Photo Belga.

Le 6 décembre, les ouvriers d'AB InBev ont remporté une victoire retentissante. La direction s'est pliée aux revendications pour la sécurité d'emploi, acquise jusque fin 2024. Le règlement vaut pour tous les travailleurs, ouvriers et employés.

Wout Lootens et Mario Franssen

Cette victoire n'aurait évidemment jamais été possible sans la lutte qui a été menée. La direction avait en effet refusé toute discussion sur une nouvelle amélioration du règlement. Les négociations bisannuelles sur la CCT (convention collective de travail) étaient dans une impasse totale. C'est pourquoi les travailleurs ont décidé de bloquer le site et d'empêcher les camions d'entrer ou de sortir. Tout le monde pouvait néanmoins accéder à son poste de travail.
Après une journée de grève et deux jours de
blocage, la direction a intenté une action en justice et des astreintes ont été imposées pour mettre fin aux actions. Suite à quoi, à Louvain, 90% de l'équipe de nuit et 80% de l'équipe du matin ont refusé de reprendre le travail. Face à l'unité et à la détermination des travailleurs, AB InBev a finalement dû plier.

L'arrogance d'AB InBev

Les ouvriers avaient de très bonnes raisons de passer à l'action. Leurs revendications portaient surtout sur la sécurité d'emploi et sur le paiement correct des salaires. Des problèmes se posaient depuis longtemps, notamment pour les travailleurs qui ont des horaires flexibles. Ceux qui travaillent les week-ends ou font des heures supplémentaires ne percevaient pas leur salaire entier. Il y manquait parfois jusqu'à 200 euros. Et cela, dans une entreprise qui a engrangé un bénéfice de 2,67 milliards d'euros l'an dernier en Belgique. La direction, elle, bénéficie de primes plantureuses. L'actionnaire principal, Alexandre Van Damme, a 17,3 milliards d'euros sur son compte en banque. Pour gagner autant, un travailleur moyen devrait travailler 700 000 ans.
La revendication de sécurité d'emploi est désormais obtenue. Les ouvriers et lees employés auront droit à des indemnités de 36 mois de salaire en cas de licenciement non justifié.

Soutien du PTB

Dès le début, le PTB a soutenu les actions. L'ex-ouvrier de Ford Genk et député fédéral PTB, Gaby Colebunders, est ainsi intervenu au Parlement pour dénoncer l'arrogance de la direction. Line De Witte, conseillère communale PTB à Louvain, a écrit une lettre ouverte au bourgmestre Mohamed Ridouani (sp.a). Elle lui demandait pourquoi la commune avait envoyé ses agents avec l'huissier pour faire lever le blocage. En impliquant la commune, le bourgmestre a soutenu activement la direction de l'entreprise qui voulait mettre un terme aux actions. Tobback, le bourgmestre précédent, avait à plusieurs reprises refusé de le faire.
Le PTB veut que la sécurité d'emploi et le paiement correct des salaires soient une évidence. En 2010, le parti avait d'ailleurs commencé à élaborer la proposition de loi InBev, après de longues actions. La proposition de loi avait été rédigée avec des délégations d'AB InBev et de Caterpillar puis déposée le 27 février 2017. C'est un texte très clair qui veut empêcher les entreprises en bénéfice d'effectuer des licenciements collectifs. En cas de non-respect, le texte prévoit des sanctions allant des amendes aux peines de prison. C'est la seule manière d'assurer une véritable sécurité d'emploi.


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