« Le seul projet du MR et des Engagés en Wallonie, c’est de vider les poches des citoyens »
Le ministre-président Adrien Dolimont (MR) annonce un nouveau tour de visse dans sa politique d’austérité en Wallonie. Une annonce qui fait vivement réagir le PTB.
« Depuis le début de cette législature, les mesures prises par le gouvernement wallon MR-Engagés frappent déjà durement les citoyens, dénonce Germain Mugemangango, chef de groupe PTB au Parlement wallon. Les communes sont étranglées par le plan Oxygène et les politiques d’austérité imposées par ce gouvernement. Résultat : de nouvelles taxes pour les citoyens, des frais administratifs en hausse, des services qui deviennent payants… ou qui disparaissent. À chaque fois, c’est le citoyen qui paie. Et ça, c’est inacceptable. »
Pour l’élu de gauche, ces choix sont non seulement injustes, mais aussi inefficaces. « Le gouvernement MR-Engagés prétend agir en “bon gestionnaire”, mais il fait exactement l’inverse. Il prend des mesures anti-économiques qui réduisent les recettes futures de la Région. En affaiblissant les finances des communes, il casse leur capacité d’investissement, alors que l’investissement public est essentiel à l’économie. Même logique dans le logement : moins de moyens pour le logement public, des primes à la rénovation affaiblies… Résultat : tout un secteur s’essouffle, les recettes fiscales diminuent et les emplois disparaissent. Cette austérité à court terme prépare un affaiblissement durable. Continuer dans cette voie est irresponsable. »
Germain Mugemangango dénonce aussi un double discours au sommet de la Région. « Monsieur Dolimont parle d’examiner chaque dépense “sans tabou”. C’est faux. Va-t-il réduire les salaires des ministres et des députés ? Supprimer certains privilèges, comme les 12 000 euros par an pour l’entretien de ses costumes ? Mettre enfin de l’ordre dans les centaines de millions d’euros engloutis dans la consultance ? La presse évoque jusqu’à 400 millions pour ce type de dépenses, et le ministre-président refuse toujours de faire la transparence à ce sujet. Va-t-il remettre en question les subsides versés à des multinationales qui licencient ? C’était une promesse, elle est restée lettre morte. La vérité, c’est qu’il y a des tabous… sauf quand il s’agit de faire payer les citoyens. »
Pour le député PTB, une autre voie est possible. « Le problème de la Wallonie, ce ne sont pas seulement ses dépenses : ce sont aussi ses recettes. Il faut investir pour relancer l’économie, créer des emplois et répondre aux besoins de la population. C’est comme ça qu’on renforce durablement les finances publiques. Il faut aussi poser la question du refinancement des entités fédérées. Et quand on voit que le MR et les Engagés refusent, au niveau fédéral, toute taxation du patrimoine et trouvent des milliards pour faire la guerre, qu’on ne vienne pas nous dire que l’austérité est inévitable. Il y a un choix politique qui est fait. Où est-ce qu'on met l'argent ? Dans les missiles ou dans le logement ? Dans des avions de chasse ou dans des crèches ? Le gouvernement wallon fait le choix politique de l’austérité. Et nous le combattrons. »