Photo : Karina Brys

Le pouvoir d'achat des Belges n'est pas au beau fixe et la facture des soins de santé pèse lourdement dans le portefeuille des ménages. Le PTB veut alléger cette facture.

Ce n'est seulement possible si nous brisons le tabou des honoraires excessifs d'une couche de médecins. Il n'est pas normal que dans notre pays, on entre malade dans un hôpital pour en sortir pauvre.

Il faudra par ailleurs diminuer l'influence de Big Pharma sur la politique de santé publique. Nos propositions pourraient assurer aux patients la gratuité de certains médicaments tout en faisant économiser des millions à notre assurance maladie.

L'interdiction des suppléments d'honoraires

Le PTB veut supprimer les suppléments d'honoraires et les salaires exorbitants des médecins spécialistes, et octroyer les moyens ainsi libérés aux soins et personnel infirmier.

Le secrétaire général de la Mutualité chrétienne, Jean Hermesse, dénonçait cette semaine que « la spirale des suppléments d’honoraire nous enfonce dans un système de santé à deux vitesses et est contraire au principe de solidarité de la sécurité sociale qui a pour but d’offrir un accès équitable aux soins de santé. Nous nous dirigeons vers une privatisation des soins à l’américaine. »

Le PTB partage ce constat et plaide pour la suppression pure et simple des suppléments d'honoraires. En 2017, les supplément d'honoraires représentaient 563 millions d'euros. Leur suppression apporterait donc une économie immédiate pour le patient et rendrait les assurances-hospitalisation coûteuses quasi superflues.

Par ailleurs, les mesures suivantes doivent être prises :

  • Nous mettons un terme aux honoraires trop élevés de spécialistes. Nous payons à tous les spécialistes un revenu fixe décent, comme cela se passe déjà dans les hôpitaux universitaires. Un revenu net moyen de 180 000 euros permettra d’économiser 700 millions d’euros.
  • Nous mettons un terme à la « prestatite ». Aujourd’hui, les médecins sont rémunérés à la prestation, ce qui stimule très fort la surconsommation. Nous le voyons au niveau des opérations du genou, des examens de l’estomac ou des CT-scans. Si le médecin perçoit une rémunération fixe, cette surconsommation disparaît. Les médecins peuvent alors se concentrer à nouveau sur ce qu’ils font le mieux : soigner le patient. Une telle réforme permet en outre d’économiser plus de 300 millions d’euros.

Avec le milliard d’euros d’économies provenant de ses 2 mesures il est possible d’engager 20 000 infirmiers(ères) hospitaliers(ères). La charge de travail des infirmières a en effet fortement augmenté ces dernières années et le manque d’effectifs est un problème sérieux dans beaucoup de services. En Belgique, un(e) infirmier(ère) s’occupe en moyenne de 11 patients alors que dans le reste de l’Europe, la moyenne est de 8,3. Le plan santé du PTB permet donc une diminution de leur charge de travail et une augmentation de l’attention apportée aux malades.

Sans argent chez le généraliste

Pour le PTB, la première ligne des soins de santé doit être gratuite.

D’ici 2025, nous voulons inscrire un million d’habitants du pays dans le système des maisons médicales au forfait. Nous stimulons les maisons médicales (comme celles de Médecine pour le Peuple entre autres) où les patients peuvent recevoir de l’aide et des soins gratuitement. Les maisons médicales offrent une meilleure accessibilité aux soins et regroupent différentes disciplines, ce qui simplifie la collaboration. Des études indiquent aussi que ces centres obtiennent de meilleurs résultats en matière de prévention et d’orientation vers un spécialiste.

Les autres 10,5 millions de Belges doivent eux aussi pouvoir se rendre chez leur médecin sans que cela pèse sur leurs finances. Nous instaurons un système de tiers payant généralisé pour tous les patients, par voie digitale. Dans la moitié des États membres de l’Union européenne, le patient se rend gratuitement chez son généraliste. Nous voulons que cela devienne aussi une réalité en Belgique.

Le modèle Kiwi et la transparence pour baisser le prix des médicaments.

Pour le PTB, il faut faire en sorte que les médicaments soient le meilleur marché pour les patients et la Sécurité sociale.

Deux mesures sont préconisées par le PTB à cette fin :

  1. Nous instaurons le modèle kiwi d’appels d’offres publics pour l’acquisition de médicaments, tel qu’appliqué en Nouvelle-Zélande, et réduisons ainsi de manière drastique les prix des médicaments.
  2. Nous exigeons la transparence dans les demandes de remboursement pour de nouveaux médicaments innovants. Si nécessaire, nous utilisons des licences contraignantes. Ce système permet aux pouvoirs publics d’obliger les grandes entreprises à baisser le prix des médicaments pour mettre fin au racket de notre sécurité sociale mené par les multinationales pharmaceutiques. Cette politique est à l'inverse des accords secrets avec l'industrie pharmaceutique que Maggie De Block met en œuvre actuellement.

Le PTB a d'ailleurs introduit des propositions de loi pour concrétiser ces deux mesures :

  1. Proposition de loi instaurant une politique des médicaments efficiente, efficace et accessible grâce à l’application du modèle kiwi.
  2. Proposition de loi modifiant le Code de droit économique en ce qui concerne le recours à des licences obligatoires pour les médicaments.

 


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  • Jean-Pierre Noterman
    a commenté 2019-03-25 16:47:45 +0100
    Si la gratuité pour le patient de la consultation chez son médecin généraliste permet de lever la barrière financière pour se faire consulter, il serait logique que les médicaments prescrits satisfassent aux mêmes conditions de gratuité et éviter ainsi que le prix des médicaments devienne une contrainte de l’accès au traitement.

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