Réforme du décret Paysage : l’alternative du PTB à la réforme élitiste de la ministre Valérie Glatigny

Alice Bernard, députée PTB.

Le PTB s'oppose à la réforme du décret Paysage présentée ce mardi 16 octobre en commission par la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR). « La ministre Glatigny et la majorité PS-MR-Ecolo apportent une mauvaise réponse au réel problème de l'allongement de la durée des études. Au lieu de remettre la responsabilité de l’échec uniquement sur les épaules des étudiants, le PTB propose de s’attaquer d’abord aux causes de l’échec : la précarité étudiante, l’aide à la réussite et le financement de l’enseignement supérieur », avance Alice Bernard, cheffe de groupe PTB au Parlement de la Communauté française.

Entré en vigueur en 2014, le décret Paysage a pour conséquence d'augmenter le nombre d'échecs et d'années d'étude pour les étudiants. « Avec la réforme que prépare aujourd’hui la ministre Glatigny, les étudiants devront réussir leurs 60 premiers crédits en deux ans, ce qui fait tomber le couperet beaucoup plus vite », explique Alice Bernard.

« Cette réforme remet encore la responsabilité de l'échec sur les étudiants. Une étude de l’Académie de Recherche et d'Enseignement supérieur (ARES), qui rassemble tous les acteurs du secteur, montre en effet que l’échec est lié à la condition socio-économique.(1) Ce sont les étudiants précaires qui échouent le plus. Il est beaucoup plus difficile de se concentrer sur ses études quand on doit combiner étude et travail, comme c’est le cas pour 1 étudiant sur 3 », continue la députée PTB.(2) « Attaquons-nous d’abord à fond à la précarité étudiante : le PTB a fait des propositions, largement plébiscitées par les étudiants, comme la réduction du minerval à 175€, l’automaticité des bourses ou encore la suppression des frais d’inscriptions complémentaires dans les hautes écoles. Ce serait déjà un premier pas. »

« Nous proposons aussi de mettre en place une politique de soutien et d’aide à la réussite ambitieuse, qui part de la réalité et qui cible les étudiants qui en ont le plus besoin. Les 6 millions supplémentaires mis en place par la ministre ne représentent qu’une augmentation de 7% du budget actuel de 83 millions. Avec 60% d’échec en première année à l’université, comment la ministre espère-t-elle que cela suffise ? Pour encadrer les étudiants correctement, les établissements ont besoin du doublement du budget », insiste Alice Bernard.

Enfin, pour permettre ces deux pistes, il faudra d’office refinancer l'enseignement supérieur, comme le demandent tous les acteurs du supérieur. « Le refinancement de 80 millions pour 2024 prévu par le gouvernement est insuffisant, alors que les recteurs des universités à eux-seuls en demandent 150 », poursuit la cheffe de groupe PTB. 

« Avec ces trois pré requis, les conditions seraient réunies pour revenir à un système d’année d’études plus clair sans que cela sanctionne les étudiants, surtout les plus précaires. La réforme proposée aujourd’hui par la ministre Glatigny marche sur la tête et sanctionne des milliers d’étudiants précaires. Une majorité d’étudiants s’y opposent d’ailleurs, comme le montre une enquête de la FEF.(3) Il est incompréhensible que des partis de gauche comme PS et Ecolo la suivent dans cette réforme élitiste, à laquelle le PTB s'oppose », conclut la députée de gauche.

 

 1. Analyse de la réussite par les crédits, ARES, 06/10/2020 - 2. Etude BDO-Sonecom sur la précarité étudiante - 3. Le Soir, 31/05/2021