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Suite à la mobilisation travailleuses et travailleurs de la culture, la Vivaldi s’est engagée à réformer le statut d’artiste. Un accord entre les différents partenaires de la majorité vient d’être obtenu. « La réforme apporte des avancées en termes de protection sociale, mais constitue une occasion manquée d’améliorer la qualité de l’emploi dans un secteur qui en a pourtant cruellement besoin », explique la députée fédérale PTB Nadia Moscufo.

Les travailleurs de la culture réclament un statut digne de ce nom depuis des dizaines d’années. « Grâce aux dernières mobilisations des travailleuses et travailleurs de la culture, des avancées semblent enfin avoir été obtenues. Je pense par exemple à la facilitation d’accès au statut, notamment pour les jeunes, et à la hausse des allocations de chômage », selon Nadia Moscufo.

À côté de la question de l’accès au statut et de la faiblesse des revenus de remplacement subsistent la problématique de la qualité de l’emploi et celle de la rémunération. Deux points essentiels mis de côté par la Vivaldi.

« Le gouvernement avait l’occasion d'inverser la logique actuelle et de véritablement valoriser le travail culturel, mais rien ne semble prévu, malgré les belles promesses qu’on nous a faites. Il s’agissait par exemple de s’attaquer à l’encadrement du Régime des petites indemnités (RPI), un système de rémunération en dehors de toute protection sociale », déplore Nadia Moscufo.

Par ailleurs, des points d’interrogation et des craintes subsistent, faute d’accès aux textes définitifs de la réforme. « Comment la nouvelle Commission du travail des arts fonctionnera concrètement ? Selon quels critères ? Pour quels recours possibles ? Et du coup, qui pourra véritablement accéder à ce statut ?  Quels métiers ? Qu’en est-il des techniciens ? Nous n’avons pas encore obtenu de réponses précises sur ces points et les déclarations des différents ministres divergent. »

« Outre ces éclaircissements, nous appelons le gouvernement à prendre de nouvelles mesures pour valoriser l’emploi culturel. C’est une condition indissociable pour la création d’un statut digne. Cela passe par le respect des barèmes, la lutte contre les contrats précaires (notamment RPI) mais également par la création d’un bureau social public gratuit qui gère les contrats des intermittents, sans vider leurs poches, et par un refinancement profond de la culture, qui ne peut se faire sans la contribution des grands acteurs, dont les GAFAM. Il n’y aura pas de statut digne sans emplois dignes », conclut la députée.