Trop d'infirmiers et infirmières doivent aller travailler malades : le PTB réclame d’urgence des embauches supplémentaires

Photo Belga.

Une nouvelle étude de Médecine pour le Peuple révèle des chiffres étourdissants : en 2019, pas moins de neuf infirmières sur dix sont allées travailler alors qu’elles étaient malades. Un quart d'entre elles sont restées à leur poste pendant la première vague de corona, alors même qu’elles présentaient des symptômes du Covid-19. Le PTB appelle à la mise en œuvre rapide des embauches supplémentaires promises dans le secteur des soins de santé.

« Cela fait un moment que nous recevons des témoignages de travailleurs qui se sentent poussés à aller travailler alors que leur état de santé ne le leur permettrait pas. Aujourd’hui, cette étude démontre qu'il s'agit d'un phénomène très répandu », explique Sofie Merckx, députée PTB et médecin à Médecine pour le Peuple.

L'étude montre que le personnel soignant éprouve un sentiment de culpabilité aigu. « Nous constatons que les infirmiers et infirmières ne veulent pas abandonner leurs patients ni leurs collègues lorsqu'ils sont malades. Ils craignent surtout que la surcharge de travail ne repose entièrement sur les épaules de leurs collègues, poursuit Sofie Merckx. Les directions font souvent pression sur leur personnel pour l’inciter à venir travailler malgré tout. Cette pression est si forte que même lorsque nous, en tant que médecins généralistes, leur remettons un certificat médical, un cinquième du personnel soignant se rend tout de même au travail ».

Selon l'étude, il en a été de même pendant la crise du corona. « Pendant longtemps, les directives officielles ont été que le personnel soignant présentant des symptômes du Covid, mais pas de fièvre, devait continuer à travailler comme d'habitude. Notre étude montre qu'un quart des infirmières l'ont effectivement fait pendant la première vague de corona. Nous devons évaluer cette décision politique, car elle a sans aucun doute contribué à la propagation du virus au sein des établissements de santé », pointe Sofie Merckx.

« Le fait de se sentir obligé de venir travailler à tout prix peut avoir de graves conséquences et mettre en danger la qualité des soins, ajoute la députée. Le personnel lui-même est de plus en plus épuisé et le risque d'erreurs augmente. Il est important de prendre des mesures, tant dans l'intérêt du personnel que des patients ».

Le PTB réclame l’embauche urgente de personnel supplémentaire dans le secteur des soins de santé. « Il y a un manque structurel de bras au chevet des malades. Les infirmiers et infirmières se rendent au travail malades parce qu'ils savent qu'il n'y a pas assez de collègues pour les remplacer et prendre en charge leurs tâches. En même temps, nous savons que recruter du personnel supplémentaire ne sera possible que si les conditions de travail et de salaire du personnel de santé s'améliorent de manière significative », ajoute Sofie Merckx.

Cela fait longtemps que le secteur réclame une revalorisation des professions de soins et davantage de moyens pour créer des postes supplémentaires. « Après avoir remporté une première victoire l'année dernière, avec la création du Fonds d’urgence pour les soins de santé, le secteur fédéral des soins a aussi obtenu cet été des moyens supplémentaires destinés à augmenter les salaires et recruter davantage de personnel. Il s’agit maintenant de mettre en œuvre les moyens promis le plus vite possible », conclut Sofie Merckx.

Téléchargez ici l'étude de Médecine pour le Peuple.


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