35 000 personnes remplissent l’enquête pension : non, travailler jusqu’à 67 ans n’est pas faisable
Pendant près de cinq mois, nous avons fait remplir une enquête sur les pensions à près de 35 000 personnes. L’objectif : connaître l’opinion des travailleuses et travailleurs sur les projets du gouvernement De Wever-Bouchez sur les pensions, et en même temps discuter avec un maximum de personnes au sujet des pensions. Voici les résultats.
35 000 enquêtes remplies
De fin août à début janvier, des membres et sympathisants du PTB sont allés voir leurs familles, collègues et leurs amis, se sont rendus aux portes des entreprises et sur les marchés, ont fait du porte-à-porte dans leur quartier et ont aussi diffusé l’enquête via les réseaux sociaux. Au total, près de 35 000 personnes ont pu donner leur avis sur les projets du gouvernement en matière de pensions.
Atteindre autant de personnes, c’est remarquable. Mais ce n’est pas un hasard : c’est le résultat de plusieurs mois de travail intensif sur le terrain, de milliers de discussions et de l’engagement de plein de membres et sympathisants.
Les questions portaient sur l’âge de la pension, sur le projet de malus pension, sur l’augmentation des dépenses militaires au détriment de nos pensions et sur l’instauration d’une véritable taxe des millionnaires.
Même si ces résultats ne sont pas représentatifs* de l’ensemble de la population, cette enquête livre néanmoins des résultats interpellants : les projets antisociaux du gouvernement sont massivement rejetés.
Travailler jusqu’à 67 ans ? Pas faisable
À l’affirmation « Il est possible de travailler jusqu’à 67 ans », 84 % des répondants ont indiqué qu’ils n’étaient pas d’accord.
Nous leur avons ensuite demandé d’expliquer leur réponse dans une question ouverte. Les raisons avancées sont la charge physique ou mentale — surtout dans les métiers pénibles — le manque d’emplois adaptés ou tenables pour les travailleurs plus âgés, et la volonté de pouvoir profiter de sa pension après une longue vie de travail.
Notre proposition de ramener l’âge légal de la pension à 65 ans recueille le soutien de près de 3 sur 4 des répondants (73,46 %).
Découvre notre plan 55-60-65 pour les pensions
Pour une grande majorité des gens, travailler jusqu’à 67 ans n’est pas faisable. Nous proposons un plan alternatif 55-60-65 pour protéger le droit au repos et à la liberté à la fin de notre vie.
Notre sondage montre le malus pension comme une mesure particulièrement impopulaire.
À la proposition « Les gens qui partent à la pension avant 67 ans devraient être sanctionnés par le nouveau “malus pension” en perdant jusqu’à 25 % du montant de leur pension », plus de 9 répondants sur 10 (91,42 %) ont marqué leur désaccord. Chez les personnes ayant voté pour un des partis au gouvernement en juin 2024, le rejet est également fort avec 8 répondants sur 10 qui refusent ce malus.
Un sondage représentatif de la population réalisé par Ipsos, « Le Soir », RTL Info, « Het Laatste Nieuws » et VTM montrait en décembre dernier que 2 Belges sur 3 étaient contre le malus pension.
Le malus pension est une mesure du gouvernement pour sanctionner celles et ceux qui ne peuvent pas travailler jusqu’à 67 ans : 5 % de pension en moins par année de départ anticipé avant 67 ans.
Sous la pression du mouvement social, ce malus a déjà été reporté d’un an et la mesure a été atténuée : les périodes de maladie et de chômage temporaire sont désormais assimilées à des périodes travaillées dans le calcul des années de carrière, afin d’éviter le malus.
Le malus pension ne bénéficie d’aucun soutien dans la population. Nous demandons le retrait complet de cette mesure.
Aller chercher l’argent là où il est
81,39 % des répondants ont répondu positivement à la question de savoir s’il faut instaurer une taxe des millionnaires afin de dégager des moyens pour financer les pensions. De précédents sondages dans les médias montraient déjà que quatre Belges sur cinq sont favorables à un impôt sur la fortune.
Les mesures sur les pensions sont donc perçues comme injustes : les efforts reposent principalement sur les travailleurs, et pas sur les épaules les plus larges.
Découvre nos trois propositions pour aller chercher l’argent là où il est
Pas de militarisation aux dépens de nos pensions
Presque 9 répondants sur 10 (89,67 %) sont en désaccord avec l’affirmation : « Nous devons réduire nos pensions pour augmenter les dépenses militaires. » Chez les personnes ayant voté pour un parti au gouvernement, c’est également un peu plus de 8 sur 10.
Les projets du gouvernement d’investir dans la guerre au détriment des pensions sont donc massivement rejetés.
Le gouvernement De Wever-Bouchez veut utiliser nos pensions pour acheter des armes. 34 milliards d’euros supplémentaires : c’est le montant qu’ils veulent consacrer aux dépenses militaires dans les années à venir. À coups de discours guerriers, ils préparent les esprits à toujours plus de militarisation de notre société. « Nous devons nous préparer à la guerre », déclare Theo Francken. Mais ce ne sont pas leurs enfants qui seront envoyés au front, ce sont les nôtres.
Au lieu de suivre aveuglément la rhétorique de la peur du gouvernement, les réponses à notre enquête montrent que les gens refusent cette militarisation au détriment de nos pensions et de nos droits sociaux.
Conclusion
Les résultats de cette enquête montrent un rejet clair des projets du gouvernement. Travailler jusqu’à 67 ans est considéré comme impossible par une large majorité. Dans ce contexte, le malus pension punitif se heurte à une forte opposition. L’idée de sacrifier les pensions pour financer les dépenses militaires est également rejetée par beaucoup.
En revanche, un soutien clair s’exprime pour des alternatives comme une taxe des millionnaires et le retour à un âge légal de la pension à 65 ans.
Car oui, contrairement à ce qu’affirment De Wever, Bouchez et cie, il est possible de faire autrement. C’est exactement ce qu’exprime une majorité des personnes avec qui nous avons discuté. C’est aussi ce qui remonte des sondages d’opinions réalisés les derniers mois. Les plans du gouvernement sur les pensions n’ont pas de légitimité : même parmi les personnes ayant voté pour un parti au gouvernement en 2024, ces mesures ne bénéficient pas d’un large soutien.
La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons encore stopper ces projets. La réforme des pensions a déjà été reportée d’un an grâce à la pression du mouvement social. Le grand débat sur cette réforme aura lieu le 25 mars à la Chambre. Mobilisons-nous massivement le 12 mars pour accentuer la pression et les faire reculer définitivement sur ce vol des pensions.
Manifestation nationale le 12 mars
Rendez-vous en masse à Bruxelles pour la grande manifestation nationale syndicale et associative.
Ensemble, arrêtons-les.
- 12 mars - 10h - Bruxelles-Nord
* Méthodologie
Cette enquête n’est pas basée sur un échantillon sélectionné pour être représentatif. Nous avons rencontré des personnes dans les quartiers, dans les entreprises, lors d’actions, dans l’entourage personnel de nos membres et sympathisants et via nos canaux sur les réseaux sociaux. Cela ne constitue pas un échantillon représentatif de toute la population.
Nous constatons néanmoins que nous avons touché un public plus large que les seuls sympathisants du PTB. Près de 5 500 répondants (19,35 %) ont par exemple déclaré avoir voté pour un des partis au gouvernement (N-VA, CD&V, Vooruit, MR, Les Engagés) lors des élections de juin 2024. Les résultats de ce groupe donnent d’ailleurs des raisons d’inquiétude au gouvernement : 6 sur 10 déclarent qu’ils ne voteraient plus aujourd’hui pour un parti de la coalition gouvernementale.