Photo : Belga

Les négociations sur le rachat de VOO ont bien repris entre Nethys et le fonds Providence Equity, comme l’avait dénoncé le PTB la semaine dernière. « En commission, le ministre des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), se voulait rassurant en évoquant des contacts entre le CA de Nethys et Providence uniquement dans le but de démêler l’imbroglio juridique actuel. Or ce n’est pas ce qui est en train de se passer. Le CA de Nethys est tout simplement en train de poursuivre la vente pourtant annulée par le ministre des Pouvoirs locaux à grand renfort de communication médiatique le 6 octobre dernier. À quel jeu joue-t-on ? », réagit Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon. 

Le PTB a déjà dit son opposition à une éventuelle privatisation du câblo-opérateur : « VOO est une entreprise efficace et rentable », poursuit l’élu de gauche. « Elle emploie plus de 1 000 travailleurs et connecte des centaines de milliers d’usagers en Wallonie. Son plan stratégique indique bien, et c’est confirmé par plusieurs experts, qu’elle arrive justement au moment où elle devient bénéficiaire. C’est le fruit des investissements d’avenir consentis ces dernières années par les actionnaires publics. Il est très important, du point de vue social et démocratique, de garder ces autoroutes de l’information bien éloignées de l’intérêt mercantile de quelques multinationales privées. »

« Nous sommes opposés à toute vente de VOO, martèle ainsi le député wallon. Mais en plus, l’option en cours représente le pire des scénarios possibles pour les citoyens et les travailleurs du secteur. Providence est un fonds financier d’investissement connu pour acheter des entreprises à prix bradé, puis s’attaquer au personnel et aux coûts pour les revendre ensuite plus cher. Les conséquences de cette vente seraient désastreuses pour les travailleurs et les usagers. La vente d’Eircom (société d'État irlandaise de télécommunications) à Providence est ainsi qualifiée par les syndicats comme la plus grosse erreur économique faite par un gouvernement irlandais avant la crise de 2008. »

« Avec cette nouvelle annonce, on comprend mieux le rôle qu’a le nouveau comité d’actionnaires Enodia-Nethys, approuvé par le ministre Dermagne », poursuit Germain Mugemangango. « Cet organe a été mis en place sans l’approbation de l’ensemble des membres du CA d’Enodia et en excluant soigneusement le représentant du PTB dans le CA d’Enodia, Damien Robert, des discussions. Seuls le PS, le MR et Ecolo y sont représentés. Il a été mis en place pour faciliter la discussion à propos des orientations stratégiques qui vont tracer l’avenir de ses composantes. En clair, dans le but d’organiser la privatisation de ceux-ci. Là aussi le ministre ne dévoile pas clairement l'objectif de ce comité. Comment expliquer autrement que le CA de Nethys communique ainsi sa volonté de mettre en place la décision qui a précisément été cassée par le ministre début octobre ? »

Les demandes du PTB sont claires : « Ce comité d’actionnaires doit être dissout. Ou son existence doit être strictement conditionnée à la présence d' une représentation de l’opposition démocratiquement élue. Le deal avec Providence doit effectivement être abandonné et le ministre Pierre-Yves Dermagne (PS) doit faire respecter la décision qu’il a lui-même prise début octobre. Pour nous c’est évident : VOO doit rester dans les mains de la collectivité. »


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