Lutte dans l’enseignement : l’opposition contre-attaque le 22 juin au parlement
Ce lundi 22 juin, l’opposition PTB-PS-Ecolo va obliger les députés MR-Engagés à revoter une première fois sur deux mesures adoptées de manière anti-démocratique il y a deux semaines. Deux décrets de l’opposition seront discutés et votés en commission Degryse et Glatigny afin de supprimer l’augmentation du minerval à 1 200 euros et la surcharge des enseignants. Une mobilisation des profs et élèves est de nouveau annoncée devant le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
« Ce que le MR et Les Engagés ont fait dans la nuit du 4 au 5 juin est grave, dénonce Amandine Pavet, cheffe de groupe PTB au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils ont voulu faire taire la contestation en forçant le passage de ces mesures, contre les enseignants, contre les étudiants, contre les parents, et même contre les règles démocratiques du Parlement. C’est raté. Les profs, les élèves et l’opposition restent plus mobilisés et déterminés que jamais pour faire tomber ces réformes violentes. »
Ce passage en force est doublement inacceptable. Sur le fond, parce qu’il impose deux mesures antisociales : une surcharge pour les enseignants sans compensation salariale, la perte de 1 300 emplois au moins, et une hausse du minerval jusqu’à 1 200 euros, qui exclura énormément d’étudiants. Sur la forme, parce que ce vote a été arraché dans des conditions antidémocratiques et irrégulières.
Mais le PTB ne laissera pas passer. Amandine Pavet poursuit : « À propos du passage en force, le président des Engagés Yvan Verougstraete a expliqué dans la presse que la pression était devenue trop forte pour leurs élus et qu’ils voulaient donc rapidement refermer le dossier. C’est raté. Parce que la lutte continue dans les écoles, nous continuons le débat au Parlement pour démonter chaque mensonge de ce gouvernement et forcer chaque député de la majorité à revoter en âme et conscience devant les enseignants, les étudiants et les parents. »
L’histoire montre que c’est possible.
En 2017, le gouvernement flamand a voulu faire la même chose que le gouvernement MR-Engagés aujourd'hui : faire travailler 2 heures de plus les enseignants du degré supérieur. La réaction des syndicats a été si vive que le gouvernement a non seulement dû reculer, mais il a aussi dû commander une enquête sur la charge réelle du temps de travail, qui a prouvé que les enseignants travaillent déjà plus de 41 heures en moyenne par semaine. 2 heures face classe représente en réalité 4 heures de plus de surcharge par semaine. Cette réforme a donc été enterrée en Flandre. Le PTB demande à la ministre Glatigny de suivre le même chemin.
En 1994, le ministre Lebrun PSC (ancêtre des Engagés) voulait déjà faire de lourdes « économies » sur le dos des étudiants. La mobilisation a été si massive que le ministre a dû reculer sur son décret voté deux semaines plus tôt.
« On nous dit que tout serait déjà joué : c’est faux, insiste Amandine Pavet. L’histoire de l’enseignement montre que lorsque la mobilisation tient bon, un gouvernement peut être forcé de reculer. C’est pour cela que nous soutenons la pression dans les écoles, dans les auditoires, dans la rue en la relayant au Parlement ces 22 juin et en principe le 8 juillet pour le vote en plénière. »
Elle conclut : « Les profs, les jeunes, les parents n’ont pas besoin d’une école encore plus chère, avec des classes encore plus grandes, de 2 000 profs en moins, ni au final d’encore plus d’inégalités, mais bien d’un refinancement via le fédéral à la hauteur des besoins. C’est possible et nécessaire quand on voit les milliards qui s’envolent dans l’armement. Avec le PTB nous ne lâcherons rien : ni dans la rue, ni au Parlement. »