Lors de la journée d'action du 12 février, la classe des travailleurs a montré qu'elle n'acceptait pas la marge salariale imposée de 0,4 % maximum. Il y aura de nouveau des actions le 25 février.

Bonne nouvelle ! Il est possible d'augmenter les salaires. Imposer un plafond extrêmement bas de 0,4 % aux augmentations de salaires pour les deux prochaines années devient de plus en plus difficile, car un certain nombre d'entreprises publient d’excellents résultats. Après une année de crise du coronavirus, il semble y avoir un nombre surprenant de gagnants dans une série de secteurs. L'argent coule à flots, en direction des actionnaires, bien sûr, et non des travailleurs.

Prenez les grandes surfaces. Carrefour a annoncé une augmentation de 17,9 % de son bénéfice net. Celle-ci a été réalisée grâce aux efforts de milliers de héros et héroïnes de la crise du coronavirus. Ils ont veillé à ce que nos produits de première nécessité se retrouvent chaque jour dans les rayons, malgré les risques de contamination.

Ahold Delhaize a également très bien gagné. Mais cette semaine, la société a décidé de récompenser ses actionnaires en premier lieu. Ils bénéficieront d'une augmentation immédiate du dividende de 18 %. Et les héros du coronavirus devraient se contenter d'un maximum de 0,4 % pour les deux prochaines années ?

On peut payer des augmentations de salaire

De nombreuses entreprises font des bénéfices et versent des dividendes élevés. Des augmentations de salaire de plusieurs pour cent sont abordables financièrement. C’est une question de choix : récompenser les actionnaires ou les personnes qui travaillent ? Examinons quelques exemples.

• ArcelorMittal Belgique a fait, en 2020, après la clôture de l'exercice précédent, cadeau de 300 millions d'euros à sa société mère. Nous avons calculé qu'une augmentation de salaire de 5 % coûterait 30 millions d'euros. C’est donc parfaitement réaliste. Pour moins de 20 millions d'euros, ils peuvent déjà accorder une augmentation de salaire de 3 %.

• Ikea Belgium a réalisé un bénéfice net de 49 millions d'euros à la fin de l'année 2020. La direction a immédiatement transféré cette belle somme à la société mère. Nous avons calculé qu'une augmentation de 5 % pour le personnel ne coûterait qu'un cinquième des dividendes, soit 9,5 millions d'euros. Ce serait un beau signe de reconnaissance pour ces travailleurs.

• Umicore a annoncé fièrement un bénéfice record de 536 millions d'euros pour 2020, réalisé notamment grâce à l'usine de Hoboken. La direction prévoit encore plus de profits en 2021. Ils pourraient récompenser les employés par une augmentation de 5 % pour un coût de moins de 15 millions. Qu'attendent-ils pour le faire ?

• En 2020, Brico Belgium a réalisé un bénéfice de 152 millions d'euros. Il est possible d’augmenter les salaires de 5 % pour moins de 5 millions d'euros.

• Ageas, la société mère d'AG Insurance, a versé 569 millions d'euros à ses actionnaires dans le courant de l'année 2020. Nous avons calculé qu'une augmentation de salaire de 4 % coûterait à peine 15 millions d'euros. En d'autres termes : les actionnaires encaisseraient encore 97 % des bénéfices après une telle augmentation de salaire.

• Après une bonne année 2019; les géants de la chimie BASF et Bayer versent respectivement 2,7 milliards et 3 milliards d'euros à leurs actionnaires. Toutefois, si on accordait une augmentation de salaire de 5 % aux héros du coronavirus de ces entreprises à l'échelle mondiale, cela ne leur coûterait respectivement que 138 et 546 millions d'euros.

• En 2020, Colruyt a engrangé un bénéfice de 511 millions d'euros et a offert à ses actionnaires un dividende de 183 millions d'euros. Une augmentation de salaires de 5 % réduirait les bénéfices de 67 millions d'euros. Mais il en resterait encore plus qu’assez pour les actionnaires.

• Le groupe Volvo, qui possède entre autres une grande usine de camions à Gand, vient de décider de gâter ses actionnaires en leur versant un dividende record de 3 milliards d'euros en 2021. Nous avons calculé le coût d'une augmentation salariale de 5 % pour les 104 000 personnes qui y travaillent à l’échelle mondiale. Résultat : cela reviendrait à 240 millions d'euros. Cela reste donc très abordable. Et si l'on n’accorde qu’une augmentation de 5 % au personnel belge, on parle d'à peine 12 millions d'euros. Une augmentation de 2 % coûterait même moins de 5 millions d'euros.

La complainte de la FEB

La FEB affirme « qu’aucun secteur n'a été sauvé et qu'ils sont tous dans le rouge ». Les patrons flamands du Voka réagissent également avec véhémence aux revendications syndicales d'augmentations des salaires. « C'est du délire de croire que dans certains secteurs, pendant cette crise, d’aucuns ont gagné des tonnes d'argent », prétendent-ils.

Ces patrons ont-ils bien regardé les résultats et les profits des grandes entreprises récemment ? Les chiffres racontent une toute autre histoire. Certains secteurs et multinationales profitent royalement de la crise et encaissent beaucoup d'argent.

Et pourtant, le Voka affirme : « Une forte augmentation des salaires au milieu de la plus grande crise depuis la Seconde Guerre mondiale serait une mauvaise idée. » C'est pourquoi ils demandent le strict respect du plafond salarial de 0,4 %... pour les travailleurs, bien sûr. Parce que pour les actionnaires, il n'existe pas de plafond.

Des augmentations de salaires pour sortir de la crise

Se cacher derrière la crise pour bloquer les augmentations salariales n’a aucun sens dans de nombreuses entreprises, comme nous l'avons montré avec les exemples ci-dessus. Mais de plus, geler les salaires n'a aucun sens sur le plan social ou économique.

Le président du PTB, Peter Mertens, l'exprime en ces termes : « Sortir de la crise dépendra du pouvoir d'achat de la majorité des gens. Et les travailleurs y ont droit. En cinq ans, 40 milliards d'euros sont passés des poches des travailleurs à celles des actionnaires. Et pourtant, ce sont bien les travailleurs, et non les actionnaires, qui produisent la richesse. Il est temps d'augmenter sérieusement les salaires, de 5 à 6 %, comme le réclament également les syndicats aux Pays-Bas et en Allemagne. Après cette pandémie, c’est on ne peut plus logique. »

Liberté de négocier de véritables augmentations de salaires

Les syndicats négocient actuellement un accord salarial, appelé Accord interprofessionnel, ou AIP. Ils veulent que les employeurs assouplissent le plafond salarial de 0,4 %. Ils réclament la liberté de négocier de véritables augmentations de salaires. Mais les employeurs tiennent bon. « La loi, c’est la loi », disent-ils.

Ce sont pourtant les travailleurs qui créent la richesse. Lors de la journée d'action du 12 février, la classe travailleuse a montré qu'elle n'acceptait pas la marge salariale imposée de 0,4 % maximum. Une autre journée nationale d'action aura lieu le 25 février.

Des miettes, pas question ! Signez maintenant pour une véritable hausse des salaires.

Il faut donner de l’oxygène à l'économie en augmentant le pouvoir d'achat. La loi doit être modifiée pour permettre de véritables augmentations de salaire, sans plafond.

Signez la pétition : www.ptb.be/miettes-pas-question

 

 

 

 

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