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Le Conseil des Ténèbres

Cette semaine, le « Conseil de guerre impérial » illégal de Donald Trump s’est réuni pour la première fois, sous le nom trompeur de  « Conseil de la Paix ». « L'existence de cette abomination n'est rendue possible que par la lâcheté de l’establishment », réagit Peter Mertens, secrétaire général du PTB.

Vendredi 20 février 2026

Donald Trump.

Ci-dessous, nous publions en exclusivité un extrait consacré à ce « Conseil des Ténèbres », tiré du nouveau livre de Peter Mertens, à paraître plus tard cette année.

Le Conseil des Ténèbres

L’attaque la plus grave contre l’ordre juridique international ne vient pas seulement de ceux qui violent les règles, mais de ceux qui veulent remplacer l’idée même d’un monde fondé sur des règles par une alternative impériale. Le « Conseil de la Paix » de Trump est une tentative de construire un ordre mondial parallèle, une structure qui ne corrige pas l’occupation et la violence, mais les légitime au service du pillage et de la domination.

Le Conseil de Trump veut intervenir dans toutes les régions touchées ou menacées par des conflits, sans aucune limitation territoriale. Il ne possède aucune structure démocratique ou intergouvernementale : tout le pouvoir est concentré entre les mains d’un seul homme, Donald Trump. C’est lui qui nomme les membres, approuve les résolutions, fixe la ligne et dispose d’un droit de veto. Il en est le président, sauf s’il décide lui-même de se retirer. Ce n’est pas une organisation internationale. C’est une machine de pouvoir privée à ambition mondiale.

Le prix d’un siège permanent dans ce Conseil ? Un milliard de dollars. Celui qui paie cash s’affranchit de la limite de mandat de trois ans. Qui paie reste ; qui ne paie pas est éjecté. Cette monstruosité, Trump l’a conçue comme la pièce maîtresse de son « plan de paix » pour Gaza. En pratique, elle sert surtout à effacer toute responsabilité et à balayer le génocide sous le tapis. Car qui siégerait autour de la table ? Un étalage honteux composé des architectes politiques de la guerre et de l'impunité, des hommes qui ont contribué à mettre le feu au monde avant de vendre la « paix » comme un produit marketing. Benjamin Netanyahou, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité ; Tony Blair, architecte des mensonges sur l’Irak ; Jared Kushner, gendre de Trump, qui veut se payer la côte de Gaza comme investissement immobilier alors que les corps ne sont pas encore sortis des décombres… Le cynisme est total : des auteurs et leurs complices viennent expliquer à leurs victimes ce qu’est « l’ordre ». Un renversement qui donnerait la nausée à Orwell lui-même.

Comment Trump parvient-il à convaincre des dirigeants mondiaux d’entrer dans cet organe illégal ? Par le chantage. Ceux qui achètent un siège au Conseil obtiennent l’accès à des technologies vitales et à une protection militaire. Des chefs de gouvernement s'entendent dire que l'accès crucial aux centres de données américains ou à des systèmes de missiles avancés dépend de leur participation. C’est du gangsterisme géopolitique : « Soit vous participez, soit on ferme les vannes. » L’économiste américain Jeffrey D. Sachs est cinglant : « Si George Orwell l'avait inventé, on s'extasierait devant une telle satire. Dans une bande dessinée Marvel, ce serait le scénario d’un super-vilain voulant diriger le monde. Mais ce n’est pas de la fiction : c’est la triste et pathétique réalité d’un ordre mondial qui glisse vers un pur gangsterisme. »

Cette abomination ne peut voir le jour qu'à cause de la lâcheté des autres membres du Conseil de sécurité qui l'ont l'approuvée. Leur soumission servile a libéré une force qui menace la paix mondiale à grands coups de résolutions dépourvues de toute légitimité. On condamne, mais on laisse faire. Et ainsi, ce qui est illégal devient, pas à pas, un fait accompli.

La seule issue à l’impasse est celle de la résistance. Au fond, l'enjeu est simple : quiconque participe à un mécanisme illégal qui perpétue des crimes graves en devient complice. Et quiconque se tait lorsque l'emprise coloniale se pare d'un masque de paix contribue à enterrer le droit qui, après 1945, devait précisément nous protéger contre le retour de la loi de la jungle.