Stop à l’impunité : le PTB demande un refinancement des services de lutte contre la délinquance financière

Photo Solidaire

Le PTB réagit à l’annonce faite ce mercredi par le procureur général de Bruxelles de renoncer à enquêter sur certains dossiers de délinquance financière, faute de moyens. Une situation qui fait bondir Nabil Boukili, député du parti de gauche. Il interpellera prochainement le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD) ainsi que le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), à ce sujet.

« Depuis des années et des années, les procureurs et les juges dénoncent le manque de moyens humains et matériels consacrés à la lutte contre la délinquance financière, rappelle Nabil Boukili. Ils demandent un renforcement de la police judiciaire ainsi que des renforts pour les tribunaux spécialisés. Aucun de ces appels à l’aide n’est entendu par le monde politique : au contraire, le nombre total d’enquêteurs est passé de 103 en 2014 à 87 aujourd’hui, alors que la section de Bruxelles à elle seule en comptait 131 en 2000. C’est une véritable liquidation. »

Pour le PTB, cette mise en faillite programmée du système est d’autant moins compréhensible que la lutte contre la délinquance financière rapporte plus qu’elle ne coûte à l’État. « En Belgique, l’évasion fiscale prive l’État de 30 milliards d’euros de recettes chaque année… On n’arrête pas de nous dire qu’il n’y a de l’argent pour rien, qu’il faut faire des économies partout, et d’un autre côté on met en place les conditions de l’impunité de ces criminels financiers. Cette situation est aussi un nouvel exemple de justice de classe : d’un côté, le gouvernement renforce l’exécution des courtes peines de prison. De l’autre, il organise l’impunité des criminels financiers », déplore Nabil Boukili.

« Au sein du gouvernement, c’est le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) qui est chargé de coordonner la lutte contre la fraude fiscale avec les différents ministres, y compris le ministre de la Justice. Nous les interpellons tous les deux : avalisent-ils et assument-ils la décision du procureur général de Bruxelles et si non, que comptent-ils faire pour permettre aux services spécialisés de poursuivre les criminels financiers ? »

Pour le PTB, la politique à mener est claire : l'État doit cesser de se priver volontairement de ces ressources. Il faut refinancer les services de lutte contre la délinquance financière et mettre fin à l’impunité.