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Non seulement le salaire des aides-ménagères est bloqué par le patronat et le gouvernement, mais en plus – vu l’explosion du prix du carburant – elles doivent presque payer pour aller travailler. Pendant ce temps, les actionnaires des grosses boîtes se partagent des millions de dividendes. Les travailleuses sont en action, et elles méritent notre soutien. 

Depuis septembre 2021, la lutte dans le secteur des titres services bat son plein et toujours aucun accord n’a été trouvé entre les organisations syndicales et les organisations patronales (dont la fédération patronale du secteur Federgon). Les patrons refusent d'octroyer des améliorations de conditions de travail et de défraiements (comme par exemple un meilleur remboursement des frais de déplacement) mais les organisations syndicales continuent de mener des actions comme ces derniers jours dans différentes provinces (Hainaut, Liège, Limbourg, etc.) afin d’obtenir des conditions de travail dignes pour les travailleuses.

« Nous devons payer pour aller travailler »

Une aide-ménagère qui a en moyenne 2 clients par jour (soit 10 clients par semaine), injecte 10% de son salaire dans le carburant. « Je gagne 1 100 euros par mois, j’ai 2 enfants en bas âge, j’ai de grosses difficultés à boucler les fins de mois et quand je vois qu’une bonne partie de mon salaire va dans le carburant, ça me révolte. Non seulement nous avons des salaires très bas mais en plus nous devons payer pour travailler ! »

C’est un manque de respect total de devoir payer pour aller travailler dans un secteur où les salaires sont aussi bas (entre 11,58 et 12,30 euros brut de l’heure) – salaires par ailleurs bloqués par le gouvernement et le patronat – et où la moyenne pour les travailleuses (souvent temps partiel) est de 19h/semaine. Federgon propose une augmentation de 2 cent/km c’est à dire passer de 0,13 euros à 0,15 euros le kilomètre alors que les frais de déplacements doivent être remboursés à hauteur de 0,37 euros le kilomètre.

Plus que des miettes

Les travailleuses méritent bien plus que des miettes. Encore plus quand on voit les bénéfices engendrées par les grandes boites depuis le début de la crise du coronavirus. Les organisations syndicales (CSC-FGTB-CGLSB) viennent de sortir une étude qui se base sur les données de la Banque Nationale démontrant que les bénéfices du secteur se sont maintenus pendant la crise grâce à un afflux d’argent public. Les actionnaires ont reçu 29 millions d’euros de dividendes en 2020. Un non sens quand on sait que le travail dans les titres services est un travail pénible, qu’un temps plein est physiquement infaisable et que les salaires sont trop bas pour faire face à l’augmentation du prix de la vie.

Le PTB réitère sa demande de plan d’urgence pour augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail dans le secteur. Nous soutenons toutes les actions menées par les organisations syndicales afin de faire plier les patrons. Nous exigeons également que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et garantissent que l’argent public serve à améliorer les conditions de travail et les salaires et non à remplir les poches des actionnaires. Les aide-ménagères méritent le respect et leur part de la richesse quʼelles créent.