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MR-Engagés tombent les masques sur l’explosion du minerval et de la charge des profs : il y a de l’argent, c'est une question de choix

Ce lundi 11 mai, les ministres Degryse (Engagés) et Glatigny (MR) vont essayer de faire voter une première fois le décret programme qui contient l’augmentation du minerval à 1 200 euros et l’augmentation de la charge de travail de 10 % sans un euro de plus pour les enseignants. « Essayer » car le PTB ainsi que le reste de l'opposition, sous le regard des étudiants présents en nombre dans le parlement, sont prêts à faire reporter le vote. « Oui, de l’argent il y en a, tout est une question de choix », rappelle Amandine Pavet, cheffe de groupe PTB au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Lundi 11 mai 2026

Depuis des mois, les étudiants et les profs manifestent contre les coupes budgétaires anti-sociales et anti-démocratiques du gouvernement MR-Engagés. Cet après-midi, les étudiants se sont relayés dans le parlement pour maintenir la pression et l’opposition met tout en place pour faire barrage et reporter le vote.

Mais MR-Engagés, qui se cachaient derrière le manque de leviers fiscaux à ce niveau de pouvoir, viennent de tomber les masques en pointant les problèmes financiers « encore plus difficiles » du Fédéral. Amandine Pavet rappelle : « Ces partis qui nous disent qu’il n’y a pas d’argent au Fédéral pour refinancer l’éducation refusent de faire payer les ultra-riches et dépensent des milliards dans l’armement. Oui de l’argent il y en a. Tout est une question de choix. »

Pour le PTB, les nouvelles déclarations de MR-Engagés ont de quoi surprendre. « Lors des premiers débats budgétaires, la majorité tentait de tourner en dérision le PTB qui dénonçait le deux poids deux mesures entre les investissements massifs dans l’armement et les coupes budgétaires notamment dans l’éducation, déclare Amandine Pavet. Aujourd’hui, ce sont les députés de la majorité et la ministre-présidente Elisabeth Degryse elle-même qui justifient les réformes d’austérité comme une conséquence des choix de ces mêmes partis au niveau fédéral.

La ministre Degryse a confirmé ces propos : « Une réforme de la loi de financement serait-elle souhaitable ? Ce n’est pas si évident dès lors que les autres niveaux de pouvoir dont le fédéral ont des problèmes de déficit souvent bien pire que ceux de la Fédération Wallonie-Bruxelles. » Tandis que le député Loris Resinelli (Engagés) a appuyé ceux-ci : « Rouvrir un débat sur la loi spéciale de financement ? Nous estimons que la Fédération Wallonie-Bruxelles risquerait de se retrouver encore moins bien dotée vu l’état des finances du fédéral. L’argent ne tombe pas du ciel. »

Pour Amandine Pavet, cela prouve ce que le PTB dénonce depuis le début de la législature : « L’argent ne tombe pas du ciel sauf quand il s’agit de protéger les ultra-riches ou de trouver 34 milliards d’euros pour l’armement. On apprenait ce week-end que le ministre Franken veut acquérir des missiles américains pour armer les F-35 pour un montant de 3 milliards d’euros. C’est six fois le montant des coupes budgétaires imposées à la Fédération Wallonie-Bruxelles jusque 2029. »

Octave Daube, député et président de Comac, le mouvement étudiant du PTB, a démonté l’argument de la majorité MR-Engagés présentant l’augmentation du minerval comme une mesure sociale sous prétexte du maintien de certaines bourses : « Arrêtez de faire croire que ce sont les grandes fortunes qui vont payer 1 200 euros de minerval. C’est 60 % des étudiants qui seront concernés. Nous avons fait des centaines de calculs, même avec les professions les plus faiblement rémunérées, dès qu’un étudiant a ses deux parents qui travaillent, ce sera 1 200 euros. Un couple de caissière/caissier, de profs, ce sont eux que vous appelez les plus larges épaules ? »

Bruno Bauwens, député PTB et ancien enseignant, est quant à lui revenu sur les conséquences désastreuses pour l’enseignement  : « Travailler 10 % de plus sans un euro de plus va entraîner des conséquences en cascade qui vont retomber sur les profs, les élèves et même les parents avec 1 300 emplois perdus, une perte salariale allant jusque 400 euros par mois, une aggravation de la pénurie liée à la pénibilité et, au bout du compte, un renforcement des inégalités. »

« Le gouvernement MR-Engagés ne cesse de dire que ces coupes budgétaires ont pour objectif de sauver les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles, explique Amandine Pavet, mais l’expérience de l’austérité en 2008 dans plusieurs pays d’Europe démontre tout l’inverse. Les coupes vont provoquer des milliers de pertes d’emploi, un appauvrissement de l’éducation, de la culture, des places en crèches... Tout cela va en réalité diminuer les recettes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous n’avons pas eu ne serait-ce que le début d’une contre-argumentation de votre part sur la question. »

Et la cheffe de groupe de conclure : « Avec le reste de l’opposition, nous tentons de bloquer le vote sur le décret programme. Quoi qu’il arrive le vote final n’aura lieu que le 27 mai. Alors, à la veille d’une manifestation nationale, continuons la lutte pour nos droits et un enseignement démocratique et de qualité pour tous aux côtés des étudiants, des profs, des travailleurs et des travailleuses mobilisés. C’est comme ça que l’éducation est devenue un droit pour tous, c’est comme ça qu’il le restera. »