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La révolution climatique et sociale

Garder une planète vivable en luttant contre le dérèglement climatique et ses conséquences, protéger et améliorer la vie des gens : voilà le défi auquel nous sommes confrontés. Pour le relever, nous changeons de cap radicalement. Nous obligeons les grands pollueurs à investir plutôt que de multiplier les taxes vertes pour les travailleurs. Nous investissons dans des transports publics performants et abordables et aidons les gens à isoler leur maison et faire baisser leur facture d’énergie. En Belgique et dans le monde, nous défendons la coopération et la justice sociale et climatique.

Inondations dans la vallée de la Vesdre, en Italie ou au Pakistan, sécheresse destructrice en Europe, chaleur extrême qui embrase les forêts, même en Belgique, vagues de froid polaire en Amérique du Nord et en Asie… La crise climatique est bien là et c’est la classe travailleuse qui subit les coups durs en perdant ses biens. Elle voit sa santé mise en danger, alors que les grands monopoles pollueurs restent indemnes. Pourtant, la Vivaldi qui s’était autoproclamée « le gouvernement le plus vert de l’histoire » n’a amené aucune rupture par rapport aux politiques de ses prédécesseurs.

Nous devons prendre des mesures rapides pour que notre planète reste vivable. L’objectif est clair : baisser au plus vite les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Au-delà, les transformations du climat risquent de devenir incontrôlables. Ce que nous voulons, c’est bloquer le thermomètre mondial ainsi que le coût de la vie. Nous voulons une économie qui crée des emplois et pas des émissions polluantes. Des transports publics performants et bon marché et pas des taxes sur les automobilistes sans alternative pour se déplacer. Nous voulons un système énergétique qui chauffe nos maisons et pas la planète. En finir avec les combustibles fossiles du passé, leurs profiteurs, leurs catastrophes et leurs guerres. Bienvenue à l’énergie verte de l’avenir, avec ses emplois durables, sa sécurité et son indépendance.

Réduire nos émissions de gaz à effet de serre à zéro au plus vite, dès 2040 d’après les dernières études du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat : l’objectif à atteindre est l’un des plus grands défis auxquels l’humanité ait jamais été confrontée. Pourtant, en Belgique,nous sommes toujours incapables de nous présenter aux sommets climatiques internationaux avec une politique ambitieuse et tous les experts prédisent que notre pays n’atteindra pas ses maigres objectifs climatiques. Lorsque les membres des majorités régionales ou fédérales participent aux marches pour le climat, ils manifestent contre leur propre inaction. La faute à qui ? Si on écoute la ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo), le blocage viendrait du gouvernement flamand. La ministre flamande du Climat, Zuhal Demir (N-VA) a effectivement passé l’ensemble de la législature à limiter autant que possible les objectifs climatiques. À la N-VA, on préfère parler d’« éco-réalisme », c’est-à-dire mettre en avant des technologies qui éviteraient de devoir baisser les émissions de gaz à effet de serre. Une position que rejoint le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Pourtant, toute analyse indépendante des lobbies des grands pollueurs démontre que ces pseudo-solutions sont au mieux inefficaces, au pire génèrent des problèmes environnementaux encore plus graves. En réalité, l’objectif de la droite flamande et francophone est de faire diversion, de retarder des décisions qui nuiraient aux intérêts des géants industriels privés.

Sur le papier, socialistes et écologistes défendent, eux, des objectifs climatiques plus en phase avec la réalité. Mais que font-ils pour matérialiser ces ambitions ? Au nom de la transition énergétique, la ministre fédérale de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen) a parcouru la planète entière, d’Oman au Chili en passant par la Namibie, pour ouvrir les marchés aux géants privés belges de l’énergie verte. Tandis que le secrétaire d’État pour la Relance, le socialiste Thomas Dermine, se rend d’une réunion à l’autre avec Engie, ArcelorMittal, Umicore ou DEME. L’objectif : mettre de l’argent public au service de ces industriels privés afin de « dérisquer » leurs investissements dans la transition climatique. Les risques financiers actuels pour la collectivité, les profits futurs pour le privé. Ainsi, socialistes et écologistes se retrouvent à donner des subsides publics aux mêmes grands pollueurs privés que protègent la N-VA ou le MR.

Pourquoi ? Parce qu’ils partagent une même confiance dans le marché. Plutôt que de planifier la transition climatique, de choisir quelles technologies développer ou arrêter et où investir, ils laissent l'initiative aux investisseurs privés. Ils espèrent orienter leurs choix à coups de subsides publics et en créant un marché du carbone qui inciterait à réduire les émissions selon la logique du pollueur-payeur. Or cette politique climatique est vouée à l’échec et ce sont les patrons des géants du pétrole qui en parlent le mieux. « Ce qui compte le plus pour nos actionnaires, c’est la durabilité de leurs dividendes », explique le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. En clair, la transition climatique ne doit pas être trop rapide pour ne pas nuire aux besoins de profits à court terme. Il a été rejoint par le patron de Shell, Wael Sawan⁤ : « Si nous ne parvenons pas à obtenir des rendements à deux chiffres dans une activité, nous devons absolument nous demander si nous devons continuer. Nous voulons baisser les émissions de carbone, mais cela doit être rentable ». Avant d’annoncer une baisse des investissements dans les énergies vertes et de voir le cours de l’action Shell grimper en flèche en bourse.

Quant au marché du carbone européen, c’est un échec sur toute la ligne : des émissions qui baissent trop peu, de grands pollueurs qui s’enrichissent en spéculant sur ce marché et des coûts qui se reportent sur les consommateurs. Le pollueur payé et le travailleur payeur. Faire payer les gens, c’est ce à quoi en sont réduits les gouvernements, puisqu’ils ne se donnent pas les moyens de faire bouger les grands pollueurs. Sans la présence du PTB dans la rue et dans les parlements, nous aurions terminé cette législature avec une taxe carbone nationale et une taxe kilométrique dans notre capitale. Maintenant, il est question de créer une taxe carbone au niveau européen sur le chauffage et le carburant. C’est une politique qui ne marche pas et qui ne marchera jamais. Le capitalisme revêtu d’une couche de peinture verte ne sauvera pas le climat et coûtera cher à la classe travailleuse.

Ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas les taxes vertes, mais des investissements publics pour construire une société climatiquement neutre et protéger les populations du changement climatique. Il est temps d’aller chercher les bénéfices records de l’industrie fossile pour mener cette politique climatique efficace et sociale. Tout au long de l’histoire, les politiques environnementales et sociales ont été le fruit d’une lutte, celle de la classe travailleuse. La politique climatique ambitieuse et équitable que nous voulons ne tombera pas du ciel. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre que le changement se produise. Nous devons forcer ce changement et le piloter nous-mêmes.

Pour atteindre la neutralité climatique au plus vite, nous devons transformer prioritairement les secteurs qui émettent le plus de gaz à effet de serre. Ensemble, la production d’énergie, le transport et le chauffage des bâtiments représentent près de deux tiers de nos émissions. Ces trois domaines correspondent aussi à des besoins de base, se chauffer, se déplacer, produire ou avoir accès à l’électricité.

Or dans ces secteurs, ce que font nos gouvernements, c’est : trop peu, trop tard. Alors que nous devons nous passer au plus vite des énergies fossiles, les investissements dans l’éolien ont baissé de moitié en 2022 en Europe. La mer du Nord, « future centrale électrique verte de l'Europe », comme le clament en chœur les partis de la Vivaldi ? « Pour l'heure, les projets éoliens en mer du Nord brassent surtout du vent » répond une étude indépendante, qui pointe les retards multiples dans les projets. Et les familles qui ont eu la chance de pouvoir installer des panneaux solaires voient leur production d’électricité être interrompue, car le réseau électrique n’arrive pas à l’absorber. Rénover son logement est devenu un luxe, alors, plutôt que de prendre en main collectivement cet enjeu de société, tous les gouvernements régionaux entendent rendre obligatoire l’isolation aux frais des habitants. Au lieu d’investir dans les chemins de fer pour faire du train une alternative attrayante, le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), a continué à économiser sur le dos des usagers et des travailleurs du rail, tout en augmentant les tarifs.

Une politique qui coûte cher aux travailleurs mais qui rapporte gros aux géants de l’énergie fossile, puisqu’on dépend toujours de leur production polluante. En 2022, les cinq géants pétroliers occidentaux (Shell, ExxonMobil, BP, Chevron et TotalEnergies) ont réalisé ensemble un bénéfice record de 200 milliards d’euros. C’est dix fois plus que le budget du Fonds européen pour une transition climatique juste. Avec cet argent, on pourrait installer 50 000 éoliennes, soit presque le double du nombre actuel en Europe. Mais ce n’est évidemment pas ce que les géants du pétrole ont fait. Au contraire, les quelques objectifs climatiques qu’ils s’étaient fixés ont rapidement été jetés à la poubelle puisque le gaz et le pétrole rapportent bien plus à court terme :95% de leurs investissements vont toujours vers les énergies fossiles pour moins de 5% vers le renouvelable.

Les grands pollueurs bloquent la transformation de notre société et en tirent des profits historiques. Ils reçoivent même de l’argent public pour cela. Suite à un lobbying intense, le gaz fossile a été reconnu comme énergie verte par l’Union européenne, permettant aux entreprises du secteur de revendiquer des subsides destinés à la transition énergétique. La guerre en Ukraine a créé une nouvelle dépendance au gaz de schiste américain, très polluant, à coups de milliards d’investissements publics dans des infrastructures qui nous enferment pour des décennies encore dans les énergies fossiles et leur prix élevé. Chez nous, la ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), a débloqué des centaines de millions pour construire de nouvelles centrales au gaz. Les travailleurs payent, le climat trinque et les monopoles polluants s'enrichissent.

Nous devons en finir avec ces politiques. Tout de suite, maintenant. L’énergie, le logement et les transports sont les leviers d’un climat vivable. Nous devons les reprendre en main. Cela, en nous tournant vers une énergie moins chère et 100% renouvelable, en investissant publiquement dans la production, la distribution et le stockage d’énergie et en reprenant le secteur sous contrôle public et démocratique. Nous nous inspirons du Danemark, devenu l’un des leaders mondiaux de l’énergie renouvelable et un champion industriel de l’éolien, grâce au pilotage public de sa transition. Nous voulons pourtant aller plus loin en mettant Engie et consorts hors jeu afin de reprendre le contrôle de leur production et des prix.

Nous lancerons un plan public d’investissement dans la rénovation des logements, pour faire baisser la consommation d’énergie et la facture de chauffage au plus vite, sans faire payer les habitants. Pour cela, nous optons pour les approches allemande et viennoise et la manière dont on y isole les toits et les murs par un système de tiers payant, grâce à une banque publique qui prendra en charge les coûts des travaux. Bon pour le climat, excellent pour le portefeuille. Cela ira de pair avec une politique d’aménagement du territoire et d’agriculture basée sur nos besoins et pas sur ceux des barons du béton ou des géants de l’agro-industrie.

Ce que le Luxembourg et la Suisse font en matière de transports, nous pouvons le faire aussi. Nous voulons des trains, des bus et des trams qui amènent à destination rapidement, confortablement et gratuitement. Pour mener cela à bien, nous remettrons des moyens permettant à nos entreprises publiques de transports d’investir dans l’infrastructure et les véhicules, d’engager suffisamment de personnel et de faire baisser les prix. Ce n’est pas un rêve, mais une nécessité absolue dans un pays riche comme la Belgique.

Comment allons-nous financer cela ? Nous créons une banque publique qui investit à la fois dans la transition climatique et dans les dispositifs sociaux. Les Belges disposent ainsi d’un organisme attrayant pour investir leur argent tout en étant en mesure de contrôler démocratiquement à quoi il sert. S'il faut plus de moyens, allons les chercher dans la poche des grands monopoles de l’énergie fossile et des plus grandes fortunes, pas dans celle des travailleurs.

Les investissements publics dans l’énergie, le transport ou le logement seront un moteur de transformation de notre industrie. Nous aurons besoin de davantage d’éoliennes, de pompes à chaleur, de trains, bus, métros et voitures partagées ou de matériaux d’isolation. La classe travailleuse a le pouvoir de faire de la Belgique un pays pionnier dans la lutte contre le changement climatique et de donner un avenir social et durable à notre industrie. Nous avons des syndicats forts qui peuvent prendre en main une transition juste pour et par les travailleurs.

Les vingt plus grands émetteurs privés de gaz à effet de serre représentent un tiers des émissions de la Belgique. Ce sont des géants de la pétrochimie ou de l’industrie. Plus fort, quatre multinationales, ExxonMobil, ArcelorMittal, BASF et TotalEnergies, sont responsables de 20 % des émissions. Pour atteindre nos objectifs climatiques, en plus d’investir dans le logement, la mobilité ou l’énergie, nous devons réduire les émissions de ces pollueurs géants. Sans que cela ne retombe sur le dos de leurs travailleurs avec la mise en danger de leur emploi ou via des augmentations de prix. Car ces grandes entreprises ont les moyens de prendre en charge leur transition. Elles dégagent des milliards de profits. Il s’agit de les contraindre à investir, dans d’autres façons de produire, sur leurs sites belges et européens.

Jusqu’ici, la stratégie de nos gouvernements envers les grands pollueurs ? Créer un marché européen du carbone, le système ETS. L’idée : chaque entreprise reçoit un plafond qui limite la quantité de gaz à effet de serre qu’elle peut émettre sous forme de quotas d’émissions échangeables sur un marché. Les entreprises qui restent sous le plafond peuvent vendre leurs quotas d’émission excédentaires à celles qui dépassent cette limite. Chaque année, l'UE réduit le volume de quotas d’émissions dans le but d'inciter les entreprises à devenir plus vertes. Mais ce système est un échec, car sa logique pousse finalement à investir dans des solutions à court terme en réduisant les investissements au strict nécessaire pour que le coût des quotas d’émissions n’augmente pas trop. Par exemple en économisant un peu d’énergie dans le processus de production pour ne pas devoir acheter de quotas de CO2 plutôt que d’investir dans une nouvelle manière de produire qui serait complètement décarbonée.

Par contre, ce marché rapporte gros aux grands pollueurs qui font du chantage à la délocalisation pour recevoir des quotas gratuits. Ils peuvent ensuite les revendre pour obtenir des subsides publics inconditionnels pour leur transition verte. Comble du cynisme, pour des géants comme ArcelorMittal, fermer des usines et vendre les droits d’émissions de gaz à effet de serre non utilisés peut même rapporter gros. Depuis la création du marché en 2005, l’entreprise a tiré près de 2 milliards € de la vente de quotas inutilisés. C’est alors « le pollueur qui est payé ». Le marché du carbone est aussi un nouveau terrain de chasse pour les traders. Un article récent du journal Le Monde révèle que 80 % des transactions sur le marché du carbone européen sont purement spéculatives. Une spéculation loin d’être anecdotique, puisque le marché du carbone européen a enregistré près de 700 milliards € d’échanges en 2021.

Ce marché garde pourtant le soutien de l’ensemble des partis de la Vivaldi, mais aussi de la N-VA. Contrairement à eux, nous souhaitons en sortir au plus vite et le remplacer par des normes d’émission contraignantes et un pilotage public et démocratique de la transition industrielle, en fonction d’objectifs sociaux et climatiques. Comme nous l’avons fait pour vaincre les pluies acides ou le trou dans la couche d’ozone, nous voulons obliger les plus grands pollueurs à investir dans la transformation de leur outil. Les normes sociales et environnementales assureront le maintien et le développement de l’emploi.

En s’enfermant dans une politique incapable d’enclencher une transformation du fonctionnement des plus grands pollueurs, nos gouvernements sont contraints de se tourner vers des mesures qui font porter la responsabilité sur les consommateurs et sur leur portefeuille. C’est la logique de la taxe carbone : rendre les produits « polluants » plus chers pour inciter à changer la consommation. Cette politique est inefficace, puisqu’elle ne touche pas aux méthodes de production. De plus, elle est injuste, puisqu’elle cible en premier lieu les travailleurs et leur famille en augmentant le coût de la mobilité, du chauffage ou de la nourriture ; alors qu’en même temps, on ne leur donne pas les moyens d’isoler leur maison, de se déplacer autrement ou d’acheter d’autres produits. Pourtant, lorsqu’elle a pris ses fonctions, la première mesure de la ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo) a été de mettre sur la table une taxe carbone nationale. Vu l’impopularité de cette taxe, que nous avons fait remonter dans le parlement via des interventions et questions à la Ministre, elle a été obligée d’abandonner ce projet.

Mais cette taxe carbone menace de nous être imposée, cette fois au niveau européen : c’est l’ETS 2. L’idée ? Étendre le marché du carbone européen aux émissions liées aux carburants des voitures ainsi qu’au gaz et au mazout de chauffage. Si cette taxe carbone qui ne dit pas son nom est mise en place, se chauffer coûtera en moyenne 170 € de plus et le prix du litre de carburant augmentera de 10 centimes à partir de 2027, soit 243 € de taxes par famille en moyenne. Une mesure à laquelle le PTB s’est opposé au niveau européen, mais qui a été votée par le PS et Vooruit, Les engagés et le cd&V, les MR et l'Open Vld ainsi que les écologistes francophones. Il est encore temps de bloquer sa mise en œuvre en Belgique. Comme nous avons fait renoncer la Vivaldi à sa taxe carbone, nous bloquerons la taxe carbone européenne.

Ces politiques punitives et inefficaces ne se limitent d’ailleurs pas à la taxe carbone. Les gouvernements régionaux aussi ont fait pleuvoir des propositions antisociales. L’un des meilleurs exemples est le projet de taxe kilométrique sur les déplacements automobiles en Région bruxelloise portée par le gouvernement régional PS-Ecolo-DéFi. Grâce à la mobilisation du PTB aux côtés des travailleurs et des habitants, nous avons pu faire reculer ce projet, en avançant des alternatives socialement et écologiquement plus efficaces. Car cette taxe kilométrique revient à envoyer la facture de l’absence de politique publique de mobilité sur le dos de gens contraints d’utiliser leur voiture. La ligue des familles a calculé que cela coûterait plusieurs centaines d’euros par an à de nombreuses familles. Les partis traditionnels voudront la remettre à l’agenda, à Bruxelles et dans les autres Régions. N’oublions pas que le premier défenseur de la mesure avant de faire volte-face était la N-VA en Flandre ni que l'Open Vld a déjà déclaré qu’il était favorable à une relance du projet. Nous continuerons à lutter contre cette taxe si les partis traditionnels tentent de la relancer. Dans la même logique, nous nous opposons à l’augmentation du prix de la collecte des déchets et à toutes les taxes qui visent à faire retomber le coût de la transition climatique sur les épaules de la classe travailleuse sans proposer de solution de remplacement efficace.

La politique de la Belgique peut être résumée simplement : quatre ministres du Climat, zéro politique. En 2021, la Belgique a dû se présenter au sommet de l’ONU sur le climat à Glasgow sans plan climatique. La faute à un blocage de la part du gouvernement flamand et de sa ministre du Climat, Zuhal Demir (N-VA). En vacances à Marbella au moment des négociations, elle était incapable de s’entendre avec ses « partenaires » de majorité, l’Open Vld et le cd&v sur une ambition commune. En 2023, le Plan National Energie Climat n’a pas abouti, à nouveau à cause d’un blocage du gouvernement flamand. Et ailleurs ? À Bruxelles, le Plan Air Climat Énergie, porté par le ministre régional Alain Maron (Ecolo), a été adopté après un retard de plus de deux ans et reste toujours insuffisant pour respecter nos objectifs climatiques. La Belgique est ainsi tombée à la 49e place du Climate Change Performance Index, loin derrière des pays comme la Chine et l'Inde. En 2021, tous ces ministres ont été condamnés parce que leur non-politique porte atteinte au droit à la vie de tous les Belges. Une condamnation confirmée en appel en 2023. Pourtant, ils ont continué à se renvoyer la balle. Tout en faisant la sourde oreille à la réalité, à l’image du ministre wallon du Climat, Philippe Henry (Ecolo), qui a refusé d’auditionner les associations du front climatique au parlement comme nous le réclamions. De nombreuses autres sagas et chamailleries communautaires ont suivi, mais il n’existe toujours pas de véritable politique climatique belge.

La crise climatique est trop grave pour être laissée au fédéralisme de concurrence belge. Alors que l’enjeu est mondial, la division des compétences entre Régions nous fait perdre un temps précieux. Si nous devons attendre que les quatre ministres du Climat de notre pays trouvent des solutions, la planète sera détruite avant peu. Pire, cette division des compétences crée un écran de fumée qui masque l’inaction générale, y compris sur les thèmes où les gouvernements régionaux pourraient agir seuls. C’est pourquoi nous voulons un seul ministre du Climat. Avec une hiérarchie de normes : le niveau fédéral fixe les lignes et est l'arbitre final. Les régions sont responsables de la mise en œuvre dans le cadre de leurs compétences. Pour le bon déroulement du processus, nous fixons le cadre dans une loi belge sur le climat.

Cette stratégie climatique nationale vise à transformer toute la société. La société civile doit donc être autour de la table à tous les niveaux de pouvoir, en tant que citoyens et travailleurs. Les syndicats, le monde environnemental, les structures d’aide sociale et les associations de consommateurs seront consultés pour la rédaction et la mise en œuvre de cette stratégie. Il n’est plus possible de mettre en place des taxes injustes et inefficaces contre l’avis des travailleurs ou d’offrir des cadeaux et des subsides inconditionnels aux plus grands pollueurs.

Les investissements pour cette transformation sont planifiés.

Une politique climatique efficace nécessite des personnes et des moyens. Nous mettrons fin aux années de coupes claires dans les budgets et renforçons les administrations publiques fédérales et régionales. Nous créerons un service dédié au sein du Bureau fédéral du Plan pour encadrer la politique nationale de transformation climatique et programmer les investissements. Avec des autorités locales dotées du personnel et des ressources nécessaires pour des politiques climatiques efficaces et proches de la population.

Le dérèglement climatique est déjà une réalité et nous devons être capables d’y faire face et d’en limiter les conséquences.

Faute de prendre des mesures préventives, la facture de ces catastrophes retombe sur les gens. « En cas de catastrophe, la Wallonie ne pourra plus être aussi généreuse que lors des inondations de 2021 » nous dit le ministre wallon du Budget, Adrien Dolimont (MR). Une insulte pour les victimes, dont beaucoup attendent toujours les indemnisations et alors que la commission d’enquête que nous avons exigée et que notre député Julien Liradelfo a coprésidée a révélé la lourde responsabilité des politiques en matière de climat, de gestion des risques et d’aménagement du territoire. Il est plus qu’urgent de se doter d’un plan d’adaptation au changement climatique, en consultant les besoins de la population. C’est en menant ce travail que nous avons proposé un plan en dix points contre les sécheresses et les inondations.

Le principal levier pour atténuer les effets du changement climatique est l’aménagement du territoire. La priorité doit passer des profits des promoteurs immobiliers aux besoins des gens et du climat. Nous mettrons fin aux projets inutiles, à l’image des victoires que nous avons remportées à Seraing dans le bois du Val ou à Lummen avec la réserve naturelle du Groene Delle, en luttant avec les gens et contre les barons du béton. Autoriser un nouveau centre commercial dans le fond de la vallée de la Vesdre, des logements de luxe dans les zones inondables de l’Escaut ou des bureaux inutiles autour de la gare du Midi, voici trois exemples de projets soutenus par les gouvernements régionaux auxquels nous nous opposons et auxquels nous mettrons fin. Nous soutiendrons les agriculteurs dans la transition, afin de mieux protéger leurs cultures et leurs sols, donc leurs revenus, des risques climatiques. Nous allons restaurer les cours d’eau, les plaines inondables et les zones humides. Verdir les espaces publics pour les rendre moins chauds en été et capables de capter et stocker les précipitations.

Même les meilleures politiques d’adaptation ne nous empêchent pas d’être confrontés à des conditions météorologiques extrêmes. Nous devons donc être en mesure de protéger la population pendant ces périodes. Pour cela, veillons à ce que les plans relatifs à toutes les formes de conditions météorologiques extrêmes soient régulièrement révisés. Le Plan national canicule et ozone, par exemple, n’a pas été révisé depuis 2005.

Nous devons pouvoir agir rapidement lorsqu’une catastrophe s’annonce ou se produit. Une gestion centrale des crises est essentielle. Si les services météorologiques fédéraux ne sont pas autorisés à avertir des inondations régionales, comme cela a été le cas à l’été 2021, les catastrophes sont inévitables. La prévention et la gestion des catastrophes doivent donc revenir au niveau national. Avec un personnel bien formé et en nombre, dans les infrastructures cruciales comme les barrages ou les écluses. Les services de secours nécessitent du personnel et des ressources nécessaires pour faire face aux catastrophes de manière rapide et efficace. Nous reviendrons donc sur les coupes du gouvernement Michel dans la protection civile et nous refinancerons les corps de pompiers et ambulanciers.

Pendant et après les catastrophes, les personnes et les entreprises ont besoin d’un point de contact. Pour cela, nous voulons créer un département spécial au sein du Centre national de crise. Son personnel se rendra sur place pour fournir les informations et l’accompagnement nécessaires pour la reconstruction. Cela commencera par une indemnisation rapide et complète des dommages subis. Nous forcerons donc les assurances à indemniser rapidement et intégralement les dégâts une fois l’état de catastrophe reconnu.

Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des endroits vulnérables aux catastrophes climatiques. Dans le Sud, les coups sont portés plus tôt et plus durement que dans le Nord. En 2022, des moussons extrêmes ont inondé un tiers du Pakistan. En 2023, année la plus chaude depuis le début des relevés climatiques, c’est la Libye qui est touchée par des inondations meurtrières. Dans le même temps, la Corne de l’Afrique a connu sa pire sécheresse en quarante ans. Les principaux responsables sont connus, les monopoles capitalistes de l’énergie fossile, de la finance, de l’exploitation minière et les gouvernements qui les protègent.

Nous devons unir nos forces pour surmonter la crise climatique. Or, les brevets sur les technologies vertes (production d’éoliennes, de batteries ou innovations permettant de fabriquer de l’acier neutre en carbone, par exemple) y font obstacle. Comme nous l’avons défendu au Parlement européen au sujet des brevets sur les médicaments, nous luttons contre l’appropriation privée de notre futur. Avec leurs propres lois et politiques, la Belgique et l’Europe peuvent ouvrir la voie à une politique de coopération internationale. L’économie verte menace de tomber dans les mêmes relations néocoloniales que les énergies fossiles. Pensons, par exemple, aux missions de Tinne Van der Straeten (ministre fédérale de l’Énergie) en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud avec les géants de l’énergie et de l’industrie pour leur ouvrir des marchés, avec l’appui de la diplomatie belge. Des entreprises comme Umicore ou Engie ont pour projet de s’accaparer les ressources de la transition au détriment des besoins locaux. Que ce soient des matières premières, comme le cuivre ou le lithium pour les batteries, ou l’énergie elle-même, en important de l’hydrogène et de l’électricité. Du néocolonialisme vert, qui ne fera pas baisser les prix de l’énergie chez nous et n’apportera pas non plus l’électricité dans le Sud.

Autre dossier à côté duquel la Vivaldi est passée : qu’attend la Belgique pour sortir du Traité sur la Charte de l’énergie ? Débarrassons-nous des traités internationaux qui protègent les géants fossiles. Ce texte a été renié par plus de dix États membres de l’Union européenne. Son existence ne sert qu’aux géants du pétrole, du gaz et du charbon. Dès qu’un État prend une décision qui pourrait les désavantager, il permet à ces entreprises de demander des compensations alors qu’elles croulent déjà sous les profits.

Les monopoles de l’énergie fossile n’arrêteront jamais d’eux-mêmes de produire du charbon, du pétrole et du gaz. Leur place à la table des négociations internationales sur le climat empêche de s’attaquer à la crise climatique. Plus de 2400 lobbyistes des énergies fossiles étaient présents à la COP 28, dont le PDG de TotalEnergies, qui était même invité de la délégation officielle française. Il est temps de montrer la sortie à ces lobbyistes et d’assurer une représentation équitable des représentants des peuples du Nord et du Sud et de leurs organisations syndicales et environnementales.

Stop aux bombes climatiques. Les émissions de CO₂ cumulées des nouveaux projets d’exploitations pétrolière et gazière prévus par les géants du secteur pour les prochaines années suffiraient à elles seules à dérégler le climat mondial. No««us voulons être parties prenantes d’un plan international d’élimination des combustibles fossiles, un « traité de non-prolifération ». Une initiative existe, avec trois volets principaux : un moratoire sur la recherche et l’exploitation de nouvelles sources de combustibles fossiles, une élimination progressive et équitable de la production fossile et une transition vers 100 % d’énergie renouvelable bon marché mondiale. Concrétiser cette ambition, c’est s’opposer à la stratégie des États-Unis d’inonder le monde avec du gaz de schiste, en triplant leur exportation au cours des dix dernières années. Mais aussi mettre fin aux investissements publics inutiles en Europe pour de nouveaux terminaux gaziers et gazoducs, qui vont faire de notre continent le premier client du gaz polluant et cher étasunien.

Mettre les monopoles des énergies fossiles hors d’état de nuire, c’est aussi refuser leurs projets d’apprentis sorciers de géo-ingénierie qui ne s’appliquent qu’à trouver des pseudos solutions techniques aux effets secondaires imprévus plutôt qu’à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Prenons deux exemples concrets. Le premier : l’exploitation des fonds marins. Les océans absorbent un quart des émissions de CO2 et les stockent dans les fonds marins. L’exploitation minière des fonds marins libérait à nouveau ces gaz, en plus de causer de graves dommages à la biodiversité de ces écosystèmes encore peu connus. C’est pourquoi nous avons déposé une résolution au Parlement fédéral pour imposer un moratoire sur ces projets. Résolution rejetée par la Vivaldi. La pression du géant anversois du dragage, DEME, qui voit dans l’exploitation des fonds océaniques une source nouvelle de profits et dont l’actionnaire principal n’est autre que la famille milliardaire de la secrétaire d’État au Budget Alexia Bertrand (Open Vld), n'y est sans doute pas étrangère. Les lobbyistes de l’entreprise étaient d’ailleurs intégrés à la délégation officielle de la Belgique à la COP 28.

Second exemple, celui des agrocarburants, cette essence ou ce diesel produits à partir de végétaux. Souvent, des denrées alimentaires comme le colza, la betterave sucrière, le maïs,la canne à sucre ou d’autres céréales sont cultivés uniquement pour produire du carburant, ce qui fait monter le prix des aliments, aggrave les problèmes d’accès à la nourriture et encourage la destruction des milieux naturels au profit de ces cultures très rentables. Au point d’avoir un bilan carbone plus mauvais encore que les carburants fossiles. On estime que c’est l'équivalent de 15 millions de pains qui sont brûlés chaque jour dans les réservoirs des voitures européennes. Pourtant, même rejet de la part de la Vivaldi pour notre résolution contre le développement de ces agrocarburants. Là, c’est le lobbying des géants de l’agroalimentaire et du pétrole qui a dû parler.

Briser le pouvoir des monopoles polluants, c’est aussi ne plus leur permettre de maquiller leurs émissions. C’est-à-dire de financer des pseudo-projets de compensations des émissions de gaz à effet de serre plutôt que d’investir dans leur réduction. Si un arbre était réellement planté pour chaque crédit carbone avec lequel les pollueurs ont déjà tenté de blanchir leurs émissions, le monde serait recouvert de forêts. À la place, on voit une explosion du greenwashing : les géants pollueurs privés se donnent une fausse image verte en achetant des crédits d’émissions qui servent leur marketing, pas la planète. En même temps, un secteur d’entreprises spécialisées dans la production de ces compensations se développe... Celles-ci sont très peu regardantes sur le bilan carbone souvent très mauvais, voire inexistant, des projets présentés. Mais en plus d’être inefficaces, ces systèmes de compensation impliquent aussi de racheter et de privatiser des terres pour y développer ces projets. Les populations locales sont chassées de leurs terres au mépris des droits de l’homme. Alors que ce problème est connu, le gouvernement Vivaldi a approuvé le système « Corisa » un nouveau marché mondial du carbone créé par les grandes compagnies aériennes, qui vise à acheter des compensations pour les émissions et à développer l’utilisation d'agrocarburants. En Flandre, on a misé sur l’achat de crédits d’émission pour arrondir son bilan climatique. Des achats payés par les contribuables. C’est à ce type de mécanismes que nous allons mettre fin. Fini de vendre du vent sans rien résoudre sur le fond.

Les multinationales du Nord ont bien plus contribué à provoquer le changement climatique que les populations du Sud. Et ce sont ces dernières qui risquent de tout perdre. Il est grand temps de mettre en place un financement international pour l’adaptation et les pertes et dommages liés au changement climatique. La création d’un fonds international de solidarité a enfin été actée lors de la COP 28, mais les financements promis par les pays du nord, États-Unis et Europe en tête, restent dérisoires. Pour financer ce fonds, nous soutenons l’appel du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en faveur d’une taxe mondiale sur les bénéfices des multinationales des énergies fossiles. Il n’est que justice que nous commencions à récupérer leurs richesses accumulées sur le dos des peuples et de la planète, afin de nous armer contre la crise climatique. Ce fonds pourra aussi venir en aide aux personnes forcées de fuir le changement climatique et s’accompagner d’un cadre mondial pour la migration climatique, prenant en charge la réinstallation, la protection et l’assistance des personnes déplacées. Tout le contraire des projets de gouvernements, qui utilisent les investissements nécessaires pour s’adapter au changement climatique comme prétexte pour faire contracter de nouveaux prêts injustes aux pays du Sud. Ces plans d’ajustement structurels climatiques alourdissent la dette et renforcent la dépendance néocoloniale du Sud vis-à-vis du Nord.