Des milliers de travailleurs privés de la protection prévue par la loi pendant la canicule
« Durant la canicule de juin, qui a coûté la vie à 1 747 personnes en Belgique, le Code du bien-être au travail n'a pas été appliqué car son application est trop complexe », dénonce notre député Nabil Boukili. La Belgique dispose d'une réglementation qui fixe des mesures de rafraîchissement à prendre pour garantir le bien-être au travail en cas de dépassement de certains seuils. Le problème : le thermomètre spécial permettant de mesurer ces seuils était absent de la plupart des lieux de travail, et les mesures n'ont donc souvent pas été prises.
Des travailleurs exposés à la chaleur connaissent une augmentation des accidents de travail, des malaises, de la déshydratation, des maladies cardiovasculaires ou rénales, ainsi qu'une baisse de concentration favorisant les erreurs et les blessures. C’est pourquoi la Belgique dispose d'une réglementation concernant les ambiances thermiques, intégrée au Code du bien-être au travail.
Si on avait respecté la loi, tous les Belges qui travaillent debout dans un bâtiment non refroidi ou qui sont actifs à l'extérieur auraient dû bénéficier d'une adaptation de leur temps de travail
Député à la Chambre
« Notre analyse des données de l'Institut Royal Météorologique (IRM) montre que les seuils fixés pour les mesures liées à la chaleur dans le Code du bien-être au travail ont été atteints dans tout le pays lors de la canicule, explique Nabil Boukili. Et pourtant, les mesures n'ont pas été systématiquement prises dans les entreprises. Cela s'explique par le fait que les seuils sont mesurés à l'aide d'un thermomètre WBGT1, qui tient compte de plusieurs paramètres en plus de la température. Les employeurs ne sont pas tenus de mesurer la température en permanence et l'essentiel des lieux de travail ne sont même pas équipés de ces thermomètres, car ils coûtent plusieurs centaines d'euros. »
« Si on avait respecté la loi, tous les Belges qui travaillent debout dans un bâtiment non refroidi ou qui sont actifs à l'extérieur auraient dû bénéficier d'une adaptation de leur temps de travail avec des pauses supplémentaires jusqu'à 30 minutes par heure entre le mardi 22 juin et le samedi 26 juin 2026, poursuit notre député. Mais des travailleurs d'entreprises de tout le pays nous rapportent que ces mesures n'ont pratiquement été prises nulle part. »
Si l'IRM calcule que les seuils sont dépassés, les entreprises devraient être obligées de prendre les mesures prévues par le Code du bien-être au travail. C'est à l'employeur de démontrer que les conditions sont suffisamment bonnes pour y déroger.
Député à la Chambre
C'est pourquoi nous proposons de remplacer la réglementation actuelle, qui individualise la mesure des températures dans chaque entreprise et les réponses à y apporter, par des règles collectives.
« Si l'IRM calcule que les seuils WBGT sont dépassés, les entreprises devraient être obligées de prendre les mesures prévues par le Code du bien-être au travail, conclut Nabil Boukili. C'est à l'employeur de démontrer que les conditions sont suffisamment bonnes pour y déroger. Nous voulons nous inspirer des meilleures pratiques européennes et les mettre en place avec les organisations syndicales. »
1 Un compteur de stress thermique WBGT (ou Température au thermomètre-globe mouillé) est un appareil servant à mesurer l'indice WBGT, qui est une mesure du niveau de stress thermique dans l'environnement. Il tient compte de plusieurs paramètres : la température de l'air ; l'humidité ; le rayonnement solaire ; la circulation de l'air.