Prison de Saint-Gilles. (Photo M0tty/Wikimedia commons)

Le PTB a interpellé le 16 janvier à la Chambre le ministre Koens Geens sur sa décision unilatérale de mettre fin à la médiation avec les syndicats concernant l’instauration du service minimum dans les prisons.

« Nous dénonçons la volonté de passer en force, confirmée dans la réponse du ministre à notre question, réagit le député PTB Nabil Boukili. Nous sommes opposés depuis le départ à l’imposition d’un tel service minimum, mais, en méprisant ainsi la concertation avec les organisations syndicales et en passant en force, Koen Geens confirme que le véritable objectif est de casser complètement le droit de grève des agents pénitentiaires. »

Alors qu’un médiateur avait entamé un travail et qu’une rencontre a eu lieu ce mardi 14 janvier, le ministre Geens a en effet décidé unilatéralement de stopper la procédure. Cela alors que, comme convenu, les organisations syndicales avaient remis une proposition de plan pour l’application du service minimum en fonction des différents textes juridiques et règles de sécurité.

Les autorités n’ont même pas voulu répondre à la proposition des syndicats comme le demandait le médiateur. Le ministre a juste annoncé qu’il annulait la réunion.

« Non seulement il ne respecte pas le processus de médiation, mais le ministre a déclaré aujourd’hui en plénière que "sa patience a des limites", laissant ainsi comprendre qu’il comptait passer en force, dénonce Nabil Boukili. Entre-temps, on sait que les autorités veulent un service minimum avec presque 70 % du personnel qui doit être mobilisé, ce qui est quasiment autant que beaucoup de jours "normaux". Il s’agit vraiment d’une casse pure et simple du droit de grève. »

Le PTB tient à rappeler que si les gardiens protestent régulièrement depuis des années, c’est parce que, depuis des années, le ministre Geens ne respecte pas ses propres promesses. En effet, la sur-population continue et les sous-effectifs empirent. « Les prisons sont abandonnées et les gardiens méprisés, poursuit Nabil Boukili. C’est déjà le service minimum tous les jours dans nos prisons, avec ce gouvernement. C’est un problème pour les gardiens et pour les détenus. Mais des prisons qui ne fonctionnent pas bien, c’est aussi un danger pour toute notre société. C’est une politique irresponsable et c’est ça que les agents dénoncent depuis longtemps. Aujourd’hui, le ministre veut les bâillonner ».

« Nous soutenons le front commun syndical, ses revendications pour le ré-investissement dans la justice et la défense du droit de grève », conclut Nabil Boukili.


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