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Enseignement

Chaque enfant est capable de développer des compétences scientifiques, techniques, artistiques, linguistiques. Comment y arriver ? En marquant la rupture avec la politique actuelle d’enseignement à deux vitesses, avec ses barrières financières, sa sélection sociale et ses nombreux échecs. En passant des fausses promesses et belles paroles aux actes. Nous refinançons et transformons l’enseignement pour qu’il soit accessible à tous, de qualité et tourné vers la réussite pour tous.

Alors que l’accès à l’éducation est un droit censé être gratuit, l’école reste trop chère pour beaucoup de parents. Actuellement, les maternelles et les deux premières années primaires sont officiellement gratuites, mais dans beaucoup d'écoles on continue à réclamer des « frais facultatifs » qui restent autorisés selon certains critères.

 

L’accueil avant ou après les cours s’ajoute encore à la facture. Sans compter la fameuse « taxe tartines », lorsque les parents doivent payer pour que leur enfant ait le droit de s’asseoir à la cantine pour manger ses tartines apportées de la maison.

 

Un prof sur trois quitte le métier dans les cinq premières années de sa carrière. Taille des classes et charges administratives ne permettent pas de se consacrer pleinement à la préparation des cours. Entre février 2022 et l’été 2023, les enseignants sont descendus dix fois dans la rue, pour faire entendre leur malaise. On n’avait plus vu ça depuis vingt ans. Le gouvernement PS-MR-Ecolo est resté sourd à leurs demandes.

Plus tôt l’enfant va à l’école, meilleures sont ses chances de réussite. Toutes les études s’accordent pour le dire. Nous voulons rendre l’enseignement obligatoire dès trois ans, comme le demandent également de nombreuses associations. Nous assurons une vaste campagne de sensibilisation et prenons des mesures pour éliminer les difficultés pour les parents.

 

« Le coût de l’éducation constitue encore actuellement un problème pour de nombreuses familles. À terme, l’école doit devenir gratuite ». Cette phrase se trouvait dans l’accord de gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Mais on est loin du compte.

 

Au cours des dernières années, suite au blocage des salaires, les inondations, la pandémie, la guerre en Ukraine, les travailleurs et leurs familles ont dû faire face à des augmentations de prix sans précédent dans tous les domaines. Un enfant sur quatre est en risque de pauvreté. De plus en plus de parents ne savent plus payer les frais scolaires, le repas chaud à midi ou le kot étudiant de leurs aînés.

 

C’est pourquoi il est plus que jamais nécessaire de rendre l’école réellement gratuite. La gratuité doit comprendre le matériel de cours, les différentes activités, les garderies avant et après les heures de classe ainsi que pendant le temps de midi.

 

Nous commencerons par rendre l’enseignement maternel entièrement gratuit avant d’étendre cette gratuité aux autres niveaux d’enseignement (primaire puis secondaire). Dans le primaire et le secondaire, nous instaurerons un kit de rentrée pour tous les élèves. Ils recevront ainsi gratuitement le matériel de base dont ils ont besoin pour les cours.

 

Les garderies avant et après les cours deviendront gratuites et la « taxe tartines », que les parents doivent payer pour que les enfants puissent s’asseoir à la cantine pour manger leurs tartines, sera entièrement supprimée. Les députés Elisa Groppi et Jean-Pierre Kerckhofs ont obtenu en 2020 la promesse d’une étude sur les différentes façons de faire payer (ou pas) le temps de midi. Mais deux ans plus tard, la ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS) n’a présenté aucun résultat. Nous avons alors réalisé l’étude nous-mêmes et révélé dans la presse qu’à Bruxelles 85 % des écoles faisaient payer une taxe tartine, de 140 euros par an et par enfant. Elle pouvait atteindre la somme de 400 euros dans certaines écoles. Nous avons obtenu une première victoire : la taxe tartines a été interdite à partir de septembre 2023 dans toutes les écoles maternelles et primaires du réseau officiel Wallonie-Bruxelles Enseignement, qui accueillent un peu plus de 42 000 enfants. Nous la supprimerons partout ailleurs.

 

En 2014, le Parti socialiste promettait des repas chauds gratuits pour tous les enfants. Neuf ans plus tard, à peine 6 % des élèves y ont accès. Or des études montrent que des enfants arrivent à l’école le ventre vide et qu'une famille sur cinq renonce au repas chaud à l’école à cause de son prix. En mars 2023, Alice Bernard, cheffe de groupe du PTB, a déposé une motion au Parlement de la Communauté française pour que le gouvernement gèle le prix des repas chauds et soutienne un blocage des prix des denrées alimentaires au niveau fédéral. Cette proposition pour permettre aux familles de garder la tête hors de l’eau n’aurait coûté que 4 millions, trois fois moins que ce que le gouvernement a dépensé depuis 2019 en consultants externes et privés. Mais la majorité PS-MR-Ecolo l’a rejetée. Comme l’explique le tout nouveau délégué général aux droits de l’enfant en mars 2022 : « Avant d’être une question de moyens, c’est un véritable choix politique ».

Dans d’autres pays, comme la Finlande, l’Écosse ou les pays baltes, les repas scolaires sont carrément gratuits. C’est ce que nous voulons à terme. Nous créerons au sein de l’administration générale de l’Enseignement un opérateur public chargé de garantir l’application de ce principe, en faisant contribuer les géants de l’agroalimentaire comme Sodexo, Ferrero ou Cargill. 

En ce qui concerne le matériel informatique, la Ligue des familles a montré en 2022 que pour la moitié des élèves de secondaire, l’école demande d’avoir un ordinateur portable pour suivre les cours. Coût moyen : de 230 à 400 euros. Et même lorsque l’achat d’un ordinateur est facultatif, il est difficile pour un parent d’envoyer son enfant à l’école sans qu’il dispose du même matériel que ses camarades de classe.

Nous décidons de ne plus autoriser les écoles à demander aux parents l’achat de matériel informatique. Nous mettrons en place un équipement collectif des écoles afin d’assurer concrètement et gratuitement l’accès de chaque élève à du matériel de qualité. Ainsi chaque élève pourra réaliser ses travaux avec le meilleur équipement et le meilleur accompagnement possible.

 

De manière générale, nous supprimerons les frais « facultatifs ». Très souvent, ils sont en réalité obligatoires et mettent les parents et les jeunes sous pression.

Les excursions et voyages scolaires font partie de la formation, de l’éveil, de l’ouverture au monde. Mais, à l’heure actuelle, beaucoup de parents se retrouvent devant le choix de payer les factures d’énergie ou de payer le voyage scolaire. D’autres, encore, s’endettent pour ne pas que leur enfant soit montré du doigt s’il ne part pas avec les autres.

 

Il existe de grandes différences dans les prix des voyages. Tout ça est révélateur des inégalités et du marché scolaire qui existent dans notre pays. Depuis six ans, un décret prévoit que le gouvernement fixe un plafond pour les voyages scolaires, mais les différentes majorités gouvernementales tournent autour du pot. Les députés du PTB Alice Bernard et Jean-Pierre Kerckhofs ont alerté la presse, posé huit fois la question à la ministre socialiste Désir et déposé deux résolutions (rejetées par la majorité PS-MR-Ecolo) dont la deuxième proposait, en accord avec 18 associations, de plafonner ces voyages aux prix moyens pratiqués actuellement, estimés à 400 euros pour toutes les années de primaire et 600 euros pour toutes les années de secondaire. Et pour les excursions d’un jour, 75 euros par an en primaire et 130 euros par an en secondaire. Ce n’est toujours pas fait. Or, fixer un tel plafond ne coûterait pourtant rien au budget. 

 

L’envoi d’huissiers pour des dettes scolaires est de plus en plus pratiqué par les écoles. Parfois pour des impayés de moins de 10 euros.

 

Tant que la gratuité n’est pas réalisée, nous interdirons le recours aux huissiers auprès des parents qui ne savent pas payer les frais scolaires.

 

Enfin, le PTB a été le premier parti durant la législature 2019-2024 à déposer une résolution au parlement pour la mise à disposition de protections hygiéniques dans les écoles. Sur toute une vie, la facture peut monter jusqu’à 8 000 euros. Tous les partis nous ont suivis un mois plus tard et le gouvernement a lancé quelques expériences pilotes. Sur base de ces expériences, nous voulons étendre le dispositif à l’ensemble des écoles secondaires et des établissements d’enseignement supérieur. 

Chaque enfant est capable de grandes choses. Mais parfois, un coup de main supplémentaire est nécessaire. C’est pourquoi nous avons besoin de classes plus petites. L’étude américaine STAR a comparé les résultats des élèves de 6 à 10 ans quand ils étaient à 13 ou 15 en classe, ou bien à 22 ou 25. Tout au long de leur carrière scolaire, les élèves des classes plus réduites ont obtenu de meilleurs résultats dans l’enseignement supérieur. C’est pourquoi nous proposons de limiter le nombre d’élèves par classe à 15 jusqu’à 8 ans, et à 20 dans les années suivantes. Dans un premier temps, Jean-Pierre Kerckhofs a défendu une proposition de décret visant à supprimer les dérogations qui permettent de dépasser les normes actuelles de 24 élèves en 1ère et 2e primaire, et 28 élèves de la 3e à la 6e. Autrement dit, une proposition qui voulait juste appliquer la loi. Elle a d’abord été rejetée au parlement par la majorité PS-MR-Ecolo, mais finalement annoncée en juin 2023 par la ministre de l’Éducation Caroline Désir (PS), suite à la pression du front commun syndical des enseignants. En janvier 2024, le PTB a déposé une proposition de décret pour effectivement diminuer la taille des classes dans l’enseignement maternel et dans les deux premières années de l'enseignement primaire. L’objectif est d’instaurer une moyenne de 15 élèves par classe, avec un maximum de 17.

 

Nous étendrons à toute la Communauté française le pool de remplaçants initié dans les zones de Bruxelles et Sud-Hainaut. Les enseignants du « pool » de remplacement seront engagés pendant 12 mois afin de remplacer des collègues malades dans une certaine région. Entre deux remplacements, ils effectueront des tâches pédagogiques dans une école (enseignant auxiliaire, rattrapage…). Le remplacement rapide des enseignants malades réduira considérablement le nombre d’heures de cours perdues et donc les retards d’apprentissage.

 

Nous voulons sortir de la « culture de l’échec » pour développer une « école de la réussite ». Nous prendrons en exemple le modèle scandinave où tous les enseignants ont été formés à repérer les difficultés d’apprentissage et à y remédier en classe. Ils pourront faire appel à un professionnel de la remédiation ou au « pool » de remplaçants. Aujourd’hui, la remédiation est prise en main trop tard et les moyens manquent pour lutter contre le décrochage scolaire grandissant. C’est pourquoi nous renforcerons le personnel des centres psycho-médico-sociaux (PMS). 

La Fédération Wallonie-Bruxelles est doublement championne. Championne pour les redoublements et championne de l’enseignement inégalitaire. À 15 ans, plus de la moitié des élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont doublé au moins une fois. Cela fait vingt-cinq ans que ces constats sont connus et que le PS et les Engagés (ex-CdH), parfois avec Ecolo ou le MR, gèrent l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Vingt-cinq ans que cela ne s’ améliore pas.

 

Une des causes importantes d’inégalités, c’est l’obligation de choisir une orientation trop tôt. Actuellement, les élèves sont plutôt orientés en fonction de leurs résultats. Ceux qui sont en échec sont souvent envoyés vers les filières techniques et professionnelles, dites qualifiantes. Ce qui contribue à une sorte de hiérarchisation malsaine des filières. De plus en plus de voix s’élèvent pour changer cette image et « revaloriser le qualifiant ». La meilleure manière de le faire est, d’une part, de revaloriser les métiers auxquels il mène. Ce qui signifie de meilleures conditions salariales et de travail pour des métiers qui sont souvent parmi les plus utiles socialement. Et d’autre part, d’arrêter d’orienter en fonction des résultats, mais plutôt de permettre de vrais choix.

 

Pour être capable de faire un choix, un jeune doit pouvoir toucher à tout, découvrir des domaines d’intérêt qu’il ne rencontre pas forcément à la maison, avoir l’occasion de les expérimenter. Pour cela, il faut du temps et donc retarder ce choix.

 

Depuis le début des années 2000, nous proposons l’application du modèle scandinave. Ce système scolaire non seulement donne un enseignement de haute qualité, mais en plus est beaucoup plus égalitaire : les élèves issus de familles plus populaires y réussissent beaucoup mieux. Ce système repose sur un tronc commun plus long, de la première primaire jusqu’à la quatrième secondaire. Les élèves y reçoivent les mêmes cours, qui développent la tête (cours généraux), le corps (cours sportifs), le cœur (cours artistiques) et les mains (cours techniques). Les enfants qui ont des difficultés sont immédiatement aidés en classe.

 

Nous misons sur l’évaluation tout au long de l’année. Nous supprimerons le Certificat d’études de base (CEB, à 12 ans) et organiserons une évaluation commune à la fin du tronc commun. À 16 ans, les jeunes pourront alors faire leur choix en connaissance de cause.

 

Nous voulons préparer les jeunes à s'en sortir sur le marché du travail mais aussi à comprendre le monde pour pouvoir le rendre meilleur et devenir des citoyens actifs et critiques. Avec un enseignement à la fois général et polytechnique en tronc commun jusqu’à 16 ans nous augmenterons la qualité de l’enseignement pour tous les élèves et toutes les écoles. Nous permettrons à chaque élève de comprendre le monde du travail ainsi que l’importance des savoirs intellectuels et techniques. C’est la meilleure manière de revaloriser réellement l’enseignement qualifiant et de renforcer la fierté de ceux qui le fréquentent.

En 2022, il manquait au moins 3 500 places dans les écoles secondaires. Cela fait des années que la situation est connue. Les projets de construction d’écoles sont insuffisants pour répondre à la croissance de la population scolaire. Sans parler de l’état de délabrement qui touche de plus en plus d’écoles. Les partis traditionnels ont laissé les bâtiments scolaires à l’abandon pendant quarante ans. Entre la fin des années 1980 et 2020, les dotations publiques pour les infrastructures scolaires sont passées de 144 millions d’euros à 33 millions d’euros par an. Résultat : près de 500 écoles sont proches de l’insalubrité.

 

Le ministre chargé des bâtiments scolaires, Frédéric Daerden (PS), a bien annoncé un milliard d'investissements pour les rénover, mais il en faudrait huit ou neuf pour tout remettre en état. Puisqu’il n’a pas de moyens pour satisfaire tout le monde, le ministre lance des appels à projets qui mettent les écoles en concurrence entre elles. Ces projets seront financés à 65 % par le gouvernement. Les écoles qui pourront trouver les 35 % manquants pourront engager des travaux, pas les autres. Les inégalités entre écoles vont encore se creuser.

 

Nous voulons, au contraire, partir d’un plan identifiant précisément les besoins. Une étude a été réalisée à la demande du gouvernement en 2020-2021 et pourra servir de base pour démarrer. Un tel cadastre permettra de partir de données objectives globales.

 

En attendant la construction et la rénovation des écoles, nous voulons en finir avec les listes d’attente pour les inscriptions. Pour avoir une vue objective des besoins, et pour limiter l’arbitraire, nous centraliserons les inscriptions par zone géographique, pour tous les réseaux et niveaux d’enseignement. Les angoisses des élèves et de leurs parents doivent cesser. Chacun doit pouvoir trouver une place dans une école de qualité à proximité de son domicile. C’est pourquoi il faut éviter de concentrer dans certains établissements les élèves qui éprouvent davantage de difficultés. Plusieurs études montrent que les systèmes éducatifs sont plus performants lorsque les écoles accueillent des enfants de différents niveaux et de différentes origines sociales. C’est pourquoi nous sommes favorables au principe de la « place garantie ». Une école située à proximité du domicile sera proposée à chaque enfant en âge d’obligation scolaire dès la maternelle et jusqu’en secondaire. Sa place sera garantie dans cette école. Bien sûr, les parents pourront parfaitement décider de ne pas accepter cette place et de choisir une autre école.

 

Nous généraliserons l’enseignement bilingue à Bruxelles et rendrons l’apprentissage du néerlandais obligatoire dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est un choix politique pour l’unité de la Belgique et pour permettre à tout le monde de se comprendre dans notre pays. À l’heure actuelle, la maîtrise du français et du néerlandais est aussi un critère pour trouver un emploi. À Bruxelles, 80 % des offres d’emploi exigent la connaissance du néerlandais et du français, 40 % celle de l’anglais. Selon le dernier baromètre des langues, 90 % des Bruxellois sont favorables à un enseignement primaire bilingue, comme au Luxembourg ou en Finlande. C’est pourquoi nous formerons des enseignants bilingues et nous stimulerons l’échange entre les enseignants néerlandophones et francophones. Au-delà de la durée de la scolarité obligatoire, des normes de l’enseignement communes à tout le pays (conditions minimales de délivrance des diplômes scolaires, détermination des salaires et pensions des enseignants…) faciliteront grandement ces échanges.

 

Nous voulons harmoniser les congés scolaires à travers le pays. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a réformé les rythmes scolaires de l’enseignement obligatoire (maternelles, primaires et secondaires). Des périodes de 7 ou 8 semaines de cours alternent avec des périodes de 2 semaines de congé. C’est une bonne chose pour les enfants, mais le gouvernement a réalisé cette réforme sans concertation avec les autres communautés du pays ni avec l’enseignement supérieur. Ce qui est surréaliste. Petite comme un confetti, la Belgique se permet des vacances à deux vitesses. Et qui en paie les conséquences ? Les familles bilingues ou qui veulent le devenir, les mouvements de jeunes, l'unité du pays.

 

Nous apprendrons à tous les élèves à vivre la diversité en classe et dans la société. L’enseignement de l’histoire et de l’apport des migrations, des méfaits de l’esclavagisme, du sexisme, du colonialisme et du fascisme recevront plus de place dans le programme obligatoire. En ce qui concerne l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, nous reverrons, en concertation avec les parents et les professionnels, le guide qui sert actuellement de référence. 

 

Avec la participation des élèves qui se sont mobilisés et ont obtenu en 2021 la rédaction par la ministre d’un guide pour l'élaboration des ROI (règlements d'ordre intérieur), nous rendrons ces derniers non discriminants et non sexistes.

Alors que la profession est touchée par une pénurie importante et qu'un système d'évaluation existait déjà, les partis traditionnels ont imposé de nouvelles règles de sanction des enseignants. À l’opposé de cette approche punitive, le personnel de l’école a besoin de soutien et de confiance.

 

Nous voulons lutter contre l’abandon précoce des enseignants débutants. À côté de notre proposition de création d’un « pool » d’enseignants, nous tenons à aider les jeunes enseignants, notamment grâce à un accompagnement individuel en début de carrière par des enseignants expérimentés. Ceux-ci pourront ainsi souffler un peu en fin de carrière. Les enseignants garderont leur ancienneté, quel que soit leur réseau. Cela facilitera le début de carrière des enseignants ainsi que les remplacements.

 

De nombreuses personnes se découvrent tardivement une vocation pour l’enseignement. Nous voulons faciliter la possibilité de devenir enseignant, notamment en valorisant la totalité des années prestées dans une autre profession et en garantissant un accompagnement de qualité pour aider ces enseignants pour une carrière durable.

 

Pour faire face à tous les défis qu’on attend d’eux, nous augmenterons la formation des enseignants à cinq ans. Car c’est une des clés du succès du modèle scolaire scandinave. Nous revaloriserons aussi leurs salaires, contrairement à ce que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé. Même si les profs doivent dorénavant étudier un an de plus pour avoir leur diplôme, le ministre-président Jeholet (MR) estime que « c’est impossible de les augmenter ». Facile à dire, quand on gagne 12 000 euros par mois, alors qu’une jeune institutrice gagne un peu plus de 2 000 euros à temps plein et que les barèmes n’ont pas augmenté depuis 2010.

Dans notre pays, étudier devient de plus en plus un privilège réservé aux plus aisés. La situation financière de plus en plus précaire de nombreux étudiants constitue non seulement une barrière empêchant l’accès aux études, mais aussi à la réussite. Minerval, syllabus, logement, transports, alimentation… Les frais s’accumulent, jusqu’à atteindre entre 8 000 et 12 000 euros pour une année d’étude. 

Tous les partis ont signé au parlement une résolution comprenant 65 mesures contre la précarité étudiante, mais quelle est la réalité aujourd’hui? Plus d’un étudiant sur trois est obligé de travailler pour payer ses études. Le nombre de demandes de bourse ne cesse d’augmenter (+27 % en dix ans), tout comme le nombre d’étudiants au CPAS. Mais la ministre de l’enseignement supérieur Bertieaux (MR) prétend que la précarité étudiante est une invention. 

Nous voulons en finir avec un enseignement supérieur élitiste et sélectif. Tant que le coût des études ne diminuera pas, de nombreux jeunes resteront exclus de l'enseignement supérieur et nous ne l’acceptons pas. 

Les députées de la gauche authentique Amandine Pavet, Anouk Vandevoorde et Alice Bernard ont défendu dans une proposition de décret le passage du minerval de 835 à 175 euros, comme étape en vue d’atteindre la gratuité. La majorité PS-MR-Ecolo n’a pas suivi. 

 

Nous voulons également renforcer et automatiser l’octroi des bourses, selon la même procédure qu’en Flandre. C’est l’administration des bourses qui informera l’étudiant ou l’étudiante de ses droits. Une fois la première demande de bourse acceptée, elle sera automatiquement reconduite à l’initiative de l’administration, dont nous augmenterons les moyens humains et financiers.

 

Nous augmenterons les montants des allocations d’étude et nous relèverons les seuils d’octroi de bourse, afin de garantir que les bénéficiaires puissent financer tous leurs frais d’études sans risquer de vivre sous le seuil de pauvreté.

 

Le logement représente également un coût important. Les universités et hautes écoles n’offrent pas assez de possibilités de logement et, selon la FEF (Fédération des étudiants francophones), 80 % des « koteurs et koteuses » résident dans un logement privé dont le loyer est plus cher.

 

Nous voulons donc investir dans des logements étudiants publics à prix démocratique. Le plan de relance de la Wallonie a prévu la construction de 500 nouveaux kots, mais aucun mur n’est encore sorti de terre. La ministre de l’Enseignement supérieur jusqu’en juillet 2023, Valérie Glatigny (MR), conseillait aux étudiants de faire plutôt appel aux aides sociales pour payer leur logement.

 

Nous discuterons avec les autorités académiques pour qu’elles investissent dans la construction de nouveaux logements étudiants, au lieu de les confier à de grands groupes privés. De plus en plus de grands groupes immobiliers, par exemple le groupe Eckelmans avec Génération Campus, construisent des complexes de « kots de luxe ». Nous imposerons à chaque nouveau projet de ce type l’obligation d’avoir au minimum 10 % de « kots de base » : une chambre avec un lit, une armoire et un bureau, dans un couloir avec du sanitaire, des douches partagées et de quoi cuisiner.

 

Nous mettrons en place un contrat-type de bail étudiant. Nous encadrerons les loyers sur base d’une grille contraignante, selon des critères objectifs (surface, situation, état du « kot », etc.).

 

Nous augmenterons le taux d’encadrement et renforcerons l’aide à la réussite à travers des cours de méthodologie obligatoires et valorisés en termes de crédits en première année, avec l’organisation d’examens blancs facultatifs, des blocus assistés et l’obligation de mettre en ligne des questionnaires d’examens corrigés. Nous mettrons en place une structure d’aide personnalisée. Nous reverrons aussi la réforme du décret paysage initiée par l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) et approuvée par le PS et Ecolo, car l’obligation de réussir les 60 premiers crédits de la formation en deux ans maximum renforce la vision élitiste et sélective de l'enseignement au lieu de prévoir les moyens pour permettre au plus grand nombre de réussir. 30 000 étudiants ont signé la pétition de la FEF contre cette réforme.

 

Nous garantirons un accès pour tous à l’enseignement supérieur sans mécanisme de sélection (examens ou tests d’entrée). Faire porter la responsabilité du haut taux d’échec en première année sur les étudiants eux-mêmes et mieux les « orienter » ne résoudra pas le problème de fond : la principale cause de l’échec, c’est l’inégalité sociale.

 

La Belgique manque de médecins. Un généraliste sur deux a plus de 55 ans et partira bientôt à la retraite. Il faut des mois pour un rendez-vous chez un spécialiste. Mais la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) a pourtant instauré un concours d’entrée aux études de médecine et dentisterie, brisant le rêve de centaines de jeunes. Nous supprimerons ce concours et garantirons à chaque étudiant et étudiante un numéro Inami pour exercer la médecine. Nous organiserons une nouvelle évaluation de la planification du personnel de santé.

 

La mobilisation des étudiants, des médecins et des autorités académiques, que nous avons soutenue dès le début sur le terrain (dans les conseils communaux ainsi qu’avec des motions et une proposition de résolution au parlement), a arraché en 2023, contre la volonté des libéraux, la possibilité pour les universités de Mons et Namur d’organiser respectivement un master de médecine et un master de spécialisation en médecine générale.

 

Plusieurs formations exigent des étudiants qu'ils effectuent des stages, mais la majorité ne sont pas payés et les frais de déplacement et de matériel ne sont pas toujours remboursés. Les heures de travail normales sont dépassées dans de nombreux stages. Les stagiaires sont exploités comme main-d'œuvre gratuite et compensent souvent le manque de personnel. C’est le cas, par exemple, dans le secteur de la santé. Les stages en médecine posent un problème particulier, avec des semaines qui peuvent aller jusqu’à 72 heures.

 

Nous exigerons que les lieux de stages remboursent toutes les dépenses des stagiaires. Nous supprimerons la dérogation qui impose des horaires inhumains aux étudiants en médecine et limiterons leurs heures de stage à 38 heures par semaine.

Aujourd’hui, ce qui détermine de plus en plus les orientations de l’enseignement supérieur, ce sont les classements internationaux des universités ou les besoins des multinationales et non les besoins sociaux ou environnementaux. Toutes les recommandations (européennes, nationales), comme le « Décret paysage », encouragent les partenariats avec les entreprises privées afin de faire correspondre l’enseignement supérieur à leurs besoins. Le conseil d’orientation de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES) qui gère l’enseignement supérieur francophone est aujourd’hui dirigé par Thierry Castagne, de l’Union wallonne des entreprises (UWE). Tout un symbole.

 

Pourtant, notre société fait face à de nombreux défis sociaux et environnementaux. L’enseignement supérieur pourrait mettre ces défis au centre de l’attention et permettre à la fois de former des citoyens capables de prendre en main ces défis, et de contribuer prioritairement à la recherche dans ces matières.

 

Les étudiants doivent non seulement être préparés au marché du travail, mais aussi acquérir la capacité de réfléchir de manière critique sur notre société. L’enseignement est et reste un service public et les partenariats avec les entreprises privées doivent être strictement encadrés. Les acteurs issus d’entreprises privées n’ont pas leur place dans la direction de l’enseignement supérieur. Nous encourageons, au contraire, les chaires en partenariat avec les associations de la société civile et les organisations syndicales afin de sensibiliser les étudiants aux problématiques sociales et leur donner les outils permettant l’action citoyenne et le développement de l’esprit critique.

 

Nous voulons aussi trouver des solutions contre les agressions et le harcèlement sexuel sur les campus. Chaque victime est une victime de trop. Il faut plus que des réunions et des flyers, comme l’ont régulièrement dénoncé les députées PTB Amandine Pavet et Anouk Vandevoorde au parlement. Elles ont déposé une proposition de décret pour obtenir des dispositifs de signalement, d’écoute, de prise en charge, un renfort en personnel correctement formé. La majorité l’a rejetée en mai 2022.

 

Inspirés par le modèle espagnol, nous créons des « Punto Violeta », points sécurisés de prise en charge, d’information et de prévention où toutes et tous peuvent se rendre dans chaque quartier festif estudiantin.

Face aux abus au sein même des universités et hautes écoles, nous mettrons en place des procédures externes, avec un cadre légal clairement défini et un accompagnement professionnel. Nous mettrons en place sur chaque campus de l'enseignement supérieur un dispositif de prise en charge des violences sexuelles par des professionnels.

On l’a vu pendant la crise Covid, le coût de la fermeture des écoles en termes d'apprentissage, de santé mentale et de développement socio-émotionnel des enfants est exorbitant. La Banque mondiale a comparé l'impact de la fermeture des écoles sur l'éducation à « une bombe qui ne détruit qu'un seul capital, c’est-à-dire le capital humain ». Elle a montré que l'indicateur de la pauvreté des apprentissages – le pourcentage d'enfants de dix ans dans le monde qui ne peuvent pas lire et comprendre un texte simple – passerait probablement de 53 % avant la pandémie à 63 %. Ce qui va augmenter encore les inégalités.

 

Une école de meilleure qualité et accessible à tous a de grands besoins : personnel bien formé et en suffisance, bâtiments bien équipés, matériel pédagogique...

 

Une première façon de trouver de l’argent est de mieux répartir le budget actuel. La lutte contre le redoublement, possible via la mise en place du tronc commun, permettrait d’économiser, à terme, 400 millions d’euros par an. La mutualisation des infrastructures des différents réseaux d’enseignement (salles de sport, salles polyvalentes, transport scolaire, ateliers des filières techniques et professionnelles, cuisines collectives...) permettrait également de lutter contre la dispersion et le gaspillage de moyens. Cela pourrait aussi diminuer la concurrence entre écoles et permettre une politique d’inscriptions plus cohérente. À terme, nous défendons un réseau d’enseignement public unique pluraliste.

 

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, alors que le nombre d’étudiants augmente, la Fédération Wallonie-Bruxelles dépense, par étudiant, 13 % de moins que la moyenne des pays développés. Depuis l’instauration de l’enveloppe fermée par les partis traditionnels en 1996, le budget pour les hautes écoles a connu une diminution de 15 %, et même de 20 % pour les universités. Résultat : un encadrement des étudiants insuffisant, des locaux débordés et pour certains délabrés, un taux d’échec qui atteint aujourd’hui 65 % en première année d’université, une concurrence entre universités et hautes écoles qui cherchent chacune à attirer le plus d’étudiants possible. Certes, le gouvernement a mis sur la table 80 millions, mais les universités, qui représentent la moitié des étudiants, réclament à elles seules 150 millions depuis le début de la législature. Nous voulons rompre avec ce mécanisme de l’enveloppe fermée, qui implique que le montant total du financement des institutions éducatives est fixé à l'avance. Nous pensons qu’il est grand temps de faire correspondre le financement de l’enseignement supérieur à ses besoins. Nous lierons le budget de l’enseignement supérieur à la hausse du nombre d’étudiants et à l’évolution du PIB. Pour commencer, nous comblerons les désinvestissements de ces 30 dernières années en injectant 300 millions d’euros.

 

Comme notre programme est ambitieux, il faudra aller chercher plus de moyens que ceux qui sont disponibles actuellement. C’est pourquoi nous reverrons la loi spéciale fédérale de financement de 1989 pour tenir compte des besoins réels de l’enseignement. Cette loi, votée et acceptée par tous les partis traditionnels, enferme les communautés dans une enveloppe fermée et impose l’austérité. Pour briser ce cercle vicieux, nous consacrerons une partie des revenus de la taxe des millionnaires à l’augmentation du budget de l’enseignement au niveau national d’au moins un milliard d’euros. 

Le PTB veut un enseignement de haute qualité, tourné vers la réussite pour tous, abordable et accessible à tous. Chaque centime investi dans l'enseignement sera doublement rentabilisé. Nous voulons utiliser une partie des 8 milliards d'euros de recettes annuelles perçues grâce à notre taxe des millionnaires pour financer structurellement notre enseignement. Nous investissons à la fois dans le personnel et dans les bâtiments.

Selon nous, l'opposition que font les partis de droite entre l'excellence et l'égalité des chances est fausse. Avec des classes plus petites et un cadre plus différencié, nous pouvons garantir un enseignement d’excellente qualité à chaque enfant. Nous proposons de limiter à 15 le nombre d’élèves par classe jusqu'en deuxième année, et à 20 pour les années supérieures. Pour améliorer l’accessibilité et la qualité de l'enseignement pour tous, nous retardons le moment où les élèves doivent choisir leur orientation. Ce choix précoce est, dans la pratique, trop souvent un tri basé sur l'origine sociale. Cela nous permettra de mettre fin à « l'effet cascade ».

Mais pour y parvenir, nous devons d'abord et avant tout nous attaquer à la pénurie d'enseignants. Il est essentiel de réduire leur charge de travail. Un tiers des enseignants débutants démissionnent au bout de cinq ans. Plus de 7 enseignants sur 10 sont souffrent de leur charge de travail et un tiers d'entre eux risquent le burn-out. Nous voulons y remédier avec notre « fusée à trois étages » :

  • Nous offrons aux enseignants débutants une année de formation au cours de laquelle ils bénéficient d'un accompagnement supplémentaire et de plus de temps pour se préparer, et ils perçoivent le même salaire que les enseignants exerçant.

  • Nous augmentons l'ancienneté pour les enseignants de deuxième carrière et les salaires des bacheliers. Nous allégeons la charge du planning des enseignants, afin de leur dégager plus de temps pour donner cours.

  • Nous offrons aux enseignants plus âgés des perspectives de carrière avec un départ à la pension à 65 ans, des aménagements de fin de carrière et des rôles de mentorat où ils encadrent les nouveaux enseignants.