Le PTB réagit à la nouvelle note de politique générale de Jan Jambon sur les pensions
Ce mardi 3 février, Kim De Witte, spécialiste des pensions du PTB, réagit à la nouvelle note de politique générale sur les pensions du ministre Jan Jambon au sein de la commission Affaires Sociales. Suite aux vives critiques formulées par le PTB lors de débats précédents, l'introduction du document contient une série d’ajustements. Cependant, la note de politique générale comprend également des propos unilatéraux, des demi-vérités et des mensonges purs et simples.
« Jan Jambon prétend qu'il n'y a pas d'argent pour payer nos pensions, alors que la plupart des pays d'Europe occidentale dépensent beaucoup plus que nous dans ce domaine, explique Kim De Witte. Le gouvernement prévoit de consacrer 2,2 % supplémentaires du PIB aux dépenses militaires au cours des dix prochaines années. Sans toutes les mesures adoptées par ce gouvernement, les pensions coûteraient 1,9 % de plus du PIB au cours des 25 prochaines années. Comment les pensions pourraient-elles donc être impayables ? »
L'argument du vieillissement de la population est lui aussi mal présenté. Jan Jambon répète que nous passons de quatre à trois, et plus tard, à deux travailleurs par pensionné. « Ce chiffre ne veut pas dire grand-chose, selon Kim De Witte. Les experts belges et européens indiquent qu'il ne s'agit pas d'un critère pertinent pour mesurer la viabilité financière d'un système de pensions. Il faut prendre en compte le nombre de personnes actives par rapport à l'ensemble des personnes non actives dans la société. Il se trouve que ce ratio ne change pratiquement pas. »
M. Jambon affirme vouloir rétablir la confiance dans le système des pensions. « Pourtant, il suscite surtout de la méfiance en supprimant des droits qui ont été constitués et déjà acquis, ajoute Kim De Witte. Ce faisant, la soi-disant “équité” est loin d'être respectée. Le malus pension impacte bien plus durement les femmes et les personnes qui ont commencé à travailler tôt dans un métier pénible. Il n’y a rien de juste là-dedans. »
La réforme des pensions reste l'une des principales revendications du mouvement de protestation, qui reprend cette semaine avec les journées d'action provinciales des 5, 10 et 12 février et se poursuit avec une nouvelle journée d'action nationale le 12 mars.
« Les pensions coûtent de l'argent et le vieillissement de la population représente un défi majeur. Personne ne le conteste, conclut Kim De Witte. Mais au lieu de mettre l’accent sur un travail faisable, de meilleurs aménagements de fin de carrière ou la santé des travailleurs, cette réforme se contente de réduire les pensions et de faire travailler les gens plus longtemps. Ce n'est pas un plan de sauvetage. C’est de la casse sociale. »
Infos pratiques : débat en commission Affaires Sociales à partir de 14 h