Tarifs du TEC : jusqu'à 15 fois plus cher pour certains abonnés ! Le PTB dénonce une nouvelle attaque contre le pouvoir d'achat
Sous la pression du gouvernement wallon MR-Engagés, une augmentation importante de plusieurs abonnements du TEC est attendue dès le 1er février 2027. Selon les chiffres communiqués dans la grille tarifaire du TEC, les jeunes de 18 à 24 ans qui bénéficiaient de l'abonnement à 12 euros devront désormais débourser 180 euros par an, soit quinze fois plus. Les pensionnés et les publics précarisés sont également concernés. Pour Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon, cette réforme fait peser une charge supplémentaire sur les voyageurs, alors que les transports publics devraient pourtant devenir plus accessibles.
Jeunes, travailleurs, pensionnés paieront la douloureuse
« Pour un jeune qui doit prendre le bus pour aller à l'école, à l'université ou au travail, passer de 12 à 180 euros, ce n'est pas une petite adaptation tarifaire. C'est 168 euros de plus à trouver chaque année. Et pour un pensionné qui bénéficie aujourd'hui de la quasi-gratuité, c'est une multiplication du prix par dix. On parle de personnes pour lesquelles chaque euro compte », souligne Germain Mugemangango.
Une contradiction avec l'objectif d'attirer davantage de voyageurs
Cette réforme découle du nouveau Contrat de Service Public conclu entre la Région wallonne et le TEC. Le gouvernement MR-Les Engagés a fixé un objectif d'augmentation du taux de couverture des charges par les recettes propres, qui doit passer de 10 à 14 % dès 2027.
« Cela représente un montant de quelques 41 millions d’euros à aller chercher dans la poche des travailleurs et travailleuses de notre région, » poursuit le député wallon. « Le Ministre de la mobilité François Desquennes n’a jamais voulu le reconnaître, mais c’est bien sa décision concernant l’augmentation des recettes qui provoque mécaniquement l’augmentation des tarifs à payer par les usagers.»
Carburants hors de prix, urgence climatique : comment une telle décision est-elle possible ?
Cette annonce intervient alors que les prix des carburants atteignent des niveaux particulièrement élevés en Belgique : le diesel dépasse les 2,40 euros le litre et l'essence 95 franchit les 2 euros.
L'été 2026 a également rappelé l'ampleur des défis climatiques auxquels la Belgique est confrontée. Trois vagues de chaleur ont été enregistrées, avec 3.000 décès supplémentaires à la clé, et plus de 3.300 hectares ont brûlé dans les Hautes-Fagnes.
Dans ce contexte, le développement d'une alternative crédible à la voiture individuelle constitue un enjeu majeur.
« Avec des carburants aussi chers et des épisodes climatiques extrêmes qui se multiplient, nous avons besoin de transports publics qui donnent réellement envie de laisser la voiture au garage, » poursuit le député PTB. « Cela suppose des bus plus fréquents, des lignes bien desservies et des tarifs accessibles. Augmenter fortement le prix de certains abonnements pose donc un véritable problème de cohérence avec les ambitions climatiques et de mobilité affichées par le gouvernement. »
Pour le PTB, il faut un plan de relance et d'expansion des transports publics
Au 31 décembre 2025, le TEC comptait quelque 546.000 abonnés, toutes catégories confondues. Pour maintenir l’attractivité et l’accessibilité des transports publics, Le PTB demande que le gouvernement s’oppose à cette augmentation tarifaire.
Pour Germain Mugemangango, une autre orientation est nécessaire pour les transports publics : « Il nous faut un plan de relance pour améliorer la qualité du service, un plan d'expansion pour développer les lignes et les fréquences. Nous voulons des transports publics dans lesquels on investit, avec de bonnes conditions de travail pour les chauffeurs, des bus qui passent à l'heure et un réseau qui permet réellement aux Wallons de se déplacer sans dépendre systématiquement de leur voiture. La mobilité est un droit essentiel. Le financement du TEC doit permettre de garantir ce droit et son accessibilité à tous, » conclut Germain Mugemangango.