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On entend beaucoup de choses sur le fameux Pacte de l’ONU sur les migrations. Certains diffusent des informations inquiétantes à son sujet. Mais derrière tout cela, il y a surtout un agenda caché dont il faut se méfier.

1. Trois mensonges sur le Pacte

Le Pacte, accessible en ligne (ici), a pour but de coopérer au niveau mondial afin de mieux pouvoir gérer les migrations, avec 23 objectifs. Certains partis de droite et d’extrême droite profitent du fait que le texte est compliqué et que la plupart des gens ne le liront pas pour diffuser une série de mensonges à ce sujet.

Mensonge n°1. Le Pacte ouvre les frontières : FAUX

L’extrême droite tente de faire croire que le Pacte de l’ONU va encourager « l’immigration illégale » et « l’immigration massive ». C’est faux.

  • Le texte lui-même précise qu’il respecte « le droit souverain des États de définir leurs politiques migratoires nationales ». Chaque pays pourra donc continuer à mener sa propre politique.
  • En plus, le Pacte lui-même parle de « mettre fin à l’immigration irrégulière » (objectifs 9 et 10 et 11). Ceux qui disent le contraire mentent tout simplement.

Mensonge n°2. Le Pacte donne de nouveaux droits pour les migrants : FAUX

L’extrême-droite essaie de faire croire que les migrants sans-papiers pourraient alors avoir droit à un revenu du CPAS.

  • En fait, le Pacte ne dit rien d’autre que le fait que les migrants doivent avoir accès à l’aide médicale urgente et au fait que les enfants puissent aller à l’école (objectif 15). Des droits fondamentaux qui existent déjà et qui n’ont rien à voir avec une quelconque allocation du CPAS ou du chômage.

Mensonge n°3. Le Pacte va empêcher les expulsions : FAUX

  • C’est même loin d’être le cas, puisque le Pacte parle au contraire de faciliter la coopération avec les États d’origine pour faciliter les expulsions (objectif 21).
  • Le pacte dit ailleurs aussi qu’il faut réfléchir à des solutions alternatives à l’enfermement des migrants, et en particulier des enfants, mais ne l’interdit même pas (objectif 13).

2. Trois points positifs du Pacte cachés par la N-VA

Il y a trois points positifs dans le Pacte mais dont la N-VA ne parle jamais car ils y sont opposés. Et si Charles Michel n’en a jamais parlé non plus, c’est parce qu’il ne compte pas les appliquer non plus vu que le Pacte est non-contraignant.

Parler des causes

Le vrai grand tabou de la migration, c’est celui des causes

Le vrai grand tabou de la migration, c’est celui des causes. Ce Pacte a le mérite d’ouvrir ce débat en affirmant qu’il faut lutter contre les causes qui obligent des gens à fuir leur pays (objectif 2).

Et c’est logique que la N-VA n’en parle pas, puisque tous les partis traditionnels, y compris la N-VA, ont voté pour les guerres et les bombardements comme en Libye qui ont obligé des millions de gens à quitter leur pays. C’est cela qui a provoqué la crise des réfugiés. Quelle hypocrisie. Le PTB est le seul parti au parlement qui s’est toujours opposé à ces guerres.

Lutter contre le dumping social

Une partie des migrants sont utilisés comme main d’œuvre corvéable à merci par des employeurs peu scrupuleux, avec pour conséquence de tirer l’ensemble des salaires vers le bas. Il suffit de voir comment les grands patrons de l’immobilier – qui sont si souvent chouchoutés par les partis traditionnels – les utilisent sur leurs chantiers.

Or le Pacte parle justement de mettre fin à la surexploitation des travailleurs migrants (objectif 6). Mais ce sont ceux qui font campagne contre le Pacte qui votent les flexi-jobs, le saut d’index et les cadeaux aux grands patrons et aux banquiers qu’on fait ensuite payer aux travailleurs.

Une réaffirmation de l’importance des droits de l’homme

Le Pacte réaffirme l’importance des droits de l’Homme. Il parle surtout de protéger les enfants, d’empêcher que des gens se noient et d’éviter que des gens soient renvoyés vers la dictature et la torture. Pourquoi s’opposerait-on à cela ?

En fait, ceux qui s’attaquent au Pacte et aux droits de l’Homme veulent casser nos droits à tous et toutes. Les droits de l’Homme garantissent que les humains sont égaux. Si cela n’est plus le cas, on peut faire des catégories avec plus ou moins de droits, que les patrons et l’élite pourront exploiter comme ils veulent.

Une fois qu’ils en auront fini avec les migrants, ils s’attaqueront aux chômeurs, aux malades de longue durée, aux femmes, etc.

3. Une campagne mensongère pour nous piéger

En Europe (et dans le monde), une large campagne a été lancée contre le « Pacte de l’ONU pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », aboutissant même à la chute du gouvernement belge.

De l’autrichien Sebastian Kurz à Theo Francken en passant par l’Hongrois Viktor Orbán et l’Italien Matteo Salvini, tous ont mené cette campagne en prétendant vouloir protéger « leur » population. Mais qu’en est-il ?

  • En Hongrie, le président hyper-conservateur Viktor Orbán a rendu possible 400 heures de travail supplémentaires par an avec sa « loi de l’esclavage ». Il a ainsi montré qu’il obéit en fait aux ordres des grands patrons hongrois et allemands (très présents dans le pays). Il doit depuis affronter des protestations importantes des travailleurs hongrois.
  • En Italie, le ministre de l’Intérieur d’extrême droite Matteo Salvini vient d'accepter un accord avec la Commission européenne pour repousser les mesures sociales qu'il avait promises (comme la diminution de l'âge de la pension) et à accepter d'augmenter la TVA si nécessaire pour le budget.
  • En Autriche, le chancelier conservateur Sebastian Kurz, en coalition avec l’extrême droite, a instauré une loi autorisant jusqu'à 12 heures de travail par jour et 60 heures par semaine sans sursalaire.
  • En Belgique, la N-VA a voté la pension à 67 ans, le saut d’index, la hausse de la TVA et des accises…

Le point commun, c’est que ceux qui ont mené cette campagne contre le Pacte l’ont fait surtout pour mieux cacher leur politique antisociale, détourner la colère légitime des gens vers les réfugiés et remettre nos droits démocratiques à tous en cause.

Lire plus sur la stratégie de la N-VA.

Lire la position du PTB sur le Pacte.

 


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