Europe : le gouvernement impose 27 milliards de coupes budgétaires à la Belgique

Sous la houlette de la présidence belge, un accord européen a été trouvé sur les nouvelles règles budgétaires. Cʼest un nouveau carcan antidémocratique qui obligera la Belgique a des coupes draconiennes : « C’est un carcan budgétaire qui pousse à la destruction de nos services publics et nos droits sociaux. Ce texte est même pire que ce que proposait la Commission européenne », réagit Marc Botenga, député européen du PTB.

Lundi 12 février 2024

Siège de la Commission européenne.

Pour la Belgique, il s’agira d’économiser au moins 27 milliards d’euro sur les 7 ans à venir. « Ces nouvelles règles cadenasseront toute politique sociale et économique pour les années à venir », dénonce Marc Botenga. « Adopter ces règles revient à priver les gens de toute alternative à la politique néolibérale, avant même les élections. » Les règles seront plus strictes qu’avant. L’accord engage non seulement les gouvernements fédéral et régionaux à travailler à une réduction de la dette publique à 60 % et du déficit budgétaire à 3 % du PIB, mais imposera une trajectoire vers un déficit structurel de 1,5%. C’est plus strict que les critères de Maastricht, dont l’application avait étouffé les économies portugaises et grecques.

«  Ces règles posent une bombe sous nos dépenses sociales. Une bombe sous les investissements publics dont nous avons tant besoin aujourd’hui. »

Marc Botenga

Député européen du PTB

Les experts parlent d’une véritable « bombe nucléaire » sur le budget belge. Marc Botenga confirme : « Ces règles posent une bombe sous nos dépenses sociales. Une bombe sous les investissements publics dont nous avons tant besoin aujourd’hui. » Le député européen craint un « bain de sang social » et rappelle qu’en 2023, la Commission avait déjà utilisé ce mécanisme pour attaquer l’indexation automatique des salaires. 

Comment la Vivaldi a-t-elle pu négocier cela, se demande à juste titre le professeur de finances publiques Herman Mathijs (Université de Gand) dans Het Nieuwsblad. Officiellement, le PS et Ecolo, tout comme les socialistes et verts néerlandophones, se disent opposés à ce retour de l’austérité. Ils représentent quatre des sept partis du gouvernement. Au Parlement européen, Marc Botenga avait donc exigé que le gouvernement belge sabote les négociations sur les règles budgétaires en refusant de les mettre à l’agenda. Mais en coulisses, c’est bien le gouvernement belge qui a négocié l’accord avec le plein soutien des socialistes et des verts. Quel cynisme.

« Les pays de l’Union européenne dépensent déjà beaucoup plus que des pays tels la Russie ou l’Inde en dépenses militaires. Utilisons cet argent ailleurs. »

Marc Botenga

Député européen du PTB

Les règles étaient censées être davantage flexibles afin de permettre des investissements. Mais cette flexibilité est extrêmement limitée. « Ils parlent de flexibilité, mais tout devra être négocié à l’intérieur du carcan. En échange d’un peu de répit, les États seront poussés à des réformes structurelles antisociales. » Comme toute flexibilité devra être négociée avec la Commission européenne, cette disposition bénéficiera avant tout aux États plus grands comme la France, qui pèsent davantage face à la Commission européenne.

Nous nous opposons aussi aux dérogations pour les investissements militaires. « Nous allons donc entraver les investissements dans toute une série de domaines essentiels, mais les grandes multinationales militaires continueront à profiter de l’argent public », continue le député européen. « Cʼest incroyable : les pays de l’Union européenne dépensent, ensemble, déjà beaucoup plus que des pays tels la Russie ou l’Inde en dépenses militaires. Utilisons cet argent ailleurs. »

Le Parlement européen doit encore approuver les nouvelles règles. Le gouvernement belge doit voter contre ces nouvelles règles. Nous nous y opposerons au Parlement européen. Et, en plus, une grande mobilisation européenne est importante : « Les syndicats européens ont donné l’exemple en décembre dernier à Bruxelles. Si nous ne voulons pas que ces nouvelles règles s’appliquent, il faudra se mobiliser à travers l’Europe. »

Porte-parole