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Des eurodéputés peuvent consulter cette semaine trois nouveaux contrats conclus par la Commission européenne avec les grosses entreprises pharmaceutiques Pfizer, Moderna et Novavax. Mais cette consultation se fait sous haute surveillance. Marc Botenga, député européen du PTB, avait été parmi les premiers à consulter les contrats initiaux et en avait dénoncé certains passages-clé. Cette fois, il s’est vu purement et simplement refuser l’accès aux nouveaux contrats. Un collaborateur du PTB a en revanche réussi à obtenir un rendez-vous pour consulter les contrats aujourd’hui.

Seuls sept collaborateur sont dans ce cas. « Trente minutes pour des textes juridiques compliqués de plusieurs dizaines de pages, il s’agit clairement d’une fausse transparence », dénonce Marc Botenga. « C’est même un net recul : lors de la consultation des premiers contrats, accessibles progressivement à tous les députés, ceux-ci disposaient encore de 45 minutes. Cette fois l’accès est limité à 24 députés sur 705 qui n’auront que 30 minutes à disposition. Si cela continue, une poignée d’élus n’auront quelques minutes pour parcourir le titre et les intertitres, rien de plus... » 

Les conditions d’accès aux contrats sont très restrictives : les eurodéputés doivent se rendre dans des locaux sécurisés du Parlement où ils sont soumis à la confidentialité, et n’ont ni le droit de prendre des photos, ni de se faire assister par des attachés ou des experts juridiques. En plus, lors de la consultations de contrats précédents, les informations sensibles – le prix, par exemple – avaient été biffées en noir.

Selon Marc Botenga, cela ne se justifie pas : « La transparence devrait permettre d’organiser un contrôle démocratique sur ces contrats, pas à museler le débat. Permettre la consultation uniquement à quelques eurodéputés, sous haute surveillance, et sous le coup d’une muselière légale, ce n’est pas de la vraie transparence. C’est exactement le contraire : c’est une façon d’empêcher que l’information sorte. Or, il s’agit de documents très importants qui devraient être accessibles à toutes et tous, députés ou non. »

Au mois d’octobre le Parlement européen avait d’ailleurs voté une résolution demandant la pleine transparence par rapport aux contrats des vaccins. La Commission s’entête à refuser la demande du Parlement. Pour le PTB, la transparence de ces contrats ne devrait pas dépendre de la bonne volonté des multinationales. Le parti de gauche appelle la Commission à publier elle-même l’intégralité des contrats et à garantir une transparence totale pour toutes les entreprises et tous les vaccins.

« Le PTB demande une transparence totale sur les contrats d’achat du vaccin, ainsi que sur les accords financiers qui les sous-tendent. Les vaccins contre le Covid-19 sont dans l’intérêt de toutes et tous et ne devraient pas être un moyen pour Big Pharma de faire des bénéfices énormes », conclut Marc Botenga, qui soutient l’Initiative citoyenne européenne en faveur de la transparence et la levée des brevets sur les vaccins.