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Une étincelle grandit dans toute l’Europe : « L’impérialisme européen n’est pas la solution »

Ce samedi 20 juin, Peter Mertens, secrétaire général du PTB, était présent au meeting de la coalition Stop The War à Londres. Voici son discours.

Lundi 22 juin 2026

Il y a quelque chose dans l’air, dans cette salle, et je suis heureux d’en faire partie ici à Londres.

L’étincelle qui flotte ici n’est pas seulement l’étincelle de Londres : c’est une étincelle internationaliste.

Laissez-moi vous raconter ce qui se passe en Belgique. En Belgique, chaque cabinet ministériel est placé sous l'austérité. Enseignement, soins de santé, transports publics : partout, on coupe dans les budgets.

Il y a une seule exception : un cabinet qui ne fait pas d’économies, mais qui reçoit plus d’argent que jamais, c’est celui du ministre de la Défense. Il pourra dépenser 34 milliards d’euros dans les prochaines années. C’est la fête au cabinet du ministre Theo Francken (N-VA).

Nous avons donc demandé au ministre : pouvons-nous voir votre liste de courses ? Vous avez 34 milliards à dépenser, montrez-nous ce que vous achetez. Nous avons reçu cette liste, et nous l’avons vérifiée. Ils ne commandent pas du matériel pour défendre la Belgique : ça ne figure pas sur la liste. Ils commandent des drones tueurs, des F-35, des frégates, toutes sortes de matériel pour intervenir au Congo, au Sahel.

Ils ne construisent pas une « défense » ou une « protection » de l’Europe. Ils construisent une nouvelle armée impérialiste avec notre argent. Et nous devons dire non : l’impérialisme européen n’est pas la réponse à l’impérialisme américain.

Nous sommes aujourd’hui témoins d’un double hold-up. Le premier hold-up, c’est le hold-up sur nos pensions, nos soins de santé, notre enseignement.

Un braquage qui a lieu en plein jour : des milliards d’euros passent de la sécurité sociale et des services publics vers la production d’armes.

Et non seulement c'est un braquage gigantesque, mais ça ne nous apporte pas non plus plus de sécurité. Pas du tout.

Et il y a un deuxième hold-up en cours : le braquage de nos idées et de notre espace démocratique.

Cette deuxième attaque se fait par le grand renversement. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ils veulent rendre normal tout ce qui ne l’est pas. Et tout ce qui est normal, ils veulent l’anormaliser et le criminaliser.

Au lieu d’arrêter le génocide contre Gaza et de mettre fin aux livraisons d’armes à Israël, ils poursuivent les activistes pour la Palestine. Au lieu de tout faire pour contrer l’hystérie guerrière en Europe, ils qualifient les activistes pour la paix de « cinquième colonne ». Au lieu de condamner la terreur d’extrême droite qui se déchaîne dans des pogroms à Dublin, au lieu de limiter les réseaux de haine d’Elon Musk, ils poursuivent les antifascistes.

Voilà le grand renversement. Et nous disons STOP, camarades.

Nous sommes ici pour remettre le monde sur ses pieds : il est normal d’exiger la fin du génocide à Gaza, il est normal de se lever contre le fascisme, il est normal de se battre pour l’emploi, il est normal de lutter contre la guerre, il est normal d’être ici et de revendiquer notre avenir.

Nous entrons dans une nouvelle époque : le début du déclin de l’impérialisme. Pas encore le déclin lui-même, seulement son commencement. 

Il n’y a pas encore de nouvel équilibre, et donc oui, c’est une période chaotique. Dans les périodes stables, les rapports de force semblent figés : les grands restent grands, les petits restent petits. Mais dans des périodes turbulentes comme celle que nous vivons aujourd’hui, tout peut basculer très vite. Ce qui semble intouchable peut fondre rapidement. Ce qui semble petit aujourd’hui peut grandir très vite.

Nous sommes cette étincelle. Nous sommes ce petit quelque chose qui grandira dans toute l’Europe — pour dire non à la guerre, et oui à la justice sociale.

Je veux conclure par un mot sur l’espoir. On parle beaucoup d’espoir. Mais l’espoir n’est pas un mot qui flotte quelque part dans l’air. L’espoir n’est pas une promesse pour l’avenir. L’espoir n’est pas un mot dans un livre. L’espoir est quelque chose que nous construisons activement.

L’espoir, c’est la mobilisation. L’espoir, c’est l’organisation. L’espoir, c’est la lutte.

Regardez autour de vous : il y a une étincelle ici, à Londres. Il y avait une étincelle la semaine dernière à Bruxelles, quand 12 000 personnes sont descendues dans la rue contre la guerre. Nous construisons quelque chose dans toute l’Europe. Nous pouvons être fiers de nous.

Nous ne sommes pas ici pour changer le capitalisme. Nous ne sommes pas ici pour changer l’impérialisme. Nous sommes ici pour tout changer — et pour construire le socialisme.