Jette. Et à juste titre. Ce plan n’a pas été concerté avec les habitants, il ne tient pas compte de la réalité et des besoins de beaucoup de travailleurs, il ne présente pas d’alternatives positives et vient s’ajouter à une politique globale de la ville qui n’est pas au service de ses habitants. Pour le PTB, il doit être complètement revu. Voici le point de départ et quatre axes essentiels selon nous pour transformer la mobilité à Bruxelles.

7 critiques du plan Good Move du gouvernement bruxellois

Manque de concertation et d'alternatives, absence de vision propre à la réalité bruxelloise, pénalisation de la classe travailleuse... Pour le PTB, le plan Good Move doit être complètement revu. Pas pour maintenir le statu quo. Au contraire, nous défendons et proposons des alternatives collectives et concertées, sociales et environnementales. Voici sept points de critique sur le plan actuel et des pistes pour en sortir.

Le PTB réagit à l’audition de Sophie Dutordoir (SNCB) : « Le gouvernement laisse les passagers et le personnel ferroviaire sur le carreau »

La SNCB va reporter les projets prévus et accélérer la productivité du personnel. En effet, l'entreprise doit chercher 550 millions d'euros au cours des deux prochaines années. C'est ce qu'a annoncé la CEO Sophie Dutordoir au Parlement fédéral ce mercredi après-midi. Selon la députée PTB Maria Vindevoghel, qui a demandé à entendre Mme Dutordoir à la commission Mobilité de la Chambre, cette situation est le résultat d'un sous-financement par le gouvernement fédéral. 

Le PTB demande au ministre Dermagne de ne pas signer l’arrêté royal de blocage salarial

La norme salariale pour les deux prochaines années s’élèvera à 0,0 %. C’est ce qui risque d’arriver si le gouvernement suit les chiffres du Conseil central de l’économie. Raoul Hedebouw, président du PTB, dénonce ce possible blocage des salaires, deux jours après que la Banque nationale de Belgique dévoile les marges historiques dans certaines grandes entreprises. « Nous demandons au ministre Dermagne de ne pas signer l’arrêté royal bloquant les salaires à 0,0 % et de revoir la loi de 1996. »

Crise de l’énergie : Le PTB veut à tout prix éviter un nouveau confinement de la culture

La ministre de la Culture, Bénédicte Linard (Ecolo), a annoncé que 6 millions d’euros avaient été dégagés pour aider les lieux culturels à faire face à l’augmentation des coûts énergétiques en 2022 et 2023. « Ce montant est totalement insuffisant au regard des besoins. Nous avons estimé un surcoût de près de 3 millions pour seulement 10 lieux culturels. C’est la moitié des aides prévues alors qu’il y a plusieurs centaines de musées, salles de concert, de théâtres, de cinémas à aider », alerte Amandine Pavet, députée PTB au Parlement de la Communauté française.

Augmentation de la marge bénéficiaire des grandes entreprises : « Ce sont les prix qu’il faut bloquer, pas les salaires » réagit Raoul Hedebouw (PTB)

« Le gouvernement Vivaldi bloque les salaires, mais pas les prix. Et voilà le résultat de sa politique : des marges records pour les grandes entreprises au deuxième trimestre (d’après les chiffres de la Banque Nationale). Une multinationale comme ArcelorMittal vient encore de distribuer 200 millions de dividendes il y a quelques jours à peine. Cela, malgré la crise énergétique et la guerre en Ukraine. Le gouvernement et le grand patronat sont en train de faire payer le prix de la crise aux petits indépendants et à la classe travailleuse. Ça ne peut pas continuer comme ça », réagit Raoul Hedebouw, président du PTB.

Le modèle Borgerhout et Zelzate, avec le PTB en majorité : l'antidote au modèle De Wever

Le week-end dernier, Borgerhout et Zelzate ont fait l’objet d’un petit jeu politique préélectoral entre la N-VA et Vooruit. Le président de la N-VA, Bart De Wever, a du mal à accepter l’idée que le PTB participe à la majorité dans ces deux communes (à Zelzate avec Vooruit, à Borgerhout avec Vooruit et Groen). « Si [Conner Rousseau, président du Vooruit] continue avec ces communistes, c'est lui qui brise et continue à briser un cordon sanitaire, si tant est que celui-ci doive exister », a-t-il lâché. En formulant cette contradiction, Bart De Wever met immédiatement les choses au clair. Il met en opposition un « modèle Borgerhout/Zelzate » inclusif, social, chaleureux et qui crée des liens, et un « modèle De Wever » glacial, qui impose austérité et division.

Crise de l'acceuil : des enfants dorment dans la rue

Après un an, la crise de l’accueil a atteint un nouveau seuil. Aujourd’hui, même des enfants sont à la rue ! Chaque jour, le gouvernement viole le droit à l’accueil. Et aucune solution à l’horizon. Les ministres se chamaillent et se montrent du doigt. Mais ça n’aide personne. Ni les travailleurs de Fedasil, ni pas les gens qui dorment dans le froid glacial de la rue. On a besoin d’actes maintenant.

Conseil européen sur l’énergie : « Les propositions sont totalement insuffisantes, et ça fait plus d’un an que ça dure »

Le Conseil européen ne propose pas de blocage général du prix du gaz. Pour le gaz naturel, c’est seulement un corridor de prix dynamique qui est envisagé, et uniquement pour les pics de prix. Pour le gaz utilisé dans la production d’électricité, le Conseil appelle à étudier un cadre législatif très prudent. « Je suis révolté par l’insuffisance de ces mesures, cela fait plus d’un an que les dirigeants européens promettent des mesures d’urgence, mais, dans les faits, ils continuent de refuser toute mesure réellement efficace comme le blocage des prix. Leur première priorité reste la protection du marché », réagit Marc Botenga député européen du PTB.