Les travailleuses et travailleurs des supermarchés et leurs syndicats ont fait plier les patrons du commerce. (Photo PTB)

Un renforcement de la sécurité et une prime de 500 euros net : c’est ce qu’ont obtenu les syndicats du commerce alimentaire à l’issue d’un match en trois manches : négociations, grèves, négociations.

Vendredi 31 novembre. Les syndicats et les patrons du commerce alimentaire sont en pleines négociations. Le secteur subit de plein fouet les conséquences de la seconde vague. La pression sur les travailleurs augmente, l’exposition au virus est constante, et les contaminations se multiplient.

Que demandent les syndicats ?

Des mesures de protection et des compensations financières. D’autant que les bénéfices explosent pendant la crise dans ces entreprises. Mais Comeos, le syndicat patronal du commerce, refuse catégoriquement. Les négociations capotent.

« Nous devons constater l'échec des négociations sectorielles dans le cadre des mesures COVID pour les magasins alimentaires, déclare la présidente du SETCa, Myriam Delmée, sur sa page Facebook. Le manque de confiance autour de la table est à l'origine de cet échec. »

Myriam Delmée ne s’arrête pas là et prévient : « Cela risque d'entamer durablement la paix sociale dans les entreprises. »

Les syndicats passent à l’action

Un tract en front commun est publié le soir même. Les trois syndicats invitent les travailleurs à se mobiliser. Ils annoncent que toutes les actions et grèves seront couvertes. Dès le lundi matin, les Colruyt de Veeweyde (Anderlecht) et d’Alsenberg (Brabant flamand) partent en grève. D’autres mouvements sont en préparation. La colère des travailleurs est profonde car la situation sur le terrain est catastrophique.

Par crainte d’un mouvement de grande ampleur, Comeos retourne à la table des négociations.

Le mercredi soir, le front commun syndical annonce la bonne nouvelle : Comeos est revenu sur ses positions et accepte l’ensemble des revendications syndicales, tant au niveau sanitaire qu’au niveau des compensations financières.

Qu’est-ce que les syndicats ont gagné ?

  • du personnel supplémentaire
  • le caddie obligatoire et désinfecté
  • le nettoyage des locaux
  • la gestion du flux de clients
  • une prime de 500 € net

La lutte paie

Cette séquence montre que la mobilisation des travailleurs est la clef pour gagner face aux grands patrons. Cette victoire est importante dans la lutte contre le virus, pour la sécurité des travailleurs et des clients, mais aussi pour plus de justice sociale : elle permet une meilleure répartition des bénéfices dans un secteur essentiel où les salaires sont particulièrement bas.


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