Peter Mertens, président du PTB, était présent aux côtés des travailleurs en grève, comme de nombreux membres du parti de gauche. (Photo Solidaire, Stefaan Van Parys)

« Nous faisons tourner la société pendant la crise sanitaire. Sur le terrain. Dans nos entreprises. Nous réclamons aujourd’hui le respect pour notre travail. » Voilà le message que nous entendons partout de ceux qui mènent des actions pour des augmentations de salaires.

« On sent que la colère monte et s’étend, explique Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB. Le patronat et le gouvernement sont incapables de justifier les 0,4 % d’augmentation salariale maximum qu’on veut imposer à la classe travailleuse. Certainement quand on voit les milliards de dividendes distribués par de nombreuses entreprises. Ce mépris pour les travailleurs doit cesser. » Et d’ajouter : « La loi doit changer. C’est ce que demandent les organisations syndicales. Il est urgent de voter la proposition de loi que j’ai déposée avec Marc Goblet et qui rend la norme salariale indicative. C’est la seule manière de rendre de l’oxygène à la négociation salariale. »

La grève est suivie largement aux quatre coins du pays, dans les grands secteurs comme le métal, la chimie, l'industrie alimentaire, les transports en commun, mais aussi le commerce, avec de très nombreux supermarchés à l’arrêt, ou encore le secteur des soins, les aides-ménagères, les entreprises de travail adaptées, etc. Dans les grandes boîtes et leurs sous-traitants, dans la production et dans les services. 

« Le gouvernement et le patronat auraient tort de sous-estimer le signal envoyé aujourd’hui. La colère est large et profonde », poursuit Raoul Hedebouw. Ils tentent maintenant d’arrêter la mobilisation avec quelques primes ou bonus pour certains travailleurs, sans changer la loi. « Ça ne marchera pas, prévient Raoul Hedebouw. Accorder un bonus annuel, c’est donner des cacahuètes aux travailleurs. Ce n’est pas augmenter les salaires et ce sont des cacahuètes qu’il faut renégocier chaque année. En plus, cela n’alimente pas les caisses des soins de santé et des pensions. »

L’autre revendication portée par les travailleurs concerne les fins de carrière. « Il y a plein de jeunes qui cherchent du boulot, et d’aînés qui ont besoin de repos. Pourquoi le gouvernement continue-t-il à casser les prépensions ? Nous voulons le rétablissement du droit à la prépension à 58 ans. Voilà ce que j’ai entendu au piquet ce matin », rapporte encore Raoul Hedebouw. 

Pour le porte-parole du PTB, « les lignes bougent » : « Plusieurs partis de la majorité sont obligés de déclarer soutenir une grève… contre leur propre gouvernement. Ils reconnaissent que la loi de 1996 qui bloque les salaires est obsolète. Avec la forte unité syndicale et avec la forte unité Nord-Sud dans la mobilisation, on sent que la peur change de camp. D’autant plus que la détermination ressentie aujourd’hui est forte. » 

Et de conclure : « Il faut des actes de la part du gouvernement. La loi de 1996 sur les salaires doit changer maintenant et il faut des solutions pour les fins de carrières. »

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