Sécurité routière : il faut réactiver des bornes d’appel d’urgence sur les autoroutes wallonnes

Photo Illya Kryzhanivskyy

Depuis le 1er mai, les bornes d’appel d’urgence présentes aux abords des grands axes routiers en Wallonie ont été désactivées. Cette mesure, décidée par le gouvernement wallon, fait suite à la mise en place de l’application mobile « Edwige », qui permet aux automobilistes d’entrer en contact avec le Centre Perex (responsable de la surveillance du trafic automobile) en cas de panne ou d’accident. Pour la députée PTB au Parlement wallon Alice Bernard, l’un n’empêche pourtant pas l’autre : « Pour la sécurité des automobilistes et leurs passagers, nous pensons qu’il faut maintenir ces bornes d’appel d’urgence. »

« Une application comme Edwige peut bien sûr être utile. Mais tout le monde n’a pas forcément de smartphone, et il ne faut pas oublier non plus que l’utilisation d’un smartphone sur la route a aussi ses limites, en cas de batterie vide ou de réseau internet défaillant, par exemple », continue Alice Bernard.

La députée du parti de gauche cite d’autres problèmes concrets que pose selon elle cette désactivation : « Même si le nombre d’appels à partir de ces bornes a baissé ces dernières années, il s’élevait encore en 2019 à 837, ce qui est loin d’être négligeable. Le ministre Philippe Henry (Ecolo) a reconnu lui-même qu’on ne pouvait pas exclure que certains usagers soient sans smartphone, pourtant il affirme également que ce n’est pas forcément pour cette raison que des gens appellent encore depuis les bornes. Sur quelle étude se base-t-il pour affirmer cela ? Nous ne le savons pas. »

« De plus, ajoute Alice Bernard, comment la ministre Valérie De Bue (MR) peut-elle affirmer que la désactivation d’un dispositif de sécurité va améliorer la sécurité ? Pourquoi remplacer les bornes oranges par une application individuelle plutôt que renforcer les infrastructures publiques aux abords des grands axes routiers ? »

Le PTB regrette également le manque de discussion démocratique sur le sujet : « Cette mesure n’a pas été discutée au Parlement alors qu’il s’agit d’un enjeu essentiel, celui de la sécurité des usagers des grands axes routiers. Un autre enjeu est celui du maintien d’un service public plutôt que de tout miser sur le numérique. C’est du même ordre que celui de la fermeture des guichets de gare, par exemple. C’est pourquoi nous interpellerons lundi en commission les ministres Henry et De Bue », conclut la députée du PTB.

Suivez le PTB