Une étude du Bureau du Plan le confirme : les conditions plus strictes pour la pension minimale pénalisent les femmes

Nadia Moscufo.

Le gouvernement a décidé avant l'été de lier la pension minimale à une condition supplémentaire de 20 ans d’« emploi effectif ». Un rapport critique du Bureau du Plan montre que cette mesure touche principalement les femmes. Une femme sur sept qui aurait normalement droit à la pension minimale perdra en moyenne 440 euros par an. Cela concerne des milliers de femmes, notamment dans les emplois à bas salaires.

« Cette mesure ne tient absolument pas compte de la situation de nombreuses femmes qui travaillent et assument des responsabilités familiales, réagit Nadia Moscufo, députée du PTB. En raison des rôles traditionnels des sexes, ce sont principalement les femmes qui ont recours au congé parental, au crédit-temps, au congé de naissance ou au travail à temps partiel. Avant, ces périodes étaient assimilées pour le calcul de la pension, mais ce n'est plus forcément le cas. De nombreuses femmes ne rempliront plus les conditions pour bénéficier de la pension minimale et perdront ainsi en moyenne 440 euros de pension. »

Le PTB s'oppose à cette mesure. Nadia Moscufo : « Il s'agit de femmes qui toucheront de toute façon une maigre pension et qui sont maintenant punies une fois de plus. La ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), s'est engagée à ne pas prendre de mesures qui nuiraient aux femmes. Cette étude montre noir sur blanc que c'est le cas. Elle devrait soit retirer, soit modifier cette mesure pour neutraliser l'impact négatif sur les pensions des femmes. »

Rapport du Bureau du Plan.