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Peter Mertens : « À Anvers, la N-VA utilise la matraque pour imposer la complicité avec le génocide, mais ça ne marchera pas »

Ce lundi 29 juin, des centaines de manifestants sont rassemblés à Anvers en solidarité avec la Palestine. Ils protestent contre la présence du drapeau d’Israël qui flotte sur l’hôtel de ville, à l’initiative de la majorité emmenée par la N-VA. Mais ce qui est une manifestation pacifique contre la complicité avec un génocide est réprimé d’une façon brutale par la police. Peter Mertens, secrétaire général du PTB et conseiller communal à Anvers, dénonce la dérive autoritaire.

Vendredi 3 juillet 2026

Depuis le 14 juillet 2025, des rassemblements ont lieu tous les lundis à Anvers en soutien au peuple Palestinien et pour protester contre la complicité de la Ville avec le génocide commis par Israël. Une complicité exprimée dans les termes de Bart De Wever lui-même quand, en 2023, il disait choisir pleinement le « côté de la lumière », à savoir Israël.

Le régime colonial israélien continue de violer le droit international et de se rendre coupable de génocide. On n'accroche pas le drapeau d'un tel État criminel à l’hôtel de ville

Peter Mertens

Secrétaire général

Début juin, le drapeau de l’État génocidaire a été accroché à l’hôtel de ville. Les réactions n’ont pas tardé : une pétition a immédiatement été lancée et des actions ont été menées pour le faire retirer. Nos conseillers communaux, y compris notre secrétaire général Peter Mertens, ont plusieurs fois interpellé la majorité N-VA - Vooruit à ce sujet.

« Le régime colonial israélien continue de violer le droit international et de se rendre coupable de génocide. On n'accroche pas le drapeau d'un tel État criminel à l’hôtel de ville » avait réagi Peter Mertens dans la presse.

Suite au refus de la majorité, ce lundi 29 juin, de très nombreuses personnes sont donc à nouveau venues manifester pacifiquement devant l’hôtel de ville d’Anvers pour exiger le retrait du drapeau.

Mais l’attitude de la police anversoise était beaucoup moins pacifique, comme en témoigne Peter Mertens :

« Des personnes ont été extraites de la manifestation avec des clés d’étranglement. Des femmes enceintes ont été frappées. Le président d’un parti d’opposition, Groen, a été arrêté. Des agents masqués, en t-shirts Metallica, sont intervenus pendant la manifestation pour extraire des personnes de la foule.

Bert Engelaar, président de la FGTB, m’a dit : “Je participe à des actions depuis vingt ans, et je n’ai jamais vu ça.”

Il ne s’agit pas seulement de ce drapeau du génocide. Il s’agit de beaucoup plus que cela. Les droits démocratiques sont sous pression à Anvers

Peter Mertens

Secrétaire général

Il ne s’agit donc pas seulement de ce drapeau du génocide. Il s’agit de beaucoup plus que cela. Les droits démocratiques sont sous pression à Anvers, ville que la N-VA veut transformer en une sorte de terrain d’expérimentation.

Et cela se voit surtout dans la police, où des sommes énormes sont investies. La plus grande tour de police d’Europe se trouve désormais à Anvers. Des logiciels espions israéliens sont achetés massivement, et la police anversoise est même devenue le fournisseur de ces logiciels espions israéliens dans toute la Flandre.

Il y a énormément d’agents qui font un travail fantastique, mais il y a aussi un noyau dur qui est mis en cause depuis longtemps pour plusieurs faits de violence et problèmes de racisme.

Anvers a donc un problème démocratique.

La N-VA s’est aussi engagée aujourd’hui dans une alliance avec le Vlaams Belang. Ce drapeau n’a pu rester accroché qu’avec le soutien du Vlaams Belang. Une motion demandant le retrait du drapeau était ce lundi 29 juin soumise au vote dans le conseil communal d’Anvers. Tous les partis se sont exprimés pour le retrait du drapeau, sauf la N-VA et le Vlaams Belang, qui forment ensemble une majorité au sein du conseil.

La N-VA et le Vlaams Belang ont donc veillé seuls et ensemble à ce que ce drapeau du génocide continue de flotter. Et c’est aussi un peu ce que la N-VA veut en pratique : une gestion dure, avec le Vlaams Belang.

Ça concerne tous les Anversois et Anversoises, toutes celles et ceux qui ont le droit de faire entendre leur voix

Peter Mertens

Secrétaire général

La grande question est aussi de savoir ce que Vooruit va faire. Car Vooruit vient à la rescousse de la N-VA depuis plusieurs années, et continue encore de l’aider. Même avec le génocide qui se poursuit. Même avec ce drapeau qui continue de flotter.

Vooruit doit dire : “C’est une ligne rouge. Nous voulons que ce drapeau disparaisse et nous voulons retrouver nos droits démocratiques.”

Car c’est de cela qu’il s’agit. Ça concerne tous les Anversois et Anversoises, toutes celles et ceux qui ont le droit de faire entendre leur voix, de se lever et de dire : nous voulons que ce drapeau disparaisse, et pouvoir faire un usage démocratique de cette ville.

Derrière toute cette démonstration de force, il y a en réalité une preuve de faiblesse

Peter Mertens

Secrétaire général

Parfois, toute cette répression que nous avons vue ce lundi peut donner une impression de force. On pourrait avoir peur de cette démonstration de force de la police, des autorités communales et de l’administration N-VA.

Mais derrière toute cette démonstration de force, il y a en réalité une preuve de faiblesse.

Ils ne sont même plus capables de gouverner Anvers de manière démocratique. Ils ont besoin de la matraque pour imposer les idées d’Israël et du génocide.

Mais ça ne marchera pas. Nous continuerons à nous battre pour nos droits et pour l’internationalisme. »