Les horreurs de la guerre en Ukraine ont forcé en quelques jours des centaines de milliers de familles à fuir. Dans l’urgence, sans eau, sans nourriture ni vêtements chauds.

Heureusement, une vague de solidarité traverse aussi l’Europe. Les gens offrent spontanément de l’aide, du transport, des vêtements ou un toit. 

C’est aussi ce que font les collaborateurs de Médecine pour le Peuple. Ils ont lancé une récolte de dons pour soutenir les projets de l’ONG Médecins du Monde qui aident les réfugiés et victimes de la guerre. Toutes les victimes, sans distinction de sexe, genre, origine ou couleur de peau.

Une immense vague de solidarité

En quelques jours seulement, l'horreur de la guerre en Ukraine a fait fuir des centaines de milliers de familles. Elles sont parties précipitamment, sans eau, sans nourriture, sans vêtements chauds, sans refuge. Et surtout : sans aucune perspective. Une fois la frontière franchie, le soulagement fait immédiatement place au stress, à l'anxiété et à la peur. En effet : que faire maintenant ? Les familles déchirées et déracinées sont confrontées à un avenir particulièrement incertain.

Selon les Nations unies, le nombre de réfugiés pourrait bientôt atteindre les 4 millions au minimum. 4 millions de personnes qui quittent leur foyer et ne savent pas quand (ni même si) elles le retrouveront.

Personne ne peut rester insensible face à tant de souffrance humaine. Ainsi, l'horreur de la guerre a rapidement fait naître un élan de solidarité inouï au sein de la population. Dans les pays voisins de l'Ukraine, mais aussi dans notre pays. Les gens ouvrent leurs portes pour accueillir les réfugiés. D'autres ont commencé à collecter du matériel de secours en grande quantité. Des camions partent pour l'Ukraine, chargés de couvertures, de vêtements et d'affaires pour bébés, de nourriture et de médicaments.

C'est aussi ce que fait Médecine pour le Peuple, qui a lancé une récolte de fonds. Les dons seront intégralement reversés à l'ONG Médecins du Monde pour des projets d'aide aux victimes de cette guerre. Les projets de Médecins du Monde visent à assurer un accès aux soins et aux médicaments, mais aussi à fournir du matériel médical d’urgence et en quantité pour ses équipes psycho-médicales.

« Des Polonais, des Hongrois, des Moldaves, des Roumains, des Slovaques et des citoyens d'autres pays européens ont mené des actions extraordinaires, pleines d'humanité et de générosité, a déclaré Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés. C'est l'instinct humanitaire qui est si nécessaire en temps de crise. »

Un étonnant retournement de situation

Notre pays apporte lui aussi sa pierre à l'édifice. C'est d'autant plus important que le dispositif d'accueil en Belgique a été systématiquement réduit ces dernières années. Personne n'a oublié que le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné l'État belge au début de cette année pour sa mauvaise gestion de l'asile et de l'accueil des demandeurs d'asile. Le jugement a été sans appel : la Belgique ne remplit pas ses obligations nationales et internationales envers les personnes en demande de protection.

Il faut donc trouver des solutions structurelles. En attendant, le gouvernement appelle toutes et tous les Belges qui en ont la possibilité à accueillir eux-mêmes des réfugiés ukrainiens. Une tâche fondamentale du gouvernement se trouve ainsi déléguée à la population. Les réponses à cet appel fusent. Cette solidarité venue de la base, fondée sur un sens profond de la justice, réchauffe le cœur.

Il s'agit d'un tournant important, car jusqu'à récemment, la solidarité avec les réfugiés était perçue de manière très négative. Pas plus tard qu'en 2017, l'État belge a poursuivi quatre personnes qui avaient hébergé des migrants, ainsi que les migrants eux-mêmes. Les quatre hébergeurs ont été accusées de trafic d'êtres humains. Ce n'est que grâce à la formidable mobilisation des citoyens et des groupes de solidarité, tels que « Solidarity is not a crime » ou la « Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés », que l'accueil des migrants et l'expression de la solidarité n'ont plus été considérés comme des délits.

Non au deux poids, deux mesures. Non au racisme

« Qui oserait remettre en question le fait que les résidents de l'Ukraine, qui fuient la violence et la terreur de Poutine, doivent être aidés et soutenus ?, s'est interrogé Walter Zinzen, ancien journaliste de la VRT. Pourtant, une question demeure : pourquoi est-ce évident pour les Ukrainiens, mais pas pour les Syriens, les Irakiens et les Afghans ? [...] Les Irakiens sont-ils plus résistants aux bombardements, aux fusillades et aux meurtres que les Ukrainiens ? »

Benoit Dhondt, avocat spécialiste des questions migratoires, évoque un « deux poids, deux mesures », et voit « une différence inacceptable par rapport à ce que fait l'État ». La rédactrice en chef du journal flamand Het Laatste Nieuws, Isolde Van den Eynde, a également vivement réagi à cette distinction : « Certains politiciens de droite pensent que les Ukrainiens sont de “vrais réfugiés”, et que, par conséquent, d’autres ne le sont pas. C’est faux. Ce n'est pas la réalité. Les Syriens et les Afghans ne fuient peut-être pas d’armées étrangères, mais ils fuient la violence de leurs propres dirigeants et gouvernements. La guerre est tout aussi réelle. Le danger est tout aussi réel. La fuite est tout aussi réelle. La misère est tout aussi réelle. »

Les témoignages d'étudiants, principalement d'origine africaine et indienne, qui tentent de fuir la violence de la guerre en Ukraine, mais qui sont discriminés à la frontière, dépassent l’entendement. Une solidarité sélective n'en est pas une. Une hospitalité limitée n’en est pas une. Le racisme et la discrimination doivent être condamnés de manière catégorique et inconditionnelle.

Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, appelle les gouvernements à « continuer à permettre l'accès au territoire à toutes celles et tous ceux qui fuient : aux Ukrainiens, bien sûr, mais aussi aux ressortissants d’autres pays qui vivent en Ukraine - des personnes qui y travaillent et y étudient, et dans certains cas des personnes réfugiées en Ukraine - qui sont désormais aussi contraints de fuir la violence. En cette période critique, aucune personne ni aucun groupe ne doit faire l'objet de discrimination. »

Appel aux dons

Médecine pour le Peuple soutient les projets de Médecins du Monde pour l'accueil des réfugiés ukrainiens et des victimes de la guerre. Les dons peuvent être effectués sur le numéro de compte BE31 9795 8087 0155 avec la référence « Solidarité réfugiés Ukraine ».