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Demain, un grand nombre d'entreprises reprendront leurs activités. La question est de savoir si cela peut se faire et si cela se fera en toute sécurité. Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB s'inquiète: « Nous recevons beaucoup de réactions inquiètes de la part de personnes qui doivent retourner au travail demain. Les gens veulent travailler, mais en toute sécurité ». Et c'est là que ça coince.

Le gouvernement Wilmès a supprimé la « distanciation sociale » obligatoire de 1,5 mètre dans son nouvel arrêté ministériel du 30 avril. Il s'agissait pourtant de la seule règle contraignante dans les secteurs non essentiels. Raoul Hedebouw : « Des règles contraignantes et un personnel suffisant pour l'inspection sociale sont essentiels pour un retour au travail en toute sécurité. Et à l’heure actuelle, il n'y a ni l’un, ni l’autre. » Et d'ajouter : « On ne compte par exemple que 136 inspecteurs à l'inspection du bien-être. Donc un inspecteur pour... 2 194 entreprises. Il n'est pas nécessaire d'être un grand scientifique pour comprendre que c'est totalement insuffisant ». Et d'ajouter : « Nous demandons au gouvernement de renforcer immédiatement l'inspection sociale, afin qu'elle puisse effectuer des contrôles préventifs sur base de règles claires. Elle a besoin de plus de personnes et de ressources pour pouvoir faire respecter les règles sanitaires dans les entreprises ».

Le parti de gauche est d'autant plus inquiet car il semble déjà que les employeurs ne prennent pas les règles sanitaires avec le même sérieux partout. Raoul Hedebouw se réfère aux déclarations récentes des fédérations patronales comme la FEB et le Voka. « Elles ont déclaré que les recommandations pour travailler en toute sécurité ne sont rien d'autre qu'une ‘boîte à outils de bonnes pratiques et de suggestions’ et ‘pas une check list’. Elles estiment que les règles de distanciations (1,5 mètre) et autres règles sanitaires ne sont pas contraignantes », note le porte-parole du PTB.

La lutte pour le respect des règles s’annonce dès lors tendue, comme l'a montré les discussions dans le secteur du métal à la fin de la semaine dernière. La fédération patronale Agoria a refusé de signer un accord avec les syndicats. Celui-ci stipulait que les délégations syndicales devaient donner leur accord aux dérogations à la règle de distanciation sociale d'un mètre cinquante. Pour Agoria, c’était trop demander. Raoul Hedebouw: « Les règles sanitaires sont importantes pour nous. Nous voulons que les organisations syndicales soient impliquées partout. La mise en oeuvre concrète des règles sanitaires doit se faire avec l’accord des Comités pour la prévention et la protection au travail (CPPT) dans lesquels les syndicats sont représentés. Ce que nous voulons, c'est une protection maximale, et pas le profit maximal ». Et d'ajouter : « Dans la vie quotidienne des gens, on impose des règles sanitaires claires. Il ne s'agit pas de 'suggestions'. Il n'y a pas de raisons qu'on procède autrement pour les entreprises. »

Le PTB demande donc au gouvernement de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour définir des normes contraignantes et pour renforcer l'inspection sociale, ainsi que la compétence des comités pour la prévention et la protection au travail (CPPT) dans lesquels sont représentés les organisations syndicales.


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