(Photo Solidaire, Isabeau Fronville)

Le nombre de travailleurs malades de longue durée continue, année après année, à augmenter. C'est ce que vient de confirmer une nouvelle fois une étude du secrétariat social Securex.« Ces chiffres ne font que confirmer l’évolution qu’on constate sur le terrain », réagit Anne Delespaul, spécialiste santé du PTB et porte-parole de Médecine pour le peuple, qui met en cause la politique du gouvernement et propose des alternatives.

« On vole de triste record en triste record », déclare Anne Delespaul, spécialiste santé du PTB et porte-parole de Médecine pour le peuple. Pour le PTB, cette augmentation continue du nombre de travailleurs malades n'est pas le fait du hasard. « C'est la conséquence des politiques de ces dernières années, ajoute la jeune experte. Elles nous rendent malades et, plutôt que d'aider à soigner la maladie, notre gouvernement chasse les malades. Il est urgent d'opérer un virage à 180 degrés et de prendre comme point de départ le droit fondamental à la santé des travailleurs et travailleuses. »

Source : Securex.

Anne Delespaul explique : « Ces chiffres ne font que confirmer l’évolution qu’on constate sur le terrain. Cela fait des années que nous tirons la sonnette d’alarme – tout comme le font les organisations syndicales et les autres acteurs de terrain. Les retours de terrain sont unanimes : la pression au travail devient intenable. Et, dans les maisons médicales de Médecine pour le Peuple, on voit l’impact sur la santé des travailleurs, qui sont de plus en plus au bout du rouleau. »

Le premier grand coupable de cette augmentation de l’invalidité est, selon le PTB, l’allongement des carrières et la remise en cause de toutes les mesures qui peuvent soulager les travailleurs. « Cela fait 10 ans qu’on fait des mises en garde : l’allongement des carrières va entraîner une augmentation du nombre de travailleurs malades de longue durée. Une étude récente réalisée par Médecine pour le Peuple montre que la grande majorité de nos patients de plus de 59 ans ne peuvent plus continuer à travailler "normalement". Ils doivent pouvoir s'arrêter ou avoir un travail réellement adapté. Par exemple, comment des ministres peuvent-ils imaginer qu'un travailleur du bâtiment qui a commencé à 16 ou 18 ans peut encore travailler normalement à 60 ans ? Dans la plupart des cas, son dos lui crie douloureusement que c'est impossible », explique Anne Delespaul.

Le PTB exige un tournant à 180 degrés et soutient pleinement le plan 65-60-55 initié par de nombreux acteurs syndicaux. Dans ce plan, ils défendent notamment la possibilité de crédit-temps de fin de carrière dès 55 ans et un droit général à la prépension ou pension anticipée dès 60 ans.

Par ailleurs, l’étude de Sécurex montre également comment de plus en plus de jeunes travailleurs sont malades pour une longue durée. « Les jeunes travailleurs et travailleuses aussi sont victimes de la grande pression sur le marché du travail, où l’hyper-flexibilité et le travail précaire sont la nouvelle norme, dénonce Anne Delespaul. Et on voit à quel point les jeunes parents ont du mal à combiner leur job et leur vie de famille. C’est normal : comment peut-on organiser sa vie familiale si on ne connaît son horaire de travail qu’une semaine avant, voire le jour-même ? »

Sur ce point aussi, le PTB exige que le gouvernement change de cap. Anne Delespaul : « De plus en plus de jeunes sont confronté·e·s à des problèmes psychosociaux et risquent le burn-out. Il faut prendre des mesures structurelles pour diminuer la pression au travail. Plutôt que de réduire les possibilités de crédits-temps, il faut au contraire élargir les possibilités de réduction du temps de travail accessible à l'ensemble des travailleurs et travailleuses. »

Le PTB ne lâchera pas ces travailleurs et travailleuses dans les semaines et mois qui viennent. Le parti de gauche mettra toute son énergie pour les défendre et à faire de cette question un enjeu central de la campagne électorale de mai 2019.


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