Sophie Wilmès en 2020 en tant que Première ministre au Parlement. (Photo Wikimedia Commons / Thomasdaems89)

Ce vendredi 19 mars, Sophie Wilmès (MR) était entendue par la commission fédérale Covid. L'ancienne Première ministre est la première d'une série de responsables politiques à devoir venir rendre des comptes sur la politique menée en matière de pandémie dans notre pays.

« Enfin ! Les partis gouvernementaux, les libéraux en tête, ont essayé de repousser ce moment le plus longtemps possible, mais maintenant le moment est venu, constate Sofie Merckx, députée fédérale PTB. Après 8 mois, 34 auditions d'experts, d'acteurs de terrain et de différentes instances gouvernementales, c'est maintenant au tour des décideurs politiques de venir rendre compte de la politique menée et de répondre aux nombreuses critiques. »

La députée PTB est cependant restée sur sa faim : « Pendant deux heures et demie, Sophie Wilmès a enchaîné les excuses pour justifier sa politique. Elle n’a tiré aucune leçon de ses échecs. La seule chose qu’elle changerait si c’était à refaire ? “Les powerpoints auraient pu être mieux faits.” »

Une image de Sophie Wilmès reste gravée dans la mémoire de tous. Lorsqu’en mai 2020, la Première ministre a pour la première fois visité le front, elle a reçu un accueil glacial. Quand elle est arrivée à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, les membres du personnel lui ont, un à un, tourné le dos. « Les politiques nous tournent constamment le dos quand nous leur demandons de l’aide », a souligné une infirmière affiliée au syndicat socialiste. Cette image a fait le tour du monde.

« Pour nous, ces dos tournés symbolisent aussi une défiance plus large de la population envers le gouvernement Wilmès, le sentiment qu'en pleine pandémie, le gouvernement ne défendait pas ses intérêts, déclare Sofie Merckx. Les héros des soins ont été envoyés au front sans protection. Mais en réalité, l'ensemble de la population des travailleurs ne s'est pas sentie protégée par un gouvernement qui a fait passer les intérêts économiques des grandes entreprises avant la santé de la classe travailleuse. »

Le PTB a sélectionné cinq questions auxquelles nous voulons absolument obtenir des réponses danss les semaines qui viennent, et demande que Sophie Wilmès vienne y répondre :

  1. La ministre Wilmès regrette-t-elle les 900 millions d'euros de coupes qu'elle a effectuées dans le secteur de la santé en 2017, alors qu’elle était ministre du Budget ? Ces coupes ont fait que le secteur des soins de santé était déjà en grande difficulté avant la crise du coronavirus. Réaliserait-elle ces coupes aujourd'hui ?
  2. Pourquoi Sophie Wilmès n'a-t-elle autorisé le SPF Santé publique à commander des masques que le 5 mars 2020, alors que l'Organisation mondiale de la santé avait déjà mis en garde contre une pénurie d'équipements de protection un mois plus tôt, le 7 février, et que le Risk Assessment Group avait souligné l'importance des masques le 21 février ?
  3. Lors des négociations politiques du gouvernement Vivaldi, un temps précieux a-t-il été perdu par rapport à la deuxième vague ?
  4. Quelle était la composition exacte du Gees, le Groupe d'experts en charge de l’Exit Strategy, qui a conseillé le Conseil national de sécurité au printemps 2020 ? Est-il vrai que des consultants de McKinsey étaient à la table des discussions ? Qui étaient-ils, quel était leur rôle précis et quelle était leur rémunération ? 
  5. La répartition des compétences est indéniablement à l'origine du drame qui s'est produit dans les maisons de repos. A la fin du mois de mars 2020, le Comité Hospital and Transport Surge Capacity, qui surveille la capacité des hôpitaux, a proposé de prendre les rênes au niveau fédéral. Une unité de commandement aurait pu sauver des vies. Pourquoi la Première ministre Wilmès n'a-t-elle pas défendu cette proposition ?

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