Titres-services : il est temps de siffler la fin de la récréation

Les déléguées syndicales aides-ménagères se rassemblent cette semaine pour exiger le respect des gros employeurs du secteur qui ne paient pas les primes convenues et qui mettent en danger la santé des travailleuses du secteur. « La situation des aides-ménagères devient intenable. Dans un secteur subsidié à 70 %, le pouvoir public a les leviers pour mettre la pression sur les acteurs privés qui ne respectent ni les portefeuilles et ni la santé des travailleuses du secteur. Il doit agir », déclare Nadia Moscufo, députée-ouvrière du PTB.

Mercredi 7 février 2024

Une main dans un gant de nettoyage serre le poing en l'air.

Les conditions de travail des aides-ménagères sont de plus en plus attaquées par Federgon, la fédération des gros employeurs commerciaux du secteur. Premièrement, deux rapports de l'inspection du bien-être pointent les nombreuses infractions à la réglementation dans le secteur. Federgon refuse pourtant de reconnaître ces rapports et de mettre des mesures en place pour la santé des aides-ménagères.

Deuxièmement, aucun accord sectoriel n'a été conclu dans le secteur car Federgon a empêché tout dialogue. C'est un des seuls secteurs, voir le seul, qui n'a pas conclu d'accord pour améliorer les conditions de travail.

Troisièmement, le 26 décembre dernier, Federgon et la DCO Vlaanderen ont décidé de supprimer prochainement la prime de fin d'année ainsi que le supplément chômage.

Ces attaques contre les travailleuses sont inacceptables. D'autant plus que c'est un secteur subsidié à 70 % par l'argent public, soit près de 2 milliards par an avec notre argent. Et ce sont des millions de bénéfices qui sont ensuite reversés aux actionnaires des grosses boîtes de titres-services. « Il est inadmissible que les grosses entreprises commerciales puissent faire leur loi dans le secteur au détriment de la santé et des conditions de travail des aides-ménagères », explique Nadia Moscufo. Et de conclure : « Il est temps que les ministres de l'Emploi sifflent la fin de la récréation. L'argent public doit aller aux aides-ménagères, pas aux actionnaires privés. Les ministres doivent prendre leurs responsabilités et sanctionner les entreprises qui ne respectent pas la législation ni la concertation sociale. Il est aussi temps d'avoir les mêmes règles claires partout dans le secteur et donc de refédéraliser celui-ci. »