Le PTB propose de former une majorité alternative dans le dossier avortement

Les centres d'avortement plaident pour la prolongation du délai d'avortement. C'est également ce que le comité d'experts et le PTB demandent depuis des années. Un texte est prêt au Parlement, mais rien ne bouge. Sofie Merckx, médecin généraliste et cheffe du groupe PTB à la Chambre, propose une majorité alternative.

Jeudi 25 janvier 2024

Sofie Merckx ne mâche pas ses mots : « Il est temps d'agir et d'apporter des changements concrets au lieu de faire de la politique d'annonce. Nous proposons de constituer une majorité alternative. La Vivaldi pourra ainsi prouver qu'elle ne se contente pas de monnayer les droits des femmes pour gagner des points aux élections. »

« D’abord, le gouvernement Vivaldi voulait attendre le rapport des experts. En Belgique et par-delà les frontières, ces experts ont unanimement plaidé en faveur de l'allongement du délai d'avortement et de la suppression du délai de réflexion », explique Sofie Merckx. « Malgré tout, le CD&V a continué à faire obstruction. Nous avons alors proposé de constituer une majorité alternative afin de voter le texte. Mais Ecolo, Groen, l’Open VLD, le MR, le PS et Vooruit ont refusé. »

La cheffe de groupe ajoute : « À cinq mois des élections, les choses doivent aller vite. La majorité au sein de la Vivaldi souhaite que la proposition de loi (cosignée par différents partis, dont le PTB) soit soumise au vote. Mais il n'est pas certain que cela se produise réellement puisque, à chaque fois, le CD&V s’y oppose et tout tombe à l’eau. Si les partis de la Vivaldi sont sincères, il mettront le texte à l’ordre du jour de la prochaine commission Justice traitant les proposition de loi. »

« Nous sommes disposés à constituer une majorité alternative, poursuit Sofie Merckx. Mais nous nous demandons si leurs déclarations se limitent à de la simple propagande électorale, ou si un vote aura finalement lieu. Eliane Tillieux du PS, qui a déposé la proposition de loi, nous a déjà fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de la remettre à l'ordre du jour. Nous allons donc remettre notre propre proposition à l'ordre du jour de la commission Justice, de manière à ce qu'il y ait encore un vote. »

« L'avortement est un droit. Chaque femme a le droit de choisir pour son corps. Le délai d’avortement aurait déjà pu être prolongé il y a quatre ans. Durant chacune de ces quatre années, 300 à 800 femmes belges ont dû se rendre aux Pays-Bas parce que la législation belge est en retard en matière d'avortement. J'espère que le gouvernement Vivaldi tiendra bien sa parole cette fois », conclut Sofie Merckx.