15,8 milliards sont volés de nos salaires pour aller dans les poches des actionnaires
Sur la richesse produite chaque jour en Belgique, une part de plus en plus faible revient à celles et ceux qui la créent et une part toujours plus grande est captée par la rémunération du « capital ». Par rapport à il y a dix ans, cela représente plus de 15 milliards d’euros par an. C’est ce que montre une nouvelle étude du Service d’études du PTB.
« Le gouvernement Arizona dit que le travail doit être mieux récompensé, mais en réalité il poursuit la même politique qui appauvrit la classe travailleuse, déclare notre président Raoul Hedebouw. Cette étude montre qu’il y a de la marge pour augmenter les salaires et financer la sécurité sociale. »
Au lieu de mettre fin à cette redistribution organisée du travail vers le capital, le gouvernement l’aggrave avec un blocage de l’index
Président du PTB
En 2014, pour 100 euros de valeur ajoutée créée, 63,96 euros allaient à la classe travailleuse (salaires bruts + cotisations à la sécurité sociale). En 2024, la classe travailleuse n’en reçoit plus que 59,39 euros, soit une perte de 4,57 euros. Autrement dit, leur part du « gâteau » a diminué, alors que la richesse totale produite a continué d’augmenter.
Si aujourd’hui les salaires gardaient la même part de cette richesse qu’en 2014, 4,57 % de valeur ajoutée supplémentaire seraient disponibles pour augmenter les salaires et refinancer la sécurité sociale. Appliqué à la valeur ajoutée actuelle de l’ensemble des entreprises non financières, cela représente une différence de 15,8 milliards d’euros. C’est la perte annuelle de revenus pour la classe travailleuse en 2024 par rapport à 2014. Ce que les salaires ont perdu en part de richesse, les profits l’ont gagné.
Conner Rousseau tente de masquer le vol d'index en lançant une proposition de “prime de pouvoir d’achat”. Nous n’avons pas besoin de primes “one shot”, mais d’augmentations salariales structurelles. Les travailleurs et travailleuses méritent leur juste part du gâteau.
Président du PTB
Ce n’est pas non plus une bonne nouvelle pour l’économie. Une baisse structurelle de la part des salaires peut mettre la consommation sous pression. Dans une économie où la part des salaires recule, les déséquilibres entre consommation, investissements et production augmentent — ce qui est souvent annonciateur de crise.
Raoul Hedebouw conclut : « Chaque année, plus de 15 milliards d’euros passent des salaires aux profits. Au lieu de mettre fin à cette redistribution organisée du travail vers le capital, le gouvernement l’aggrave avec un blocage de l’index. Conner Rousseau (Vooruit, les socialistes flamands) tente aujourd’hui de masquer ce blocage de l’index en lançant des ballons d’essai comme une “prime de pouvoir d’achat”. Mais pour vraiment récompenser le travail, comme ils l’avaient promis, nous n’avons pas besoin de primes “one shot”, mais d’augmentations salariales structurelles. Les travailleurs et travailleuses méritent leur juste part du gâteau. »