Raoul Hedebouw en action lors d’un atelier en ligne du PTB sur l’AIP.

Plus de 1 200 personnes ont participé à nos ateliers en ligne sur l’accord interprofessionnel (AIP), qui leur ont fourni des arguments solides pour réclamer des augmentations de salaire, des réductions du temps de travail et le droit à la prépension dès 58 ans. Il ne manquait qu’une petite bière à partager ensemble pour terminer en beauté...

Au cours des dernières semaines, le PTB a organisé une série d’ateliers en ligne en trois parties dans le cadre des négociations sur l’accord interprofessionnel (AIP) entre travailleurs et employeurs.

Plus de 1 200 participants ont assisté aux ateliers et posé au total 817 questions. Les experts de service Raoul Hedebouw, Kim De Witte et Nadia Moscufo ont eu fort à faire, mais ont répondu avec plaisir et avec le sourire.

• Nos salaires doivent-ils augmenter ? Si oui, de combien ? Vidéo - présentation

• La prépension est-elle toujours d’actualité ? Vidéo - présentation

• La réduction du temps de travail, une vraie solution ? Vidéo - présentation

« Super ambiance. Ça fait du bien de pouvoir échanger des réflexions avec des centaines de travailleurs et travailleuses de tout le pays. Dommage qu’on ait pas pu aller boire un verre après », réagissait un participant.

Les participants étaient principalement des délégués et des secrétaires syndicaux, mais aussi des travailleurs curieux, avec pour dénominateur commun de tous vouloir défendre un bon AIP. Et on leur a donné beaucoup d’arguments pour le faire.

Nous en avons retenu 5, particulièrement forts :

1. De l’argent, il y en a. Nous avons droit à une vraie augmentation salariale.

La classe travailleuse a fait tourner le pays et comment la récompense-t-on maintenant ? En lui jetant des miettes. La marge de hausse salariale est plafonnée à 0,4 % maximum. Par contre, il n’y a aucun plafond aux bénéfices. Cette année, les entreprises du Bel-20 ont versé pour 5 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires. Conclusion : il y a de quoi augmenter les salaires. Nous pouvons briser le plafond salarial de 0,4 % en modifiant la loi. Le député du PTB, Raoul Hedebouw, et l’ex-président de la FGTB, Marc Goblet, ont présenté conjointement une proposition de loi pour rendre la norme salariale indicative.

2. Augmenter les salaires n’est pas le problème, mais la solution à la crise.

« Sortir de la crise dépendra du pouvoir d’achat de la majorité des gens. Et les travailleurs y ont droit. Sous le gouvernement Michel, 40,2 milliards d’euros sont passés des poches de la classe travailleuse à celles des actionnaires. Or, ce sont les travailleurs qui produisent la richesse, pas les actionnaires. Il est temps d’augmenter sérieusement les salaires, de 5 à 6 %, comme le réclament également les syndicats aux Pays-Bas et en Allemagne. Après cette pandémie, c’est tout simplement logique », soulignait Raoul Hedebouw au terme de sa présentation.

3. Travailler plus longtemps n’est ni nécessaire ni faisable. Nous avons droit à une (pré)pension décente.

On ne cesse de nous répéter trois raisons de travailler plus longtemps : nous vivons plus longtemps, il y a une pénurie de main-d’œuvre et les pensions sont impayables. Toutes trois sont fausses, comme l’a prouvé Kim De Witte, spécialiste Pension du PTB, chiffres et études à l’appui. Le gouvernement De Croo suit le cap des gouvernements précédents. Il ne reviendra pas sur le relèvement de l’âge de la pension à 67 ans, il continuera à détricoter la prépension et il veut privatiser les pensions. Sous la pression du PTB en vue d’augmenter la pension minimale à 1 500 euros nets maintenant, le gouvernement a fini par plier. Mais il a décidé que ce serait 1 500 euros bruts, et pas avant 2024. Trop peu, trop tard. Le PTB plaide pour un droit à la prépension à partir de 58 ans sans disponibilité sur le marché du travail, et 55 ans en cas de restructuration ou d’aménagements de fin de carrière.

4. La semaine de 30 heures est faisable et payable.

Par rapport à 1950, nous produisons aujourd’hui 5,5 fois plus de richesses par travailleur. Nos heures de travail n’ont cependant pas diminué de manière proportionnelle. Cependant, une réduction collective du temps de travail est parfaitement faisable si le travail est redistribué à celles et ceux qui n’ont actuellement pas de travail (400 000 chômeurs) ou trop peu de travail (travailleurs à temps partiel). La semaine de 30 heures est absolument indispensable pour parvenir à davantage d’égalité entre les femmes et les hommes.

5. Les victoires s’obtiennent par la lutte.

Augmentation des salaires, prépensions dignes et réduction collective du temps de travail : si nous nous battons, nous pouvons tout gagner. De nombreux exemples à l’étranger le prouvent. On pense ainsi aux augmentations salariales arrachées par les travailleurs de Cargill aux Pays-Bas, au mouvement #FightFor15 aux États-Unis, à l’abaissement de l’âge de la pension en Pologne et en Croatie. ou encore à la réduction du temps de travail en France et en Espagne.

Chez nous, les exemples de victoires obtenues par la lutte ne manquent pas non plus : l’augmentation des salaires dans le secteur des soins de santé, la victoire contre la pension à points et la réduction du temps de travail dans le secteur bancaire n’en sont que quelques-uns.

 

Voulez-vous revoir les enregistrements vidéo ? Retrouver un argument ou un chiffre fort dans une présentation ? Le partager avec des collègues ou des amis ? Voici l’aperçu :



 

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