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Ponts dégradés en Wallonie : le gouvernement wallon doit faire le nécessaire pour assurrer la sécurité des citoyens

Ce sont les journalistes de la RTBF qui ont finalement fait ce que le ministre wallon des Infrastructures François Desquesnes (Les Engagés) se refuse à faire depuis des mois : faire la transparence sur les ponts les plus dégradés en Wallonie.

Jeudi 9 juillet 2026

« Depuis l’été dernier, nous demandons une chose simple : la transparence. Quand des ponts présentent des défauts très importants touchant leur structure portante, les citoyens ont le droit de savoir où ils se trouvent, réagit Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon. Or, l'obsession du ministre semble être de cacher cette information. C'est incompréhensible. »

Le ministre a reconnu que plus de 1 000 ponts wallons présentaient des défauts touchant la structure portante. Parmi eux, une quarantaine se situent dans la catégorie la plus critique. Pourtant, lorsque le PTB a demandé la liste de ces ouvrages, le ministre a refusé de la publier, invoquant un risque de sabotage ou d’attentat.

« Maintenant que les journalistes ont fait une partie de son travail, le ministre est face à deux impératifs, poursuit le député de gauche. D'une part, faire la transparence totale sur l'ensemble des ponts de Wallonie et leur état. D'autre part, et surtout, mettre les moyens à disposition pour réparer ce qui doit l'être et assurer la sécurité des Wallonnes et des Wallons. »

En effet, d’après l’enquête de la RTBF, un ouvrage d'art comme le ring de Charleroi, emprunté chaque jour par près de 47 000 véhicules, devrait par exemple être lourdement rénové, voire reconstruit. Pourtant, aucun calendrier n’est fixé à ce jour.

Pour le PTB, cette situation est le résultat direct de longues années d’austérité et de sous-investissement dans les infrastructures publiques. « Pendant des années, on a reporté les investissements, retardé les chantiers et économisé sur l’entretien, analyse Germain Mugemangango. Aujourd’hui, la facture arrive : des ponts vieillissent, des travaux urgents traînent et ce sont les usagers qui en subissent les conséquences. L’austérité finit toujours par se payer, parfois au détriment de la sécurité des gens. »

Il ajoute : « Le gouvernement wallon prévoit certes 400 millions d'investissements, mais comme la réfection d'un pont peut coûter des dizaines de millions et que le retard accumulé est conséquent, je doute que cette somme suffise à assurer la sécurité de tout un chacun. »

Le PTB demande la publication d’une liste claire et actualisée des ponts classés A, B et C, avec leur localisation, leur état de service, les éventuelles limitations et le calendrier des travaux. « Les Wallonnes et les Wallons ont le droit de savoir. La sécurité ne se construit pas dans le secret. Le ministre doit arrêter de cacher la liste et dire quels ponts seront réparés, quand, et avec quels moyens », conclut Germain Mugemangango.