Raoul Hedebouw, député PTB à la Chambre. (Photo PTB)

« Vivaldi n'a pas composé 100 concertos différents, mais 100 variations autour de la même mélodie. C'est ce qu'a déclaré le compositeur Stravinsky, et il a raison. Les partis traditionnels se mettent aujourd’hui ensemble pour tenter de surmonter la crise politique, mais ils semblent vouloir jouer toujours la même mélodie. Nous avons besoin d'un vrai changement, pas de discussions sur la division des soins de santé ni de déclarations inoffensives sur une fiscalité équitable sans oser instaurer une vraie taxe sur les millionnaires », déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB.

En 460 jours, le PTB n’a pas été entendu une seule fois par aucun des nombreux informateurs ou préformateurs. « Nous n’avons pas été entendus une seule fois, malgré nos 584 621 voix, malgré que nous soyons un grand vainqueur des élections et malgré le fait que nous soyons aujourd’hui le cinquième parti du pays. C’est un demi-million d’électeurs qui sont tout simplement ignorés. Les partis traditionnels n’ont pas entendu le signal envoyé par la population. De ce qu’on peut voir des négociations, ils semblent continuer aveuglément dans la même direction », dénonce Raoul Hedebouw. 

Pour le PTB, il faut prendre une autre voie. Le parti jugera un éventuel accord de gouvernement notamment sur trois axes principaux : est-ce qu’il y aura une taxe des millionnaires ? Est-ce qu’une vraie politique sociale sera mise en place ? Et est-ce qu’on ira vers plus d’unité ?

« La question cruciale est : qui va payer la crise ? Je n’ai rien entendu de concret là-dessus de la part des partisans de Vivaldi. Au contraire, les libéraux semblent revenir avec les recettes austéritaires du passé. Or, il n’y a pas de politique sociale possible sans taxe sur les millionnaires. Pour nous, il est hors de questions que ce soient les travailleurs, les héros du corona, qui payent la crise », poursuit Raoul Hedebouw.

Le PTB veut des mesures sociales urgentes. Une vraie politique sociale pour protéger les travailleurs en rehaussant les pensions et les salaires, en investissant dans les soins de santé, mais aussi avec le retour sur la pension à 67 ans ainsi que la possibilité de partir en prépension à 58 ans. Le porte-parole du PTB explique : « Pourquoi faire travailler les vieux plus longtemps, alors qu’il y a des dizaines de milliers de jeunes qui risquent de se retrouver au chômage avec la crise ? Vu les prévisions désastreuses en termes d’emploi, ce débat est tout à fait d’actualité. »

Nous avons besoin de plus d’unité et de moins de scission. Le PTB s'inquiète également des plans évoqués par certains de scinder encore plus les soins de santé ou des parties de la sécurité sociale. « La crise du Covid-19 a montré l’importance d’une sécurité sociale fédérale forte ainsi que d’avoir un seul poste de commande pour les soins de santé, et pas neuf ministres de la Santé qui se marchent sur les pieds. Qu’il s’agisse de la Santé, de la Mobilité ou du Climat, nous avons besoin d’aller vers une refédéralisation des compétences, pas vers plus de division et de concurrence », ajoute Raoul Hedebouw.

« Avec ses 12 sièges et sa combativité, le PTB sera le principal parti d'opposition, dans le Parlement et dans la rue, à ce gouvernement des partis traditionnels, s’il devait se confirmer », conclut le porte-parole du PTB.


Montrer 2 réactions

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  • Eric Moreels
    a commenté 2020-09-08 10:43:50 +0200
    Je complète mon précédent commentaire.
    Depuis hier, 07.09.2020, il semblerait que le projet de coalition VIVALDI ait du plomb dans l’aile. Le CD-V, par la réaction de son président, ne semble plus accorder une confiance totale à ce projet et aux pré-formateurs. J’ai le sentiment que chaque parti de cette coalition veut prendre la plus grosse part du gâteau sans se soucier des désidératas des autres. Tout cela démontre, à nouveau, la faiblesse de ce projet qui induira la faiblesse de la coalition VIVALDI si elle voit le jour. Cela ne peut que renforcer les positions de l’opposition.
  • Eric Moreels
    a commenté 2020-09-06 20:04:06 +0200
    Depuis de nombreuses années, la Belgique est gouvernée par des responsables politiques qui ne sont jamais parvenus à faire fonctionner l’Etat correctement. Jusqu’à présent, toutes les coalitions ont raté leur engagement et leurs promesses, en inventant tout et n’importe quoi pour justifier leur échec. L’échec n’a jamais été avoué, il a tout simplement été minimisé. Je vais appeler cela du “réconfort politique”. Ce qui se profile pour la formation du gouvernement fédéral est un ensemble de coalitions précédentes, qui ont échoué dans leur engagement. La devise de la Belgique est " L’union fait la force ". Selon cette devise, un ensemble de gagnants donnera, dans plus de 90 % des cas, un résultat gagnant; un ensemble de gagnants mélangés à des perdants, donnera, dans 60 % des cas, un résultat mitigé dont on pourra retenir des actions positives; un ensemble de perdants, donnera dans plus de 90 % des cas, un résultat perdant donc négatif. C’est ce dont à quoi le citoyen doit s’attendre avec le prochain gouvernement fédéral. L’opposition devra être très forte et très actives pour enrayer les actions décidées par ces perdants.

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