Photo Stefaan Van Parys.

Dans son discours de Nouvel An, le président du PTB Raoul Hedebouw répond à Bart De Wever, qui a appelé à briser les coalitions PTB-Vooruit et PTB-Vooruit-Groen, respectivement à Zelzate et Borgerhout (Anvers).

« Le modèle De Wever, contre le modèle progressiste de Zelzate et Borgerhout. Ce sera en grande partie l’enjeu des élections de 2024. Ce qui fait peur à De Wever, c’est que nous montrons dans ces communes que d’autres choix sont possibles. Nous investissons dans les services publics plutôt que d’y imposer austérité et privatisations. À Zelzate, nous mettons en place une fiscalité équitable, où les multinationales contribuent plus et où on diminue les taxes pour la population. Nous laissons place à la participation citoyenne et soutenons la culture. Et ce que craint Bart De Wever, c'est que ces modèles politiques deviennent un produit d'exportation très prisé dans l'ensemble du pays », déclare Raoul Hedebouw.

Le président du PTB poursuit : « Dans ce sens, j'ai parfois du mal à comprendre pourquoi des partis dits progressistes comme Vooruit font tout pour se mettre à la remorque de Bart De Wever et jouer son jeu. Si vous voulez tourner à gauche, vous devez d'abord regarder à gauche. Depuis quelques semaines, on entend le même son de cloche chez Groen. Apparemment, tous ont envie de nager dans les mêmes eaux froides que la N-VA. Mais pourquoi donc ? Pourquoi n'y aurait-il pas plus de Zelzate et de Borgerhout dans le pays en 2024 ? Il est temps d'oser rompre avec ce modèle néolibéral que tous les partis traditionnels ont tant chéri ces 30 dernières années. »

Pour Raoul Hedebouw, l’influence du PTB sur l’échiquier politique se voit de plus en plus : « Nous sommes passés de 8 500 membres en 2015 à plus de 24 000 aujourd’hui. Nous avons obtenu des victoires importantes, comme la suppression de la Turteltaks, la pension minimum à 1 500 euros, le fond Blouses Blanches ou la baisse de la TVA à 6 % sur l’énergie. Des victoires obtenues avec le mouvement social, le monde associatif, les syndicats et le peuple. Quel autre parti d’opposition peut se targuer d’avoir obtenu autant de victoires ? Chaque jour, les ministres de la Vivaldi répondent aux propositions du PTB et se positionnent par rapport à nous. Et on ne va pas les lâcher. »

Le parti de gauche veut en effet peser sur les dossiers des mois à venir. En premier lieu sur l’énergie. « Comment peut-on expliquer qu’en Belgique une entreprise comme Engie produit de l’électricité à un prix de revient de 35 euros mégawattheure, mais nous le revend à 200 euros du mégawattheure ? » pointe Raoul Hedebouw.

Le PTB pointe la responsabilité du gouvernement et défend un vrai blocage des prix à la source. Le parti a développé une proposition claire pour bloquer les prix en fonction du prix de revient et lancé une pétition qui a déjà recueilli près de 50 000 signatures. « Nous allons continuer pour en obtenir 100 000 d'ici au mois de juin. Nous tendons la main à toutes les forces politiques et sociales pour gagner ce combat. Nous avons obtenu la suppression de la Turteltaks, nous avons imposé la TVA à 6 %, nous allons gagner le blocage des prix de l’énergie », défend le président du parti.

« Mais pour cela, il faut que les partis au gouvernement osent aller à contre-courant des exigences d’Engie-Electrabel, ajoute Raoul Hedebouw. Or ce n’est pas ce qui semble se faire dans l’accord avec Engie. C’est toujours la même chose. Quand il s’agit de faire payer les gens, là, c’est le principe du "pollueur payeur". Mais quand il s’agit d’Engie, c’est fini. Ce n’est plus "pollueur payeur", c’est "pollueur non-payeur". Et c’est à nous qu’Engie et le gouvernement veulent refiler la facture. Nous n’allons pas les laisser faire. »

Le président du PTB a conclu son discours en lançant un appel à la jeunesse et à l’espoir : « La jeunesse se prend les conséquences de la crise en pleine face. Les jeunes ont raison de ne pas accepter la société telle qu’elle est. Nous voulons donner à la jeunesse la place qui lui revient dans notre parti, afin de lutter ensemble pour la paix, la planète et une autre société. »

Lisez le discours de Raoul Hedebouw.