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La journée de grève nationale du 29 mars se prépare. De plus en plus de délégations et de secteurs annoncent des grèves et des piquets. La pression sur les patrons augmente. Sur le gouvernement aussi, puisqu'il s’obstine à vouloir maintenir le blocage de la hausse des salaires à 0,4 %. La Vivaldi essaie de s’en tirer en amadouant les syndicats avec une prime unique.

Les organisations syndicales et patronales ont reçu un courrier officiel des ministres Dermagne (PS) et De Croo (Open Vld). Ceux-ci s'accrochent au plafond salarial de 0,4 %. C’est incompréhensible, dans la mesure où, pendant ce temps, les dividendes explosent dans la poche des actionnaires. Les ministres tentent d'amadouer les syndicats en leur proposant un compromis. Si tous les partenaires sociaux sont d'accord, y compris les patrons, le gouvernement propose de faire une exception à ce plafond salarial « pour un nombre limité d'entreprises qui ont obtenu de très bons résultats pendant la crise du coronavirus ». En quoi consiste cette « exception » ? En une prime unique.

Un one shot n'est pas une solution

Une compensation unique pour tout remerciement ? Quel manque de respect. Les travailleurs méritent une augmentation structurelle pour le travail acharné qu'ils fournissent au quotidien. Parce qu'ils ont continué à faire tourner le pays pendant la crise du coronavirus. Mais aussi parce qu'ils produisent de plus en plus de richesses depuis des années. La productivité augmente. Mais les salaires ne suivent pas. La solution passe par une hausse structurelle des salaires. 

La prime unique que le gouvernement propose ne répond pas aux revendications des syndicats qui réclament une hausse des salaires sur la durée. Une prime unique, cela signifie qu’il faut chaque année repartir de zéro pour obtenir quelque chose. Ce n’est pas un acquis pour les travailleurs. Tant que le plafond salarial ne sera pas aboli, ils continueront à stagner.

Extralégal = extradésavantageux

Il existe déjà une prime temporaire : les « Plans Bonus », également connus sous le nom « d'avantages non récurrents liés aux résultats », ou « CCT90 ». Ces primes ne sont pas considérées comme des salaires. Elles n'entrent donc pas en compte dans le calcul de votre pension, de vos indemnités en cas de maladie ou de vos allocations de chômage. Pour tous ces revenus, dont vous aurez besoin tôt ou tard, seul votre salaire fixe est pris en compte. Un simple bonus et pas de hausse salariale structurelle ? Perdu : le bonus ne comptera pas dans le calcul.

La sécurité sociale est une cathédrale bâtie sur des augmentations de salaire

À première vue, une prime nette, exonérée d'impôt, c'est tentant. Mais les apparences peuvent être trompeuses... Parce que notre système de sécurité sociale perd des millions d'euros à cause de cela. Et il faudra les trouver ailleurs. Comme le gouvernement refuse d’instaurer une taxe des millionnaires, les augmentations d'impôts touchent systématiquement Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Combler le trou de la sécurité sociale ne peut se faire qu’en assurant davantage de revenus et en élargissant la base de cotisation. Et avant tout la base salariale. Contrairement aux primes, des salaires plus élevés renforcent durablement la sécurité sociale.

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