Sofie Merckx. (Photo Elio Germani)

Le PTB demande aujourd’hui en commission des Affaires sociales de la Chambre que sa proposition de loi pour reconnaître le Covid-19 comme maladie professionnelle pour tous les travailleurs soit examinée le plus vite possible. Le parti de gauche répond ainsi à l’appel lancé ce matin par des organisations syndicales. « Cette reconnaissance doit avoir lieu au plus vite, d’autant que les entreprises vont reprendre le travail dès lundi prochain, explique Sofie Merckx, médecin et députée PTB. Il est normal que si des travailleurs contractent une maladie sur leur lieu de travail, celle-ci soit reconnue comme maladie professionnelle. »

Le 15 avril, le PTB avait introduit une proposition de loi dans ce sens et, quelques jours plus tard, le parti de gauche avait demandé, en séance, plénière de la Chambre, qu’elle soit traitée en urgence. Le PTB va insister aujourd’hui, en commission des Affaires sociales, pour qu’elle soit discutée le plus rapidement possible.

« Aujourd’hui, le coronavirus est déjà reconnu comme une maladie professionnelle pour les travailleurs du secteur des soins de santé, précise Sofie Merckx. Cela vaut notamment pour les ambulanciers, le personnel hospitalier et le personnel des maisons de repos, par exemple, où un foyer de Covid-19 s’est déclaré. Vendredi, le super kern a décidé d’élargir cette reconnaissance aux ambulanciers et pompiers volontaires. Nous voulons étendre cela à tous les secteurs où le personnel doit continuer à travailler pendant l’épidémie de coronavirus, ce qui l’oblige à avoir des contacts physiques avec des collègues ou des tiers. »

Lundi, les entreprises vont relancer leur activité, mais beaucoup de travailleurs et travailleuses continuent aujourd’hui déjà à travailler, souvent dans des conditions où leur sécurité n’est pas assurée. « Dans les secteurs de l’alimentation, des transports ou de la sécurité, par exemple, mais aussi dans un certain nombre de chaînes de production non essentielles, beaucoup de gens continuent à travailler. Souvent avec un risque élevé de contamination. Les chiffres le montrent : pas moins de 85 % des entreprises contrôlées ne respectent pas les règles visant à protéger convenablement le personnel. Ces travailleurs font tourner le pays, en prenant chaque jour des risques conséquents pour leur santé. Il est donc tout à fait naturel que s’ils contractent le coronavirus sur leur lieu de travail, cela soit également reconnu comme une maladie professionnelle. Il est inacceptable que les travailleurs touchés soient en plus sanctionnés financièrement. »

Pour les travailleurs concernés, la reconnaissance en tant que maladie professionnelle constitue une grande différence. « Cela leur donne le droit au remboursement de 100 % de leurs frais médicaux et d’hospitalisation. Actuellement, les travailleurs malades doivent assumer eux-mêmes les frais non couverts par l’assurance maladie. Et cela peut vite grimper. La reconnaissance comme maladie professionnelle signifie également que les salariés perçoivent 90 % de leur dernier salaire, ce qui constitue un fameux ballon d’oxygène. Sous l’assurance maladie, on retombe à 65 % de son salaire au bout d’un mois seulement, voire 40 % dans le cas des cohabitants », conclut Sofie Merckx. 


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