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Note coquelicot : un texte taillé sur mesure pour le cdH et qui prépare les renoncements de demain

Le PTB a pris connaissance des lignes directrices du PS-Ecolo comme base d’une déclaration gouvernementale en Région wallonne et en Fédération Wallonie-Bruxelles. « Après analyse approfondie de ces textes par nos instances et après consultation de notre groupe parlementaire, nous arrivons à la conclusion que la rupture annoncée en mots par le PS et Ecolo ne se traduit ni en actes ni en chiffres », réagit Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

Dimanche 7 juillet 2019

« En pratique, la politique qui s'annonce est celle de la continuité et du statu quo. Aucun budget ni aucuns chiffres n'accompagnent le document soumis, et ceci afin de cacher les conséquences pratiques de la non-remise en cause du cadre austéritaire imposé par l'Union européenne et le niveau fédéral. C’est pourtant ce cadre qu’il faut bousculer plutôt que de l’accepter pour former une coalition. Pour le PTB, ce n’est qu’à cette condition que les aspirations exprimées par la majorité des citoyens et rappelées par la société civile lors du processus de consultation du PS et d’Ecolo pourront être rencontrées », déclare Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon.

« La continuité s’exprime également dans le fait que PS et Ecolo indiquent vouloir maintenir la politique économique suivie depuis trente ans. On confirme les pôles de compétitivité et le Plan Marshall (sous un nouveau nom). On annonce même qu’on va mettre en œuvre les recommandations du Conseil de l'industrie (qui regroupe les dirigeants des grandes multinationales actives en Wallonie). Or cette politique d'octroyer toujours plus de cadeaux aux multinationales a globalement échoué », poursuit Germain Mugemangango.

En réalité, le texte proposé par le PS et Ecolo ressemble à la Déclaration de Politique Régionale de l’Olivier PS-Ecolo-cdH qui a dirigé la Wallonie entre 2009 et 2014. Elle est taillée sur mesure pour convaincre le cdH de participer à un gouvernement.

Or, le bilan de l'Olivier est celui du renoncement et des promesses non tenues. L’Olivier avait promis 6 000 nouveaux logements sociaux, mais il a fini la législature avec 2 078 logements en moins. Alors que l’Olivier promettait de garantir un coût modéré des tarifs de la TEC, le ticket a ainsi augmenté de 45 %, passant de 1,30 euro à 1,90 euro. « Cette note contient déjà ou bien l’annonce des promesses non tenues ou bien le fait que la majorité de la population sera priée de casquer », souligne dès lors Germain Mugemangango.

« Nous n’allons donc pas soutenir ces lignes directrices comme base d’un futur gouvernement qui serait le remake de l’Olivier. Nous n’allons également pas le soutenir de l’extérieur. Car cette dernière formule reviendrait en réalité à signer un chèque blanc puisque, si le PS ou Ecolo ne respectaient pas leurs engagements, le PTB n’aurait aucun moyen de les sanctionner étant donné que la Wallonie a des gouvernements de législature », explique Raoul Hedebouw. « Le fait que nous ne soutiendrons pas l’intronisation d’un gouvernement sur base du cadre qui est proposé n’exclut par contre évidemment pas notre soutien à certains décrets, au cas par cas, quand ils iront dans le bon sens », précise le porte-parole national du PTB.

Lire notre analyse de la note Coquelicot : les promesses d’aujourd’hui préparent les renoncements de demain


Pour le PTB il y a trois problèmes fondamentaux.

1. Pas de budget pour financer la politique et pas de rupture avec les carcans européens

Il y a une série de bonnes intentions et de revendications, mais aucune explication de la manière dont elles seront réalisées. Non seulement il n’y a aucuns chiffres au niveau budgétaire, mais il y aussi un refus de rompre avec les règles budgétaires européennes et le carcan fédéral. La seule chose que dit la note, c’est que le gouvernement wallon ira demander au niveau européen de changer les règles. Autant dire que rien ne changera. Et en attendant, la note est claire : « La réalisation des mesures sera programmée en fonction des moyens disponibles et des possibilités de réorientation budgétaire. ».

« Qu’espère-t-il ? Que, maintenant que Charles Michel est président du Conseil européen, il les aidera peut-être  à changer les règles ? Soyons sérieux ! réagit Germain Mugemangango. Comme lors des gouvernements wallons précédents et en particulier l’Olivier, le PS et Ecolo promettent beaucoup mais, vu qu’ils refusent de désobéir et de sortir des clous face à la pression des règles budgétaires, le prochain gouvernement devra faire lui aussi le contraire de ce qu’il a promis. Un exemple : l’Olivier avait promis 6 000 nouveaux logements sociaux, mais il a fini la législature avec 2 078 logements en moins en invoquant l’impossibilité budgétaire de faire autrement. » Un autre exemple : le prix des tickets de bus. Alors que le gouvernement Olivier promettait de garantir un coût modéré, il a augmenté les tarifs par trois fois au cours de la législature. Le ticket a ainsi augmenté de 45 %, passant de 1,30 euro à 1,90 euro.

2. Le maintien d’une politique économique fondamentalement libérale et au service des grandes entreprises

A part le changement de nom du Plan Marshall, il n’y a aucun changement en matière de politique économique. Les pôles de compétitivité sont maintenus. Et avec eux la politique qui consiste à subsidier le privé et les grandes multinationales, en comptant alors sur eux pour répondre aux besoins économiques, sociaux et écologiques.

Pire, la déclaration annonce fièrement dès les premières lignes de l’axe sur la politique industrielle que le Gouvernement « mettra en œuvre les recommandations du Conseil de l’industrie ». Or ce Conseil de l’industrie est composé des CEO des multinationales Google, Alstom, UCB ou GSK, et ses recommandations portent – dans la droite ligne des politiques néolibérales – sur la limitation du coût du travail, la garantie des règles de concurrence, la limitation de la fiscalité sur les entreprises et la limitation du droit de grève.

« Comme nous l’avions vu lors de nos discussions avec le PS, cette politique libérale menée depuis le Contrat d’avenir en 1994, puis, à partir de 2005, à travers les plans Marshall 1, Marshall 2.vert et Marshall 4.0, n’est pas remise en cause, déclare Germain Mugemangango. Elle est confirmée. Pourtant, elle est un échec. Non seulement le PIB de la Wallonie continue à baisser comparativement à celui de la Flandre, mais, surtout, la vie des Wallons continue à devenir de plus en plus dure. L’argent public, et notamment les 2,9 milliards que le gouvernement précédent avait prévus pour le Plan Marshall, devrait au contraire être utilisé pour des investissements publics, afin de répondre aux besoins de la population en matière de logement ou d’énergie, tout en créant de l’emploi de qualité. »

3. Des renoncements sur une série de points importants, notamment l’éthique, le logement et l’énergie

La crise du logement est un des défis les plus importants de la prochaine législature et la déclaration PS-Ecolo n’offre pas de perspective de résolution du problème. Il y a 40 000 familles qui ont besoin d’un logement social. C’est pour cela notamment que la FGTB wallonne réclamait dans son mémorandum la construction de 40 000 logements sociaux pour la prochaine législature. Le document transmis évoque la volonté d’arriver à 10 % de « logements à loyer modéré ».

Pourquoi ne parle-t-on pas clairement de logement social public ? La note du PS et d’Ecolo est bien en deçà des promesses (non tenues) avancées par l’Olivier. En 2009, la Déclaration de politique régionale avançait le chiffre de 6000 logements publics à construire – objectif qui n’a pas été respecté. Aujourd’hui, il n’y a même plus de chiffres concrets. Dans la DPR de 2009, on parlait encore de 10 % de logements publics – objectif qui n’a pas été respecté. Aujourd’hui, on ne parle même plus de logements publics mais de « logements à loyer modéré ».

Concernant la politique énergétique, la déclaration prévoit notamment que le gouvernement poursuivra « l’installation de panneaux solaires sur les toits et encouragera les opérateurs publics et les entreprises privées à réaliser des installations photovoltaïques de grande dimension.  ». A aucun moment il n’est prévu de remettre en cause la mainmise sur la production des géants de l’énergie Electrabel et Luminus. « Pour nous, une vraie transition environnementale qui est aussi sociale exige une planification écologique qui se détache du marché, or ce n’est pas du tout le cas ici », souligne Germain Mugemangango.

Le parti de gauche estime enfin que même les promesses éthiques ne tiennent pas la route. « Il y a évidemment des idées intéressantes dans la note, reconnaît Germain Mugemangango. Mais quelle crédibilité lui apporter lorsque, le jour même de l'annonce de l'accord PS-Ecolo, on apprend que Muriel Targnion (PS), bourgmestre de Verviers et présidente de Publifin, siégera comme "conseillère" dans la filiale Luminus de la multinationale française EDF pour la somme de 30 000 euros par an. Il n’y a pas meilleur exemple pour illustrer la distance entre la parole et les actes qui caractérise certains partis. »

En conclusion, le PTB estime que la déclaration PS-Ecolo confirme l’absence de volonté de rupture constatée lors des discussions avec le PS après le 26 mai. « Nous avons analysé cette note attentivement dans nos instances et en concertation avec notre groupe parlementaire. Notre conclusion est que la note présentée ne réunit pas les ingrédients nécessaires pour garantir une politique de rupture avec ce qui se fait depuis 25 ans, explique Raoul Hedebouw. Sans rupture avec l’austérité européenne, sans budget pour financer les initiatives proposées dans cette note, sans une réorientation de la politique économique pour assurer la création d’emploi et la relance dans la Région, sans des mesures claires et des objectifs chiffrés dans des matières comme celle du logement ou de l’énergie, il nous paraît évident que la politique que nous propose le duo PS-Ecolo n’est qu’un remake de ce qui s’est fait au cours de ces 25 dernières années en Région wallonne. Ce n’est pas pour ça que les gens ont voté. »
En réalité, le texte proposé par le PS et Ecolo ressemble à la Déclaration de politique régionale de l’Olivier PS-Ecolo-cdH qui a dirigé la Wallonie entre 2009 et 2014. Elle est taillée sur mesure pour convaincre le cdH de participer à un gouvernement. Or le bilan de l'Olivier est celui du renoncement et des promesses non tenues.