Photo Solidaire.

Le PTB a introduit à la Chambre une proposition de résolution pour que la Belgique accorde l’asile politique au lanceur d’alerte Julian Assange, s’il en fait la demande.

Des médecins de divers pays estiment que le fondateur de Wikileaks pourrait mourir dans sa cellule britannique, tant sa santé physique et mentale est préoccupante. Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations unies contre la torture, a indiqué qu’Assange présentait des signes de torture psychologique.

Le député fédéral Marco Van Hees, un des auteurs de la proposition, relève : « Julian Assange est actuellement incarcéré à la prison de haute sécurité de Belmarsh, souvent décrite comme la version britannique de Guantánamo. Il risque d’être extradé vers les États-Unis, où il encourt 175 ans de prison pour de prétendues activités d’espionnage. Mais de quoi parle-t-on ? On lui reproche d’avoir divulgué en 2010, par le biais de Wikileaks, des images de crimes de guerre américains en Afghanistan. Il a également montré comment les États-Unis espionnent à grande échelle les autres pays du monde. En réalité, ce sont les auteurs d’une politique criminelle qui criminalisent et persécutent un homme ayant osé dévoilé leurs sombres pratiques. »

À ce propos, Nils Melzer indique que les droits de Julian Assange « ont été systématiquement bafoués à tous les stades de la procédure » et qu’« en 20 ans de travail avec les victimes de la guerre, de la violence et de la persécution politique », il n’a jamais vu « un groupe d’États démocratiques s’unir pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu depuis si longtemps et avec si peu de respect pour la dignité humaine et l’État de droit ».

« Cet acharnement contre Assange, note Marco Van Hees, se déroule dans un contexte où, un peu partout dans le monde, les journalistes sont de plus en plus victimes de répression. Y compris dans l’Union européenne, puisque tant Malte que l’Irlande, la Bulgarie et la Slovaquie ont récemment déploré la mort de journalistes critiques. L’Europe observe une augmentation du nombre de gouvernements autoritaires, qui à la fois érodent l’État de droit et cultivent un discours politique radicalisé, qui, dans la pratique, conduit à la polarisation et à la violence. »

C’est pour ces raisons que nous estimons que la Belgique doit accorder l’asile politique à Julian Assange et à d’autres lanceurs d’alerte qui défendent les idées démocratiques. La Belgique pourrait ainsi renouer avec son rôle de pionnier en matière de droits de l’Homme. En 1830, dans l’Europe de l’absolutisme, la Belgique a choisi une autre voie, celle des droits de l’Homme et, ce faisant, elle a contribué au développement de la pensée démocratique et critique. Souvenons-nous de Karl Marx, de Victor Hugo et d’autres démocrates qui se sont réfugiés dans notre capitale après l’échec de la révolution de 1848. Accorder l’asile à Julian Assange nous donnerait l’occasion de renouer avec ce rôle historique joué par la Belgique.

La proposition du PTB est ouverte à la co-signature des autres partis.


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  • Jonathan Bustin
    a commenté 2020-02-05 09:46:51 +0100
    Cela serait bien que l’on y parvienne ! :)
  • Nelly Vallar
    a commenté 2020-02-05 06:31:13 +0100
    Finalement, la Belgique rompt avec le silence et l indifférence généralisées, Bravo et grand merci. Liberté et Soins pour Julian Assange, notre ami.

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