Renfort urgent dans nos hôpitaux : faire sauter la pénurie par l'augmentation immédiate des salaires et une pension à 60 ans

143 000 personnes avec une formation d’infirmier.e.s sont actives sur le marché de l’emploi. Parmi elles, 124 000 travaillent dans le secteur des soins (dont 75 000 dans les hôpitaux), mais 19 000 travaillent dans un autre secteur. (Photo Shutterstock)

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke accepte enfin de libérer en urgence des moyens pour les hôpitaux. Mais il dit qu’il sera difficile de trouver du personnel. « Étonnant, réagit Sofie Merckx, députée PTB et médecin. Il y a 19 000 infirmier.e.s diplômé.e.s en Belgique qui font un autre métier aujourd’hui. Il faut revaloriser immédiatement le secteur pour attirer ce personnel qualifié. » Le PTB avance 9 mesures urgentes pour y arriver. Cet après-midi, Sofie Merckx interpellera le ministre Vandenbroucke à la Chambre.

« C’est une bonne nouvelle que le ministre de la santé Frank Vandenbroucke accepte enfin de libérer en urgence des moyens pour les hôpitaux, réagit Sofie Merckx, médecin et députée PTB. Mais je suis étonnée de l'entendre dire qu’il sera difficile de trouver du personnel. Il y a 19 000 infirmier.e.s diplômé.e.s en Belgique qui font un tout autre métier aujourd’hui. Il faut revaloriser immédiatement le secteur, en commençant par augmenter les salaires et reconnaître la pénibilité, pour attirer ce personnel qualifié. » Le PTB avance un plan avec 9 mesures urgentes pour y arriver. Cet après-midi, Sofie Merckx interpellera le ministre Vandenbroucke à la Chambre à ce sujet.

Réaliser dès maintenant les augmentations de salaire prévues, afin que l’argent soit sur les comptes en banque d’ici les fêtes de fin d’année, et garantir au personnel hospitalier une pension complète à 60 ans, après 40 ans de carrière. Voici les deux premiers points du plan d’urgence du parti de gauche pour les hôpitaux. 

« Le gouvernement doit prendre maintenant des mesures fortes pour à la fois donner envie à ceux qui ont quitté le secteur d’y revenir et reconnaître le travail de celles qui y sont, tout en prévenant de nouveaux départs, explique Sofie Merckx. La pression au travail est bien trop élevée, et depuis bien trop longtemps. Le personnel hospitalier est aujourd’hui une population sinistrée. On ne pourra pas tout résoudre maintenant, mais on peut changer beaucoup, et redonner espoir à ceux qui sont au front. Avec des actes. Fini les promesses. »

« Les chiffres sont clairs : ce n’est pas le personnel qualifié qui manque en Belgique. La réalité est que nombre d’entre eux quittent le secteur parce qu’ils ne peuvent pas soigner les gens correctement, parce qu’ils ne peuvent pas combiner leur travail avec une vie de famille, et tout ça pour des salaires bien trop bas », poursuit la députée de gauche. La durée moyenne de carrière est de 14 ans pour les infirmiers, et de 7 ans pour les infirmiers aux soins intensifs, aux urgences, en salle d’opération. 

75 000 infirmier.e.s travaillent dans les hôpitaux en Belgique. 49 000 travaillent dans le reste du secteur des soins de santé. Mais il y a encore 19 000 infirmier.e.s diplômé.e.s supplémentaires qui font un tout autre métier. « Comment peut-on affirmer que ces 19 000 personnes ne veulent pas aider à soigner les patients en pleine catastrophe sanitaire ?, demande Sofie Merckx. On peut trouver de nouvelles forces dans les prochaines semaines, mais il faut prendre les gens au sérieux et mettre de l’argent sur la table. »

« Par-dessus le marché, le nouveau gouvernement ose abandonner toute référence aux métiers pénibles dans son accord de gouvernement, et condamne tout un chacun à travailler jusque 67 ans. Qu’il assume alors, et qu’il dise aux citoyens qu’il n’y aura plus grand monde pour les soigner. Car c’est la réalité : il est impossible de travailler en secteur hospitalier jusque 67 ans. Et l’hémorragie de personnel ne va faire qu’augmenter. Ce n’est pas une fatalité. Revaloriser le secteur est une réponse forte à un problème urgent. »

Le parti de gauche demande des mesures créatives pour engager, dans les hôpitaux, le personnel qualifié qui travaille pour l’instant hors des soins de santé. Sofie Merckx : « Il faut valoriser les candidats, lancer un statut de crise couplé à une possibilité d’interruption de carrière, avec de bonnes conditions salariales. Il faut aussi prévoir un système pour les travailleurs qui veulent aider sur une base ponctuelle. Les candidats doivent pouvoir se signaler facilement dans chaque province. Mobilisons aussi les étudiants infirmiers et aide-soignants. Les étudiants de 3e et 4e quatrième année peuvent aider en unité covid, une fois réglés les problèmes d'assurance, et ceux de 2e année, peuvent aider en maisons de repos. »

Dans sa proposition, le PTB avance à la fois un plan d’urgence en 9 points, ainsi que 4 mesures supplémentaires à mettre en place dès la fin de la deuxième vague pour améliorer qualitativement les conditions de travail. L’ensemble du plan est consultable ici.


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  • bruno marchiori
    a commenté 2020-11-03 10:59:38 +0100
    Bonjour.
    Et une autre injustice……. on demande d’aller aider par exemple en aide-soignant…… mais les travailleurs qui sont déjà à temps plein……les heures prestées en supplément de ce travail sont hyper taxées (50% ???) donc on va travailler pour rien sauf pour engraisser l’état.
    Pourquoi ne parle-t-on jamais de cela ?
  • Eric Moreels
    a commenté 2020-10-31 15:44:09 +0100
    Les mandataires politiques ne se rendent pas compte de ce qui est en train de se passer dans les maisons de repos et de soins. Je ne suis pas infirmier mais je persiste à dire et redire que seul le respect des mesures sanitaires, par la population, fera diminuer le nombre d’hospitalisations et des contaminations. Cela entrainera une diminution de la charge de travail du personnel soignant. Malheureusement, certains mandataires politiques se focalisent sur des augmentations de salaires, réductions du temps de travail, ajustement des fin de carrière à 60 ans,…. . L’urgence actuelle est la santé des gens, sauver les vies de patients hospitalisés, protéger le personnel-soignant et entraver l’évolution de l’épidémie. Les mandataires politiques doivent absolument avoir cela en tête.
  • Donovan Lanners
    a commenté 2020-10-31 15:17:45 +0100
    Je suis Infirmier depuis plus de 7 ans … Je travaillais au Gouvernement auparavant.

    Depuis un mois en MRS sur Liège (j’avais quitté les soins belges pour le CHU de Lyon ,,, mais rentré au Pays avec la crise sanitaire …
    Qu’en est-il de nous ?
    Qu’en est-il , nous , en 1ere ligne des hôpitaux belges qui nous envoient des patients Covid+ stipulant que ceux-ci sont négatifs , afin de libérer des lits ?

    J’avais déjà quitté les soins il y a deux ans puis j’y suis revenu.
    Je fais des cours du soir en 3 ans , à nouveau pour quitter les soins , de manière définitive.
    Faire parti de ces 19.000 collègues qui ont tout compris , au détriment de la beauté de notre profession et de nos patients / résidents / clients / élèves.

    Donovan L.
    Liège
  • Eric Moreels
    a commenté 2020-10-30 21:26:05 +0100
    Je ne pense pas qu’on puisse réduire le déficit de personnel soignant en augmentant les salaires et en ajustant la fin de carrière à 60 ans, dans l’immédiat et en un coup de baguette magique. Il en est de même pour la formation du personnel soignant, la magie et la précipitation n’ont jamais formé des médecins et du personnel infirmier.
    En l’état actuelle de la situation, il y a une urgence extrême à limiter le nombre d’hospitalisations pour soulager la charge de travail du personnel soignant. Cette diminution des hospitalisations est de la responsabilité de la population qui doit, à tout prix, respecter les mesures sanitaires qui sont imposées. Nous devons sortir de notre “petit confort” de vie, mettre de côté nos liberté et accepter ce qui nous est imposé, même si cela va l’encontre de notre philosophie. L’urgence actuelle est d’éviter l’effondrement de nos institutions de soins et de santé et, l’augmentation de salaire et l’ajustement de la fin de carrière à 60 ans peut attendre que la situation s’améliore. Le personnel soignant perçoit un salaire, ce n’est pas le cas des travailleurs qui sont mis en chômage temporaire et qui attendent leurs indemnités de chômage, qui doivent être payées par les syndicats et la CAPAC, depuis parfois de nombreuses semaines, sous prétexte que le nombre de demandes a augmenté entraînant une surcharge de travail. Certains travailleurs se disent vite surchargés de travail par rapport à la charge de travail du personnel soignant dans les hôpitaux et institutions de soins. Ces derniers sont au bout du rouleau mais ils continuent leur travail avec conviction et en mettant leur propre santé en danger. Je constate que les syndicats et certains mandataires du PTB profitent d’une situation catastrophique et malheureuse pour revendiquer des choses qu’ils n’ont jamais résolu depuis plusieurs années.
    C’est un triste constat.
  • Rédaction en ligne
    a publié cette page dans Actualités 2020-10-29 14:13:54 +0100

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