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Les chiffres de l'INAMI montrent que le nombre de malades de longue durée dus au burn-out a augmenté de 160 % entre 2017 et 2020. « Ces chiffres dramatiques doivent nous alarmer, en tant que société », déclare Sofie Merckx, députée PTB et médecin généraliste à Médecine pour le Peuple.

Elle explique : « Chaque jour, dans nos maisons médicales de Médecine pour le Peuple, nous voyons des gens qui doivent se retirer du marché du travail : des soignants qui ne supportent plus le rythme de travail et la charge mentale, ou des ouvriers qui sont pressés comme des citrons jusqu'à 67 ans, pour assurer un profit maximal. Avec le plan du PTB pour la santé mentale et une société saine, nous voulons que les grandes entreprises soient obligées de fournir un travail adapté aux personnes malades de longue durée, et que des quotas soient imposés à cet effet. En outre, nous devons veiller à ce que le travail reste faisable pour les travailleurs âgés, en permettant notamment le départ à la prépension dès 58 ans. Ces propositions - et bien d’autres encore - sont constructives, et notre plan permet de ramener un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. »

À l’occasion de cette Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le syndicat CSC fait campagne pour exiger une plus grande responsabilité des employeurs dans ce domaine. « Le PTB soutient cette revendication, affirme Sofie Merckx. Il est clair que la sphère politique se concentre trop sur les travailleurs, en imposant notamment des sanctions pour les malades de longue durée. Pour les employeurs, en revanche, on ne met en place que des incitants positifs. Il est temps d'aller à la racine des problèmes de santé mentale en s'attaquant aux problèmes sous-jacents que sont la pauvreté, les inégalités sociales et la course sur le marché du travail. Nous devons faire en sorte que le travail soit respecté, qu’il reste faisable à échelle humaine, et que des trajets d’accompagnement adaptés soient proposés aux malades de longue durée. »

L'augmentation du nombre de cas de burn-out s'inscrit dans le cadre d'un problème plus vaste de bien-être mental. L'anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, les troubles alimentaires, les dépendances... Tous ces problèmes sont en augmentation et leur gravité ne cesse de croître. Le coronavirus et la crise économique feront perdurer ces problèmes dans les années à venir, comme ce fut le cas après la crise de 2008, qui avait engendré, entre autres, une augmentation des pensées suicidaires chez les personnes confrontées à un licenciement ou à un risque de licenciement (voir l'étude de Médecine pour le Peuple). Les psychiatres ont également tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises dans les médias.

Le plan du PTB s'intéresse également de manière plus large au droit à la santé mentale. « Les seuils d’accès aux soins de santé mentale sont infranchissables pour de nombreuses personnes, explique la députée PTB. Parler est généralement plus efficace qu'avaler des pilules, et c'est pourquoi nous voulons nous orienter vers une politique globale et intégrée concernant les psychologues et les psychothérapeutes. Une politique où la qualité, la coopération et l'accessibilité sont primordiales. Au lieu de faire des économies, nous voulons investir dans la prévention et dans les soins aux enfants et aux jeunes. »

Et Sofie Merckx de conclure : « Si les circonstances sont tellement déterminantes pour les êtres humains, rendons alors les circonstances plus humaines. Plus que jamais, nous avons besoin d'une société chaleureuse où les gens se sentent soutenus et épaulés d'une part, et d'autre part où ils sentent qu'ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice et que leur présence compte. »

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