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Les grandes firmes pharmaceutiques entendent bien faire grimper au plus vite les prix du vaccin contre le Covid-19. C'est ce qui ressort de rapports de réunions internes entre directions, actionnaires et investisseurs.

Lors de la présentation des résultats trimestriels de Pfizer, en privé, le PDG du géant pharmaceutique, Frank D'Amelio, a promis aux investisseurs et à des banques d'investissement comme Goldman Sachs et Morgan Stanley des hausses de prix substantielles. Il a notamment évoqué les prix « normaux » des vaccins, à savoir de 150 à 175 dollars (128 à 148 euros) par dose (voir p. 19 dans le procès-verbal accessible via le lien).

Il s'agirait là d'un véritable hold-up sur notre sécurité sociale. Tout d'abord, la recherche et le développement ont été en grande partie financés par des fonds publics. Ensuite, les gouvernements ont assumé les risques d'investissement et les risques financiers en cas de vices cachés. Maintenant, l'industrie pharmaceutique s'apprête à plumer la sécurité sociale. Nous payons donc le vaccin quatre fois. « En cherchant à appliquer ces prix soi-disant normaux, les firmes pharmaceutiques s'assurent tout simplement des profits monstrueux », explique Marc Botenga, député PTB au Parlement européen. Il milite pour que le vaccin devienne un bien public.

Aux États-Unis, Pfizer vend le Prevnar13, son vaccin contre le pneumocoque, à plus de 200 dollars. Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, vient de remarquer que les nouveaux contrats actuellement négociés par l’Union européenne avec Pfizer prévoient déjà une première augmentation du prix par dose à 19,50 euros. AstraZeneca demande déjà des prix nettement plus élevés pour le vaccin contre le Covid en Afrique du Sud, au Brésil, au Bangladesh et en Ouganda. Au vu de telles hausses de prix potentielles, on comprend bien pourquoi les poids lourds de l'industrie pharmaceutique refusent de lever les brevets. Il est par ailleurs fort probable que plusieurs rappels de vaccination seront nécessaires après l'administration des premières doses.

Selon des estimations obtenues par l'organisation HealthGap, le coût réel de production du vaccin Pfizer ne dépasserait pas les 2 à 3 dollars. Le journal néerlandais De Correspondent a abouti aux mêmes estimations.

Johnson & Johnson et AstraZeneca se sont engagés à vendre leur vaccin au prix coûtant, mais seulement « le temps de la pandémie ». On voit bien la stratégie sous-jacente. La Commission européenne a donné aux firmes pharmaceutiques la liberté de décréter elles-mêmes la fin de la pandémie, puis de faire grimper les prix. Elles disent d'ailleurs s'attendre à peu d'opposition de la part des gouvernements. « Si elles n'ont pas encore fait grimper les prix jusqu'à présent, c'est uniquement en raison de la pression de l'opinion publique, souligne Marc Botenga. C'est le moment d'accentuer encore cette pression. Il faut lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, car si nous les laissons entre les mains de Big Pharma, nous allons le payer cher. »

Une initiative citoyenne européenne a été lancée sous le slogan « Pas de profit sur la pandémie ». Elle a déjà recueilli près de 150 000 signatures. L'initiative vise à obliger la Commission européenne à retirer le vaccin contre le Covid-19 des mains des multinationales pharmaceutiques. La coalition citoyenne souhaite qu'un vaccin soit disponible et accessible à l'ensemble des citoyens et citoyennes. Elle exige également une transparence totale et un contrôle public. L'initiative est soutenue dans dix pays par des syndicats, des associations, des ONG et des militants. Le PTB apporte également son plein soutien à cette initiative citoyenne européenne.

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