Des surpensions illégales allant jusqu’à 16 500 euros : certains politiciens continuent le cumul d’une pension européenne et belge au-delà du plafond légal
Des politiciens belges qui ont fait une carrière européenne refusent de déclarer la pension qui y est associée. Par conséquent, le plafond Wijninckx ne peut pas être appliqué correctement. Les politiciens concernés empochent ainsi jusqu'à plusieurs milliers d'euros de pension au-delà du maximum légal. Nous exigeons que les politiciens déclarent toutes les informations relatives à leur pension, afin que celle-ci soit plafonnée correctement.
« Certaines pensions politiques s’élèvent à 16 500 euros par mois, alors que la pension moyenne d’un travailleur est de 1 667 euros, déclare Sofie Merckx, notre cheffe de groupe à la Chambre. Il s'agit d'une différence d'un facteur dix. Ce sont ces mêmes partis qui veulent imposer un malus pension qui pourrait faire perdre un quart de leur pension aux personnes qui ne peuvent pas travailler jusqu’à 67 ans. Cette différence est injustifiable. Il est temps de mettre fin à cette culture politique où l'on n’applique pas à soi ce qu’on demande à la population, et de faire en sorte que tous les travailleurs bénéficient d’une pension décente. »
Pendant leur mandat au Parlement européen, ils touchent déjà des salaires exorbitants. Et après, ils essaient encore de s’en mettre plein les poches. Quand on touche une telle somme, on est totalement déconnecté de la réalité des gens.
Cheffe de groupe PTB à la Chambre
En 2023, nous avons découvert que les politiciens pouvaient empocher des pensions allant jusqu'à 120 % du plafond Wijninckx. À l'époque, ce montant s'élevait à 9 375 euros. Sous notre pression et celle de l'opinion publique, ces privilèges de pension illégaux ont été supprimés.
Mais une autre exception subsistait : les pensions étrangères et supranationales n’étaient pas prises en compte dans le calcul du plafond et pouvaient donc être cumulées avec les pensions nationales sans limitation, bien au-delà de la pension maximale. La loi-programme de l'année dernière et le nouveau régime de pension des députés devaient rectifier le tir. Il apparaît toutefois aujourd’hui que les politiciens se cachent derrière des règles européennes pour essayer de contourner la législation belge.
« Encore une fois, des politiciens votent des lois pour la population, mais ne semblent pas se sentir concernés, poursuit Sofie Merckx. Pendant leur mandat au Parlement européen (11 255 euros bruts par mois) ou à la Commission européenne (25 910 euros bruts par mois), ils touchent déjà des salaires exorbitants. Et après, ils essaient encore de s’en mettre plein les poches. Même une pension de 8 300 euros, le plafond qui s'applique à tous, n’est pas suffisant pour les politiciens. Quand on touche une telle somme, on est totalement déconnecté de la réalité des gens. »
Il faut mettre un terme aux surpensions illégales : tout le monde doit être égal devant la loi.
Cheffe de groupe PTB à la Chambre
Les politiciens suivants touchent encore une surpension illégale :
- Louis Michel (MR) : 16 575,55 euros
- Philippe Busquin (PS) : 14 605,88 euros
- Didier Reynders (MR) : 12 636,21 euros
Nous demandons que toutes les pensions supranationales soient déclarées. « Appliquons la législation belge en matière de pension et plafonnons les pensions des politiciens correctement, conclut Sofie Merckx. Il faut mettre un terme aux surpensions illégales : tout le monde doit être égal devant la loi. »