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[Étude] 407 millions d’euros d’économies pour la sécu et les patients grâce au modèle kiwi du PTB

« Alors que le budget médicaments est une charge difficile à porter pour au moins un tiers des ménages, Big Pharma s’en met plein les poches, dénonce Sofie Merckx, députée fédérale PTB et médecin généraliste chez Médecine pour le Peuple. Actuellement, certains médicaments coûtent extrêmement cher, sans que ce prix ne reflète la qualité réelle des produits. En appliquant notre modèle kiwi aux seuls 25 médicaments les plus chers pour la sécu, on économiserait 407 millions d’euros. Et ce, tout en améliorant la qualité des médicaments. »

Jeudi 12 décembre 2019

Comme chaque année, l’Inami vient de publier son top 25 des médicaments remboursés au cours de l’année précédente. Pour 2018, la facture pour l’assurance-maladie s’élève à 940,6 millions d’euros. Le service d’études du PTB a analysé les chiffres de ce top 25 à travers le prisme du modèle kiwi et en a conclu qu’appliquer ce modèle à ces seuls 25 médicaments rapporterait 407,1 millions d’euros à la sécurité sociale et au patient.

Le principe du modèle kiwi, que le parti de gauche préconise depuis des années, est très simple : il s’agit de sélectionner, sur base d'études scientifiques, les médicaments qui se prêteraient le mieux à faire l’objet d'un appel d'offres public, dans le but d’en réduire le prix autant que possible. L'entreprise qui propose le meilleur médicament pour une catégorie donnée au meilleur prix voit ce médicament remboursé par la sécurité sociale.

Du point de vue de la sécurité sociale, l'application du modèle kiwi à ces trois groupes de médicaments générerait un total de 327,4 millions d'euros, qui pourraient être consacrés directement à d'autres besoins. « Et il y a urgence, explique Sofie Merckx. Le Comité de monitoring a récemment calculé qu’en maintenant la politique actuelle, le coût du remboursement des médicaments grimperait de 30 % au cours des années à venir, c’est bien plus que n’importe quel autre poste de dépense. Cela exerce une pression considérable sur l’ensemble de notre sécurité sociale, dont les autres secteurs se serrent déjà la ceinture depuis des années. »

L’application du modèle kiwi signifie aussi une fameuse augmentation du pouvoir d’achat pour les patients. « Grâce au modèle kiwi, nous supprimons la quote-part des patients pour les trois groupes de médicaments cités, ce qui représente au total une augmentation du pouvoir d'achat de 79,7 millions d'euros, poursuit Sofie Merckx. Sans que cela coûte un centime à l'Inami. Il y a là une réelle urgence sociale. En effet, selon une étude réalisée par Médecins du Monde, la facture des médicaments pèse trop lourd sur le budget d’au moins un tiers des ménages. »

La députée PTB le rappelle : depuis quelques semaines, voire quelques mois, l’opinion publique se montre de plus en plus critique par rapport au prix des médicaments. Et à juste titre. « Le modèle kiwi offre une alternative concrète et représente un changement majeur par rapport à la politique actuelle, défend Sofie Merckx. Aujourd'hui, c'est l'industrie pharmaceutique qui contrôle les tendances de prescription, la politique de remboursement et les prix des médicaments, dans le seul et unique but de gonfler autant que possible ses bénéfices. Le modèle kiwi va totalement à l’encontre de cette logique et se base avant tout sur les besoins du patient. Il débouche ainsi sur une politique pharmaceutique fondée sur les besoins, efficace et accessible. Ce modèle est facile à mettre en œuvre et rapporte beaucoup d’argent, tant au patient qu’à la sécurité sociale. C’est une question de choix politique. »

La Chambre des représentants examinera ce jeudi 12 décembre le projet de loi du PTB pour l'introduction du modèle kiwi. Afin de renforcer ses revendications, le parti de gauche, en collaboration avec Médecine pour le Peuple, organise le même jour une action de sensibilisation et de protestation devant le cabinet de la ministre de la Santé, Maggie De Block. « Depuis des années, elle s’évertue à éviter le modèle kiwi, tout en déroulant le tapis rouge aux grandes entreprises pharmaceutiques qui sont présentes jusqu’au sein même de son cabinet. Cela ne peut plus durer. Il est plus que temps que les politiques se basent sur les gens et non plus sur comment obtenir un maximum de profit », conclut Sofie Merckx.

Téléchargez l'étude complète.

Baissons les prix des médicaments, signez la pétition

Explications

Une politique kiwi intelligente permettrait de diminuer considérablement le prix de 16 médicaments de ce top 25 :

• Dans le top 25, on retrouve 7 médicaments dont la licence a expiré aujourd'hui, tels que le Pantoprazole et l’Oméprazole, utilisés dans le traitement de l'acidité gastrique. Si l’on se base sur les prix de ces médicaments aux Pays-Bas, où le modèle kiwi est déjà appliqué aux médicaments hors brevet, l’application du modèle kiwi représenterait un revenu de 142,2 millions d’euros.

• Le modèle kiwi peut aussi être appliqué aux 4 anticoagulants coûteux du top 25 qui sont encore sous licence, mais pour lesquels il existe des alternatives moins chères et tout aussi efficaces. Il faut savoir que le remboursement de ces 4 médicaments est encore et toujours régi à l’heure actuelle par des accords secrets basés sur les « conventions article 81 », sans que cela ne se justifie d’aucune manière. Le modèle kiwi va totalement à l’encontre de cette tendance puisqu’il offre une garantie de transparence et exerce une pression sur les prix. Une analyse scientifique des besoins amènerait certains patients à opter pour une alternative moins coûteuse (les antagonistes de la vitamine K). Il arrive que ces « nouveaux anticoagulants oraux » (NACO), plus chers, soient indispensables à un traitement, mais, même dans ce cas, un appel d'offres public permettra d’en diminuer le prix. Et de rapporter ainsi 118,2 millions d’euros à la sécurité sociale et au patient.

• Enfin, pour les 5 médicaments du top 25 utilisés dans le traitement des maladies auto-immunes chroniques et encore actuellement sous licence, une politique kiwi au niveau de la classe thérapeutique rapporterait 146,6 millions d'euros.